NON AU PROJET « CŒUR DE VILLE » à Saint-Julien-en-Genevois

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Mémoire et Patrimoine de St-Julien
Mémoire et Patrimoine de St-Julien a signé la pétition

NOUS DEMANDONS QUE LE PROJET CŒUR DE VILLE RESPECTE LE PATRIMOINE.

Parce que St-Julien-en-Genevois a une longue histoire, nul n’a le droit de l’effacer. La nature et la culture ont marqué son évolution. Le passé a défini l’emplacement des édifices publics, le tracé des rues et les noms qu’elles portent. « Rendre attractif et convivial » le cœur de ville ou « redynamiser l’offre commerciale » ne sont que slogans publicitaires éculés. Une cité se réalise à partir de ses besoins, elle doit défendre son patrimoine, se moderniser à partir de sa singularité. Nous refusons de devenir une banlieue ressemblant à n’importe quelle autre. Nous préférons la vie aux critères d’une fausse modernité.
- L’espace concerné est au centre d’une zone de présomption de prescriptions archéologiques. Aucune intervention ne peut être faite sans assentiment de la Direction Générale des Affaires Culturelles (DRAC)
- Nous possédons un Hôtel de Ville unique et remarquable dont la Municipalité devrait demander le classement comme Monument historique. Inauguré en 1862, il est un des plus significatifs du style Napoléon III, celui du Paris d’Hausmann.

 

Argumentaire

Depuis un an, le Cabinet PRAXYS (urbanisme et paysage) travaillerait sur le Projet « Cœur de ville ». Personne n’a de besoins si ce n’est le Conseil Municipal pour « redynamiser le commerce urbain » et rendre le centre plus « attractif et convivial ». Les 16 et 21 mai 2019, le projet fut dévoilé. Consternation. Avons-nous oublié que la ville existe depuis le moyen-âge, qu’elle a un passé, une histoire, un patrimoine ? Il faudrait faire moderne, n’importe quoi pourvu qu’on en parle ...


Objections

Sur le fond
La Mairie et ses entours se trouvent dans une zone de présomption de prescriptions archéologiques (arrêté du 28 Février 2011 et rappelé à l’administration municipale le 6 Septembre 2012). Dans cette zone, tous les permis de construire, démolir et aménager doivent être soumis à la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Pourquoi ? Parce que nous n’avons jusqu’ici aucune trace, plan, dessin, relevé iconique du Château datant du XIIIème Siècle en dehors de son emplacement dans la Mappe Sarde (1732). Le Château fut propriété des Comtes de Genève, des Ducs de Savoie avant de dépendre du Roi de Piémont-Sardaigne. Il fut le témoin de nombreux évènements. Il a traversé la réforme, l’occupation bernoise et même la Révolution.
En ruine, il fut détruit en 1826 mais on retrouve ses pierres dans plusieurs constructions de la rue de Genève. Il se situait sur la place de la Mairie.
La ville possède un des plus beaux Hôtels de Ville (1862) de la région et la Municipalité propriétaire devrait demander son classement comme monument classé.
Il fut construit par Napoléon III pour remercier les habitants d’avoir choisi la France au référendum de 1860. On commence à connaître son architecte Auguste Pompée (1850-1891) qui réalisa dans le même temps, la Sous-Préfecture, l’Hôpital St-Joseph, la Caserne de la gendarmerie, sans compter plusieurs églises.
L’Hôtel de Ville est d’une grande qualité. Il a subi très peu de restaurations extérieures. On a retrouvé plusieurs dessins originaux. Il compte parmi les réalisations les plus caractéristiques de l’époque du Paris d’Hausmann. De style composite (Napoléon III), il harmonise le classicisme français à celui du palais de la renaissance italienne. Nous avons le devoir de lui garder son intégrité.


Sur la forme
Manque totalement d’échelle et de fonctions. Il suffit de parcourir physiquement l’espace qui s’étend derrière la Mairie jusqu’aux limites du Savoie pour saisir l’illusionnisme des images produites sur ordinateur.

Après les Jardins de l’Europe, le Jardin suspendu, le parc Victor Hugo ne s’agirait-il pas d’une nouvelle tromperie intellectuelle ?

L’eau et la nature justifièrent la création de St-Julien. De l’Arande à l’Aire, du Ternier au Nant de la Folle, l’eau traversait la ville et chaque maison possédait un puits (cf Livret N°3 « Histoire d’eau » édité par mémoire et Patrimoine). On a totalement effacé sa présence.
St-Julien était aussi au cœur d’une forêt (Chabloux en garde la trace toponymique). Il y avait des arbres de grandes dimensions et d’espèces adaptées au climat. On abat les derniers et dans le Projet, il ne reste que des arbustes en pot !

Les slogans dévalués « dynamique et agréable », « attractive et conviviale », « circulation apaisée » sont éculés. Une ville meurt, si on la « met en boîte » à travers des images d’ordinateur qui ne sont qu’illusions. Une nouvelle place ne rendra pas la vie, on en a déjà beaucoup mais peu attractives : Place du Général de Gaulle, du Maquis des Glières, de la Libération, du Savoie, du Crêt, etc.

Il est temps de penser un espace incitant à sortir de chez soi pour aller à la rencontre des autres et de la nature.

PS : il n’est pas défendu de s’inspirer de ce qui a fait le succès commercial, touristique et gastronomique de Carouge, dont St-Julien dépendit de 1760 à 1815. A la fin des années cinquante on eut le courage d’y développer des quartiers indépendants et de protéger un périmètre historique, une réussite architecturale et esthétique.

St-Julien, le 19 Mai 2019