Non au nouveau contrôle technique, à l'injustice et à la consommation forcée!

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Non au nouveau contrôle technique,

à l’injustice

et à la consommation forcée !

 

 

 

 

 


   Le 20 mai 2018, un remaniement du Contrôle technique automobile dont les conséquences sont particulièrement draconiennes, a été mis en application.

 


   Ce remaniement inclut d’une part :

   - une augmentation du nombre d’éléments, composants et fonctions qui sont contrôlés sur une voiture ;

   - une augmentation de la liste de défaillances inventoriées, passant de 410 à 610 défauts ;

   - surtout, un nouveau barème beaucoup plus sévère qu’avant, puisqu’il instaure trois niveaux de défaillance, en les répartissant comme suit : sur les 610 défauts, 140 seulement sont dits « mineurs » et n’entraînent pas contre-visite. Tous les autres : les défauts « majeurs » (341) et les défauts « critiques » (129) - donc 77% du tout - entraînent l’obligation d’une contre-visite ;

   - les défauts dits « critiques » se soldent par l’interdiction d’utiliser la voiture à partir de minuit le même jour ;

   - le prix du contrôle augmente (les médias parlent de 20%), ce qui est logique vu l’énorme supplément de travail qui attend les contrôleurs. Egalement le prix de la contre-visite.

 


   Tout ceci, impose quelques commentaires flagrants.

   Le contrôle technique devient - le mot n’est nullement excessif - un véritable jeu de massacre ! En cumulant les paramètres énumérés ci-dessus (surtout les trois premiers ; le prix de la visite ce n’est rien à côté !) l’on peut sans risque d’erreur annoncer qu’à partir du 20 mai, le coût imposé par la possession d’une voiture, et sa part dans le budget des foyers, s'élèvent considérablement.

   Concernant le fait de clouer au sol le jour même (!!) un véhicule dès la première défaillance dite critique, je cite un avocat en droit automobile qui s’est exprimé sur LCI : « Obtenir un RV chez un réparateur dans la journée pour une intervention autre qu’un changement de pneumatiques ou d’échappement, relève de l’utopie. »

   Mais le pire c’est que cette clause ne donne même pas le temps de se retourner pour faire face aux frais ! L’ancienne contre-visite donnait deux mois pour prévoir, sur votre agenda et surtout sur votre compte en banque, travaux et dépenses. C’est terminé. Déboursez tout de suite et ce, que vous ayez les moyens ou pas ! C’EST UN VERITABLE SCANDALE.

 


   Nombre d’anecdotes ont déjà lieu, montrant ce qui nous attend. Une personne de mon entourage a son témoin de freinage ABS allumé. Une autre, son témoin d’airbags. Le 20 mai ça n’est plus accepté. Si c’est juste un capteur, ils peuvent s’en sortir pour quelques dizaines d’euros. Les boîtiers électroniques eux, en coûteront des centaines, mille ou beaucoup plus ! Dans de tels cas comme l’explique un garagiste de La Rochelle sur France Bleu, « on est tout de suite sur des montants astronomiques. Et les gens vont dire : bon, je me débarrasse de la voiture. » Et pendant ce temps si ça se trouve, l’ABS ou les airbags marchent !!! Le témoin peut s’allumer pour une autre raison. Faisant mon enquête, j’ai téléphoné à plusieurs centres de C. T. : il ne faut pas que le voyant soit allumé.

   Mais où va-t-on ???

 


   « Je me débarrasse de la voiture… » Le nœud de toute l’affaire ! Car, quels autres motifs qu’une consommation effrénée de voitures invoque-t-on pour justifier le nouveau contrôle ? Le renforcement de la sécurité routière ! Bien entendu… On veut nous faire avaler que lorsque toutes les voitures seront en parfait état, il n’y aura plus d’accidents ! Eh bien j’aimerais voir une statistique de la cause des accidents routiers en France, montrant la part des causes mécaniques. Pas de toutes, d’ailleurs : juste des causes préexistantes, que le contrôle aurait déjà permis de signaler.

   Les motards ont déjà manifesté : « 99% des accidents de motos ne sont pas dus à des causes mécaniques » lisais-je sur des banderoles blanches, lors d’un rassemblement cet hiver. Suivons l’exemple !

