Pétition fermée

Pour que le ponton Pierre Caron (Var) reste un pont entre les valides et les non-valides.

Cette pétition avait 2 838 signataires


Je suis CHRISTEL la maman de WILLIAM âgé de 16 ans. WILLIAM est polyhandicapé depuis sa naissance. Nous vivons dans la région PACA depuis huit ans. Le destin a voulu que WILLIAM naisse avec une maladie orpheline et se retrouve polyhandicapé. Le destin nous a ainsi mis sur le chemin du ponton Pierre CARON situé sur la plage de la VIGNETTE sur le site de l'hôpital Renée SABRAN sur la presqu'île de GIENS (Var). Cette plage et ce ponton entièrement accessibles et utilisables par des personnes porteuses de tous types de handicaps et leurs accompagnants ont été créés par l'association « UN FAUTEUIL À LA MER ». Ce ponton et ses équipements aménagés (appareils de levage, de transfert, rails, système audio-plage) permettent aux personnes handicapées d'accéder à la baignade en mer, à des sports nautiques ( jet-ski, kayak, bateau, plongée sous-marine).Les infrastructures mises en place aux abords du ponton permettent d'accéder à la plage ( rampe d’accès, fauteuils hippocampes), à des transats, des sanitaires, des lieux de changes aménagés.

Le ponton Pierre CARON est plus qu'un lieu d'accessibilité matérielle pour les personnes handicapées.C'est un lieu d'échanges, de rencontres, d'acceptation du handicap et surtout de RE-SOCIALISATION. La re-socialisation de la personne handicapée mais aussi de son entourage proche.
Dans nos débuts de parents d'enfant handicapé nous nous sommes sentis isolés de par le sentiment de différence liée au handicap et exclu devant l'inaccessibilité de lieux de loisirs et de socialisation.
Sur le ponton, accompagnés du frère et de la sœur de WILLIAM, de ses grands-parents, de certains membres de sa famille, nous nous sommes ré-ouverts au monde en fréquentant aussi bien les valides que les non-valides. Ce fut un nouvel apprentissage de la vie : pouvoir sortir en famille avec notre fils sans se soucier du regard des autres si pesant dans nos premiers pas de parents, et dans certaines situations. L'acceptation de la différence et le vivre ensemble : voilà ce que nous trouvons au ponton Pierre CARON, en plus de l'aide technique, matérielle et humaine qui nous y est offerte, en plus du bien-être psychologique et thérapeutique apportés par les loisirs proposés.
Le 23 juin 2017, M. COUPIER, le directeur de l'hôpital Renée SABRAN a transmis à l’association «UN FAUTEUIL À LA MER » une note d’info destinée aux utilisateurs du ponton Pierre CARON concernant l'accès au site de l'hôpital pour les titulaires d'une carte d'accès au ponton et l'organisation du stationnement. La note limite le nombre d'accompagnants de la personne handicapée à trois.
Cela implique que mon mari et moi ne pourrons plus emmener nos deux enfants avec WILLIAM sur le ponton. Terminé également les moments agréables avec les proches de la personne handicapée. L'accès au bonheur est depuis le 14 juillet 2017 limité, réglementé, comptabilisé également, puisqu’un seul passage en entrée-sortie quotidien est autorisé. Il faudra veiller à ne pas oublier ses sondes urinaires, gastriques, sa glacière avec les poches d’alimentation, sa bouteille d’oxygène… sous peine d’exclusion. Cette note n'est pas que restrictive. Elle est aussi discriminatoire par l'organisation du stationnement qui est proposée. Il y a 13 places de parking réservées au stationnement des personnes handicapées. « En dehors de ces places, le stationnement est privilégié au niveau du stade ». Sont-ils si nombreux ces invalides privilégiés qui auront les capacités motrices et physiques pour effectuer le trajet aller véhicule-ponton et le trajet retour ponton-véhicule ?
Au prétexte d'une sécurité renforcée dans le cadre du plan Vigipirate (trois ans se sont écoulés depuis sa mise en place) je trouve ces nouvelles mesures de contrôle et de sécurité sur le site de l'hôpital Renée SABRAN restrictives et discriminatoires. J'appelle à signer cette pétition pour que le directeur de l'hôpital Renée SABRAN engage un dialogue avec les membres de l'association «UN FAUTEUIL À LA MER» pour réexaminer le nombre d'accompagnants de la personne handicapée sur le site ainsi que les conditions de stationnement.
J’ai parlé jusque là de l’impact d’une telle décision sur la vie des personnes en situation de handicap et de leur entourage. Je parlerai maintenant de l’impact économique d’un telle décision sur l’association « UN FAUTEUIL À LA MER ». Le nombre d’adhérents diminuera puisque la direction de l'hôpital restreint la fréquentation du ponton en limitant l’accès à trois accompagnants pour une personne handicapée. L’association embauche des salariés pour assister les personnes handicapées. Que vont devenir ces salariés devant une baisse de la fréquentation ?
Je terminerai par l’impact sur l’économie touristique de la ville de GIENS et plus largement la commune de HYÈRES : baisse des réservations d’hébergements, de fréquentation des restaurants et lieux de loisirs.De nombreuses personnes de France et d'autres pays, optaient pour cette destination touristique pour s’accorder un peu de répit sur cette plage et ce ponton accessibles aux personnes handicapées , valorisés par le label Tourisme et handicap.
Pour conclure je citerai un des slogans de l’association « partager nos différences c’est refuser l’indifférence » en souhaitant que nous gardions tous un esprit solidaire et uni face à de telles mesures. J’invite chacun à réfléchir sur la portée culpabilisante de ces restrictions pour chacun de nous. Est-il possible de rester indifférents et de continuer son chemin quand ceux d’entre nous qui seront autorisés à pénétrer dans l'enceinte de l'hôpital passeront devant les personnes immobilisés derrière la barrière parce qu’elles ont dépassé la limite d’accompagnants autorisés ?
Est-il possible pour certains de profiter du ponton sachant que d’autres s’en verront l’accès refusé ?
Gardons le lien, malgré la barrière. Un chemin s'est ouvert vers la mer grâce au ponton. C’est en restant solidaires que nous pourrons continuer de partager nos différences et de faire ensemble ces "pas" vers la mer,  POUR que le ponton Pierre CARON reste un pont entre les valides et les invalides.



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