Pétition fermée

Pas de partiels, des DM!

Cette pétition avait 1 804 signataires


APPEL DES ÉTUDIANTS, DES ENSEIGNANTS ET DU PERSONNEL ADMINISTRATIF DE LA FACULTÉ DES LETTRES DE SORBONNE UNIVERSITÉ

Nous, étudiants, enseignants et personnel administratif de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, demandons la substitution des partiels à venir par des devoir maison (DM) obligatoires ou facultatifs. Nous estimons que les modalités actuelles d'examen ne sont pas satisfaisantes et ne permettent pas aux étudiants de se préparer dans une ambiance sereine :

- Par une absence d'information de la part de l'administration. Les informations qui nous viennent à propos des conditions, des dates, des lieux d'examen nous arrivent au compte-goutte, souvent par bribes contradictoires. Ainsi donc, les étudiants sont maintenus dans le flou complet sur l'organisation des partiels notamment sur les contenus de ceux-ci, rendant difficile voire impossible toute tentative de révisions. Le dernier épisode de cette information incomplète s'est joué le jeudi 17 mai lors de l'annonce faite par M. le Doyen Alain Tallon de reporter l'intégralité des partiels censés se dérouler le mardi 22 mai à une date ultérieure non spécifiée, couplée à l'annonce similaire de délocaliser les partiels prévus à Clignancourt sur des sites tiers à des dates inconnues. Ce type de déclarations alimente l'inquiétude des étudiants à l'égard d'une direction détachée de la réalité du terrain. Nous sommes conscients du contexte particulier auquel est confronté notre université et nous comprenons la difficulté à trouver rapidement des solutions. Toutefois, l’université se doit de maintenir un contact minimum avec ses étudiants - et mieux les écouter.

- Par une incapacité à reconnaître l'influence des bloqueurs. La raison la plus évoquée pour justifier tout le flou alimentant les modalités de ces partiels est le risque de barrages de la part des bloqueurs sur les sites concernés les jours d'examen. C'est faire fi de la condition d'étudiant de ceux-ci : ils ont accès à ces informations en même temps que le reste des étudiants et, tel qu'ils l'ont montré le lundi 14 mai à l'ESPE de Batignolles, ont un fort pouvoir de mobilisation. Déplacer ou maintenir les partiels au lieu de les transformer en DMc'est retarder l'échéance inévitable de nouveaux blocages.

- Par un risque accru aux abords de ces sites d'examens. Alors que les blocages durent depuis plus d'un mois, les positions de chacun des deux camps impliqués (favorables ou défavorables aux blocus) se sont durcies. Les événements violents du jeudi 10 mai à Malesherbes en sont des témoignages flagrants. Continuer à organiser ces examens en présentiel implique des risques pour les étudiants venus y prendre part. En effet, la venue de l'un de ces deux groupes impliquera forcément une protection policière qui n'est pas garante d'un cadre propice à l'organisation de partiels. Lundi 9 avril, les étudiants venus passer des examens à l'Université de Lille ont été les victimes collatérales du gaz lacrymogène utilisé par les forces de l'ordre suite à une confrontation avec des manifestants. La situation s'est répétée plus près d'ici à Arcueil le 10 mai dernier lors des partiels délocalisés de Paris X Nanterre, précipitant l'annulation de ceux-ci. Et c’est sans compter le signal négatif qui est envoyé aux étudiants contraints de composer derrière un cordon policier, symbole contraire à l’indépendance de l’enseignement supérieur vis-à-vis de l’État. Organiser des examens dans ces conditions nous semble donc injustifié et contraire aux principes de notre université.

- Par un non-respect du contrat pédagogique. En signant un contrat pédagogique en début d'année, les étudiants acceptent de respecter le calendrier universitaire voté par les instances dirigeantes de l'université. Celui-ci évoquait pour cette année 2017-2018, une fin de la session d'examens le jeudi 31 mai. Or, de façon unilatérale, il est aujourd'hui question d'établir des partiels au-delà de cette date butoir. Cette décision ne nous respecte pas. Nombreux sont les étudiants à avoir des activités déjà planifiées pour la début juin : que ce soit des départs en vacances pour voir la famille et les proches qu'ils n'ont pas vu depuis des mois, voire des années (avec billets de transport non-remboursables), le commencement d'un travail saisonnier (indispensable à la poursuite d'études à Paris) ou plus simplement la fin d'un bail de location (impliquant donc un déménagement), tout report hors des dates précédemment acceptées leur est préjudiciable. Comble de l'absurde, pour certains, ce report non concerté met en péril les doubles cursus avec des partiels début juin dans d'autres facultés, quand ce n'est pas le début d'un stage obligatoire nécessaire à l'obtention d'une licence qui est impacté (d'autant plus lorsque celui-ci a lieu en province ou à l'étranger, avec là aussi des billets non-remboursables). Nous réclamons donc le respect des dates sur lesquelles les étudiants et l'administration se sont engagés.

Ainsi donc, par la dégradation de toutes les conditions nécessaires au maintien des partielsnous nous opposons à la tenue de ceux-ci. En effet, l'organisation de ces examens serait contraire au souhait plusieurs fois répété par vous, M. le Doyen, que les "examens puissent se passer de façon sereine". Non, M. Tallon, veuillez nous en excuser, mais vos dernières annonces ne nous rassurent pas et ne nous permettent pas de "bonnes révisions et plein de succès".

Nous souhaitons signaler ici que l’annulation des partiels physiques n’était pas notre volonté première. Ce changement de position est dû aux revirements récents de ces derniers jours qui nous poussent à trouver une issue au plus vite qui satisfasse le plus grand nombre. Suite aux messages de M. le Doyen du vendredi 18 mai, nous tenons également à rappeler que la situation telle qu’elle est aujourd’hui veut que chacun ne campe pas obstinément sur ses positions. Dans ces circonstances, l'entêtement ne mène pas à une solution viable et durable, contrairement au compromis...

Comme solution, nous proposons donc la substitution des partiels prévus par des DM obligatoires ou facultatifs. Prenant exemple sur ce qui est désormais fait à Paris X Nanterre ou Rennes 2, ainsi qu’au sein de certaines de nos UFR, il nous semble qu'il s'agit de la porte de sortie la plus adaptée aux circonstances. Permettant de contourner les risques de blocages, capables de nous sortir du manque d'information qui entoure ces partiels, laissant la porte ouverte à un calendrier universitaire respecté, ces DM sont la solution qui nous arrange nous, étudiants, enseignants et personnel administratif de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

Cordialement,

Les étudiants, les enseignants, le personnel administratif de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université

 



Sébastien compte sur vous aujourd'hui

Sébastien PIRES LEAL a besoin de votre aide pour sa pétition “M. le Doyen Alain Tallon: Pas de partiels, des DM!”. Rejoignez Sébastien et 1 803 signataires.