   En outre, rapporté à l’augmentation des frais que cela signifie pour nous, était-ce une priorité parmi les moyens d’accroître la sécurité ? Le C.T. classique garantit déjà un honnête niveau de fiabilité des voitures en circulation. Personne n’ignore que les accidents sont bien plus le fait - aucune commune mesure ! - de conducteurs imprudents, sans scrupule ou ne respectant pas le code, ou encore maladroits ou inexpérimentés, que de l’état des voitures. A commencer par les deux que j’ai vus se heurter de plein fouet ce matin à Biarritz : normal, l’un dévalait la rue à tombeau ouvert. Les deux 4 x 4 étaient clinquants et, j’en suis persuadé, parfaitement à jour de leur contrôle…

 


   La VERITE, la voici : le nouveau C.T. s’inscrit dans la logique d’une consommation accélérée, impitoyable, sauvage et en l’occurrence, l’Etat soutient la construction automobile et veut contraindre le consommateur à l’abandon de plus en plus précoce de sa voiture. Ne cherchez pas plus loin ! Au temps où l’on voyait de vieilles guimbardes aux peintures défraîchies, aux moteurs fatigués sillonner le macadam, a succédé celui où les autos brillent, les vieux modèles sont rares, visiblement, on en change à présent plus vite que de télé et de garde-robe... sauf que le prix est autrement formidable. Voilà le nouveau coup d’accélérateur que vient d’inventer notre gouvernement pour forcer la modernisation du parc automobile, à nos dépens seuls : la pression des frais, jointe à la peur (on voit déjà tellement de gens observer avec angoisse, de la salle d’attente vitrée, leur voiture aux mains du contrôleur !) oeuvrent finalement en faveur d’un dessaisissement rapide de véhicule… pour en acheter un autre et c’est là tout le but du jeu.

 


   Cette façon grossière de contraindre les gens, autant que l’état d’esprit fébrile du citoyen qui ne trouve d’autre solution au gouffre financier que de consommer/jeter encore plus vite qu’avant, sont indignes de la société française. Nous ne sommes pas des oies, et il ne nous appartient pas de payer parce que l’Etat veut nous conduire dans le mur tout en faisant croire à une belle croissance, et nous inflige sanctions et culpabilité pour ne pas voir qu’il est incapable de gérer les vrais responsables de l’insécurité sur la route. En plus, forcément, les petits budgets vont être les plus pénalisés. « En général, ce sont les gens avec peu de moyens qui ont les voitures les moins entretenues, dit un contrôleur interviewé ; ça va être compliqué pour eux. » Plus que compliqué ! Selon la plupart des sources, la fraude va augmenter, et même sans ça, que penser d’une société où l’on sanctionnera davantage les gens pauvres, que les gens qui conduisent mal ? Il eût bien mieux valu accroître la surveillance routière, investir dans tout ce qui renforce chez les particuliers une culture de la bonne conduite, dans un comportement de qualité sur la route.

 


   Reste un dernier volet. Le nouveau contrôle fait officiellement partie d’une démarche visant à uniformiser la conduite à l’échelle européenne. Un même C.T. pour tous les pays ? Alors là, attention ! Voici quelques années, je me trouvai à Strasbourg d’où je comptais débarquer chez mes amis allemands près de Karlsruhe. Je leur dis au téléphone que mon auto devait subir bientôt le C.T. et j’allais le faire faire chez eux. La réaction de mon ami fut très vive : « Bist du verrückt ?! (Mais tu es fou ?) Chez nous en Allemagne c’est dix fois plus sévère. Fais-le avant de passer la frontière ! »

   Croyez-vous que ce sont les Italiens, ou les Grecs qui ont « poussé » au durcissement du système ? Les Allemands eux, ont une croyance chevillée au corps que je connais bien : plus on met de lois et d’interdictions - destinées bien sûr, c’est marqué au bas de tous leurs règlements, « à garantir le bien-être de tous » - plus le bonheur est proche ! J’ai peur que le prestige de Madame Merkel ne renforce encore la nation d’outre-Rhin et son poids dans les décisions communautaires. Car voilà : nous devons savoir être Européens… et Français. Chaque pays a son esprit, son génie propre qui doit s’exprimer, et sous peine d’étouffement, il ne faut pas pratiquer l’uniformisation à outrance ! Si le génie allemand est dans la rigueur et la discipline, le français est latin et laisse plus de place à la liberté des individus. On n’a jamais été plus malheureux en France à cause de ça ! Et puis… les moyens aussi ne sont pas les mêmes ! Y songe-t-on ? Les voitures que possèdent les Allemands parlent d’elles-mêmes. Je vais être carré : avant d’uniformiser le C.T., il faut commencer par uniformiser… les salaires !!!

   Tant que nous gagnons moins que nos voisins, nous ne saurions supporter les mêmes charges.

 


   Au terme de cet exposé, je formule trois messages à l’adresse de notre gouvernement.

   1. Je lui reproche d’instaurer à travers le nouveau C.T. un système sévère, coercitif pour ne pas dire punitif, coûteux pour les individus et n’ayant d’autre justification qu’une croissance économique qui selon moi, ne correspond absolument pas aux vrais besoins ni au bonheur des gens.

   2. Je lui reproche, de manière plus grave, de causer par cette mesure une forte ségrégation qui handicape les personnes faibles matériellement, au lieu de soutenir le droit de tous à un bien de consommation aussi précieux que la voiture.

   3. Je le mets en garde, enfin, contre les dérives d’une « construction » européenne qui ne saurait obturer le droit à l’indépendance des pays, dans un respect de leur personnalité propre, et des moyens dont leurs citoyens disposent.

 


   Philippe Kringer.

 



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