Petition update

Communiqué du Tricycle – 14 juin 2016

Le Tricycle GRENOBLE
Grenoble, France

Jun 15, 2016 — Vous avez été plus de 2000, de Grenoble ou d'ailleurs, à soutenir par votre signature le combat du Tricycle. Nous voulons vous remercier chaleureusement.
Notre long silence s’explique par l'espérance de nouer un dialogue avec la municipalité, avant que la reprise en main des théâtres par la ville ne soit devenue irréversible.
Mais la Ville de Grenoble n’a pas estimé vos signatures « légitimes et fiables » ou représentatives. Pour éviter de répondre sur le fond, la mairie a prétexté que nous n'avions pas suivi le système dit « initiative citoyenne », système qui n'existait pas encore au moment du lancement de la pétition. Il n’était pas question de recommencer. Nous avons pensé que la raison et la responsabilité feraient leurs effets et attendu, désiré, espéré en vain un début de dialogue. Pendant six mois, pas un mot, un geste, une ouverture. Par contre, au travers de multiples articles, la communication municipale, avec son lot d’approximations et d’erreurs a fonctionné à plein.
Aujourd'hui – juin ! - nous avons enfin pu rencontrer le maire Eric Piolle, qui nous propose de dialoguer avec les services. Mais cela arrive alors que tout est acté et qu'est sortie la plaquette du nouveau théâtre municipal regroupant donc le théâtre 145 et le Poche sous le même giron, signifiant, de fait, l'arrêt du projet Tricycle dès septembre 2016.
Etait-ce une tactique consistant à gagner du temps et retarder notre colère ?
Notre patience a été mise à rude épreuve mais nous restons ouverts à la discussion. Qui saurait se satisfaire de cette situation désastreuse ?
Notons quand même qu’à Grenoble on est plus prompt à proposer un débat à Joël Pommerat, suite à sa tribune dans Libération du 2 juin 2016, qu’à répondre aux artistes Grenoblois. Ceux là, qui, le 15 septembre 2015, étaient nombreux à exprimer leur inquiétude, avec une pensée proche de celle que le metteur en scène de renom développe. Les artistes Grenoblois n’ont toujours pas, à ce jour, de réponse à leur lettre. Par contre, voilà ce qu’ils peuvent observer :

Le programme du théâtre municipal nouvelle formule montre clairement une restriction de l’activité sur les deux théâtres confiés en 2010 au Tricycle : deux fois moins de représentations (par rapport à la saison 15/16), des résidences de création plus courtes, des équipes ne disposant plus des plateaux que sur des temps limités alors que nous proposions une ouverture permanente en remettant les clés aux artistes…
Soit un théâtre plus souvent fermé, et accompagnant beaucoup moins de compagnies. Celles ci sont choisies sur des critères encore très mystérieux. Et elles joueront, au mieux, trois fois. Une grande incertitude demeure sur la nature et les montants des aides financières. Rien n’apparaît sur le travail avec les publics, ni sur le suivi des compagnies et leur action sur le territoire.
Les partenariats avec d’autres structures artistiques et culturelles, déterminants pour donner à la création artistique ouverture et expansion, n’existent pas dans la programmation 2016/2017. Le projet de “lieu intermédiaire” entre les grandes institutions, et les compagnies semble aujourd’hui rayé du paysage grenoblois.
Le travail d’aller-retours entre écriture et plateau, les résidences d’auteurs, la diffusion de leurs œuvres : tout cela est balayé.
On s’interroge donc encore sur ce qui préside à l’élaboration de cette programmation : quelles visées, quel projet, quelle cohérence ?

Où en est Le Tricycle ?
Nous pensons que la législation du travail oblige la mairie à reprendre les salariés dans la mesure où il y a une stricte continuité de l’activité (article 1224-3). En conséquence nous avons choisi d’apporter notre soutien à l’action des salariés devant les prud’hommes.
Après le refus de conciliation de la mairie devant un juge de ce tribunal, l'affaire passera donc en audience à la rentrée.
On peut légitimement devant ce gâchis se demander : où sont ces fameuses économies ?

L'argument budgétaire ne tient décidément pas, et nous réaffirmons ici qu’il s'agit d'un problème de politique culturelle.
Ces choix ont toujours un sens. Arrêter si brutalement le Tricycle, prive les jeunes compagnies d’une dynamique essentielle à leur développement. Art du politique par excellence mettant en paroles et en actes les relations dans la Cité, le jeune théâtre, producteur de sens et d’avenir, est l’objet d’une politique de restriction financière, alors qu’il représente dans le budget municipal une part très secondaire.
Cet arrêt brutal nous apparaît comme annonciateur d'une vision du monde venant contredire toute l'histoire de la décentralisation.
Si on additionne toutes les baisses dans ce domaine, ces choix aboutissent à une sorte de plan social dans la culture. Même si la ville ne cesse de clamer haut et fort un soutien aux intermittents du spectacle, elle ne fait que les précariser un peu plus. De surcroît, les nouveaux partenariats financiers et artistiques dont le Tricycle commençait à bénéficier lui auraient permis de développer son projet. Ce dont la ville de Grenoble aurait été la principale bénéficiaire !

Cependant, après tant d’erreurs, de défiance, et de mépris, après avoir piétiné le travail bénévole et militant accompli au Tricycle, et devant le bruit médiatique la mairie semble ces derniers temps s’interroger.
Une rencontre avec le nouveau Directeur des affaires culturelles de la ville a eu lieu le 7 juin. Nous y avons réitéré notre refus de servir d’«experts» dans un dispositif municipal contre lequel nous nous battons. Une autre rencontre est prévue à la fin du mois.
Nous espérons toujours.
Votre soutien nous porte.

Le collectif Tricycle, 14 juin 2016


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