Les enfants du Théâtre du Fil ont besoin de vous !

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M. Le Directeur Inter-Régional de la Protection Judiciaire de la Jeunesse de l’île de France et de l’Outre-Mer :

Les enfants du Théâtre du Fil ont besoin de vous !

Et le monde a besoin d’eux !

 

Monsieur le Directeur,

Le Théâtre du FIL et la protection des mineurs, c’est une longue histoire de plus de 40 ans !

Celle d’un homme dans les années 70, Jacques MIQUEL, passionné de théâtre et éducateur de ce qui s’appelait encore l' Éducation Surveillée, qui deviendra au début des années 80, La Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ).

Celle de la rencontre d’une pratique artistique : le théâtre, au service du socle de toute civilisation : l’éducation.

Et qui remonte à la nuit des temps.

 A la fois vecteur de plaisir, de partage, de rencontres, de mélange des cultures, de transformation.

Un langage du corps, du cœur, des mots, des émotions, des sons, des couleurs.

Les années 70 :

Le temps des créations « hors les murs », la période post-soixante-huitarde où les rêves rejoignent et modifient la réalité.

Où le théâtre sort des seuls circuits feutrés des salles, pour se glisser dans la cité, les cités, et bien sûr éclate au plein soleil d’Avignon sous la bannière d’un théâtre populaire naissant : Jean VILAR  , Ariane MNOUCHKINE, Living Théâtre etc.

Commence alors à émerger l’idée que le théâtre n’est pas qu’un jeu mais un outil majeur de transformation de soi, en prise directe avec la réalité, notamment celle des plus fragiles : les jeunes.

Dans les banlieues, les quartiers, les prisons.

Jacques MIQUEL, qui a créé la compagnie du Théâtre du Fil (TDF) a pris le large de son berceau professionnel… au milieu des années 70.

Au…Fil des déplacements et rencontres dans le Sud de la France, il distille -avec d’autres et pendant quelques années- la pratique théâtrale, dans ces endroits où le théâtre n’allait justement pas ou peu jusqu’alors : la rue, les écoles, les quartiers, les centres sociaux, etc.

Côté éducation, le carcan d’une éducation standardisée dans les années 50-60, se desserre au début des années Mitterrand.

Et c’est tout naturellement que l'Éducation Surveillée/PJJ le rappelle au bercail historique de l’éducation des mineurs en fragilité.

Sous la férule d’un ministère de la Justice alors très attentif aux résultats que le TDF ne manque pas d’engranger - d’abord sur les tréteaux de France mais aussi en terme de transformation positive des enfants qui lui sont confiés- débute une longue collaboration entre la PJJ et l’association « Compagnie-école Le Théâtre du Fil »

    .
La première fournit la logistique des moyens : Logements, transport, salariés, moyens financiers.

Le second devient le creuset alchimique qui fait du/de la jeune en difficulté, un.e  personne qu’on considère d’abord pour ses qualités de comédien.ne, de plasticien.ne de maquilleur.se, de jongleur.se, de musicien.e, de technicien.ne du son, de la lumière, etc.


Mais par-dessus tout, est réussi le pari que l’expérience vécue par l’enfant/mineur au Théâtre du Fil, lui permet à présent d’affronter le monde des adultes et des responsabilités futures avec plus de force, de volonté, de détermination et de chance de réussite.             

Que son avenir soit tracé dans le monde du spectacle ou non.

La PJJ héberge au début des années 80, la troupe et les salles de spectacle et de création artistique, à Émancé, près de Rambouillet au sein d’un vaste domaine où elle accueille également de nombreux.ses jeunes en formation dans le domaine de la mécanique et du sport.

Côté artistique, le TDF monte en puissance : les tournées et les actions théâtrales dans les communes de France se multiplient : Festival d’Avignon, résidences et animations dans les quartiers ou beaucoup de jeunes sont recruté.es pour entrer en formation, tournées en Europe, au Maroc, en Inde, film LES ENFANTS DU DÉSORDRE, de Yannick BELLON, avec Emmanuelle BEART et Robert HOSSEIN, résidence au Théâtre du Soleil d’Ariane MNOUCHKINE, etc.

Dans les années 90, déménagement du TDF vers "La Ferme De Champagne", à Savigny sur Orge, toujours avec le soutien de la PJJ qui continue à héberger la compagnie-école dans une structure qui permet de loger les jeunes et de poursuivre les ateliers, animations et créations théâtrales qui continuent à s’exporter sur le territoire national ou au-delà.

Des centaines de jeunes mineur.es, que nous voulons continuer à appeler enfants -car toujours en phase de (re)construction après des parcours de vie souvent très difficiles -sont à ce jour passé.es par la Compagnie-école du Théâtre du Fil.

Venu.es de « partout et de nulle part », beaucoup sont arrivé.es là par volonté et curiosité de découverte du Théâtre. D’autres ont été porté.es et amené.es par des structures supports et encadrantes : aide sociale à l’enfance, associations de quartier, mairies, etc.

Aujourd’hui encore, ces jeunes sont toujours présent.es au sein de la compagnie-école, dont le siège social est désormais dans l’Essonne à Paray Vieille Poste.

Une fracture historique et dommageable est cependant intervenue il y a quelques années : La PJJ a cessé d’apporter son concours au Théâtre du Fil alors que rien ne justifiait une telle rupture de confiance si ce n’est la question financière !

La conséquence directe a été la perte du lieu d’hébergement et de créations, du site de la « Ferme de Champagne », ainsi que de la contribution financière ad hoc.

Plus grave, la PJJ a cessé de confier des jeunes à cette compagnie-école qui n’a pourtant plus à faire ses preuves en terme de prise en charge d’enfants en difficulté.

Nous savons, Monsieur le Directeur, que vous prenez incessamment votre poste à la Direction Régionale de la PJJ Ile de France.

Une occasion unique est donnée de renouer les liens éducatifs et pédagogiques historiques, qui ont pendant 40 ans unis la Protection Judiciaire de la Jeunesse et le Théâtre du Fil.

Les mineur.es placé.es sous votre responsabilité ont besoin d’un geste fort de confiance en leur capacité de transformation.

Vos éducateurs/trices le savent, ces jeunes ont besoin de vous, ont besoin de nous, pour avancer vers un avenir meilleur, particulièrement en ces temps déstructurants de crise sanitaire, économique et sociale.

Nous demandons à vous rencontrer au plus vite, Monsieur le Directeur, pour dessiner les contours d’une collaboration renouvelée !

 

                           Le bureau et l’équipe pédagogique du Théâtre du Fil

 

Et nous appelons tous les acteurs du monde éducatif, artistique, social, ou tout simplement humain à soutenir notre démarche en signant la présente pétition

 

L’avenir du monde ne peut pas se dissocier de celui de nos enfants !

 

Signez et diffusez la présente pétition qui sera adressée à Monsieur le Directeur Inter-régional de la protection Judiciaire de la Jeunesse de l’Ile de France et de l’Outre-Mer.