Pétition fermée

Lutter contre les maltraitances en hôpital psy en créant des commissions de contrôle

Cette pétition avait 842 signataires


Ce que je dénonce est ce que j'ai constaté depuis l'internement en hôpital psychiatrique de ma fille Fanny, autiste et schizophrène.

Je ne généralise pas. Il y a des soignants qui s'impliquent mais d'autres maltraitent les patients ou les résidents sous les yeux indifférents des Directions.

Merci à vous de signer pour ma Fanny et pour tous ceux qui, enfermés entre les quatre murs de ces structures, ne peuvent pas s'exprimer et raconter.

"Triste et en colère

Fanny revient de loin, elle a failli mourir en novembre dernier d'une ischémie mésentérique avec dilatation du côlon. Elle a été transférée en hélico à l'hôpital Bretonneau à Tours et opérée dans la foulée par les meilleurs chirurgiens en chirurgie digestive de Trousseau. Pendant un mois et demi de réa, sa vie n'a tenu qu'à un fil. Elle a ensuite passé 2 mois et demi dans l'Unité de Soins Continus de Bretonneau. J'ai vu pendant 4 mois la compétence et l'humanité des personnels soignants de ces grands hôpitaux. Je pouvais venir jour et nuit, appeler à n'importe quelle heure, j'avais toujours un soignant, un interne ou un médecin pour me donner des nouvelles, même les chefs de service étaient disponibles. Ils m'appelaient également quand ils avaient besoin d'aide pour "décoder" les paroles et demandes de Fanny ou pour aider à la stimuler afin qu'elle recommence à s'alimenter.

Puis, retour dans son centre où ça ne se passe pas bien (suite à l'arrêt de son traitement pour sa schizophrénie, Fanny a quelques épisodes de violence, court partout dans les couloirs, parle fort, casse des objets) et internement rapide de Fanny en hôpital psychiatrique sans m'en informer préalablement ... Fanny est sous tutelle, donc mon avis de maman ne compte pas

Hier, à l'HP, au bout de plusieurs semaines, c'était la première journée de permission de sortie de Fanny ; nous l'avons passée toutes les deux et c'était super. Elle était détendue, souriante, toute mignonne. Elle s'est fait couper les cheveux, on a mangé des hamburgers et des frites, écouté de la musique et bien rigolé. J'aurais aimé la garder avec moi le soir mais il fallait la ramener en fin d'après-midi.

Ce matin, je devais rentrer à mon domicile (à 150 kms) sans repasser par l'hôpital psychiatrique mais ses sandales ayant été oubliées dans la voiture, j'y suis allée sans prévenir.

Il était presque 8h30, personne dans les bureaux, personne dans les couloirs mais j'entendais ma gamine qui tapait contre sa fenêtre et criait. Les deux portes étant fermées à clef, il me fallait trouver le personnel soignant. Je les ai trouvés dans la cuisine en train de prendre un petit déj.

Une infirmière a bien voulu laisser ses croissants pour m'ouvrir les portes de la chambre de Fanny. Et là, j'ai trouvé ma Fanny habillée comme elle l'était la veille, avec la même protection hygiénique. Personne ne l'avait mise en pyjama, personne ne l'avait changée. Elle avait ses lèvres toutes desséchées, il n'y avait aucune bouteille d'eau dans sa chambre (elle ne peut accéder à sa salle d'eau puisque celle-ci est également bouclée). Et elle, elle n'avait toujours pas déjeuné !

Hier matin, j'avais dû déjà laver le sol puisqu'il y avait du chocolat par terre qui datait de la veille, tuer les mouches attirées par le sucre et nettoyer les "toilettes" (encore une fois...) (voir photos 2 et 3)
Après avoir dit à l'infirmière qu'elle pouvait aller terminer son café, j'ai lavé ma gamine, je l'ai habillée avant de l'emmener aux offices prendre son petit déjeuner.

L'avoir trouvée ainsi a été la goutte d'eau qui a fait déborder les limites de ce que je pouvais accepter pour ma fille (Fanny errant nue dans les couloirs pendant que deux soignants sont dans sa chambre, interdiction de porter ses propres vêtements mais avoir sur elle les pyjamas dix fois trop grands de l'hôpital, toilettes non lavées pendant plus de 48 h, pas de draps sur le matelas qui lui sert de lit pendant des semaines, absence de bouteille d'eau dans sa chambre en période de canicule, repas pris sur un fauteuil et pas sur une table, mouches, poste de tv/radio en panne pendant des jours, vêtements imbibés d'urine laissés dans la salle de bains fermée donc puanteur etc...).

Entre autres faits choquants, j'ai également vu une petite Mamie à terre qui appelait pendant que des soignants s'amusaient avec des fauteuils roulants. No comment !

Il faut que les maltraitances cessent en hôpital psychiatrique comme dans certaines maisons de retraites, certaines Maisons d'Accueil Médicalisé.et autres structures médicalisées où les personnes ne sont plus considérées ni traitées comme des êtres humains.

Il serait souhaitable que soit créée une commission indépendante de contrôle de ces structures, pouvant mettre en place des contrôles réguliers et inopinés afin de garantir le respect des droits les plus élémentaires des patients et résidents (hygiène, salubrité, respect, droit à l'intimité, droit à l'information des familles).
Cette commission devra obligatoirement intégrer des personnes de la vie civile (des parents, des proches, des membres d'associations nationales reconnues).



Marie-Hélène compte sur vous aujourd'hui

Marie-Hélène MELO SOARES a besoin de votre aide pour sa pétition “Lutter contre les maltraitances en hôpital psy en créant des commissions de contrôle”. Rejoignez Marie-Hélène et 841 signataires.