Pétition fermée

Soutenez la reconnaissance des aidants familiaux

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Les "aidants familiaux", terme parfaitement impropre qui désigne les personnes dont l'énergie, au prix de leur propre existence et liberté de vivre, agir, travailler et parfois aimer comme ils le souhaiteraient, est dévouée à un proche dépendant, n'occupent qu'une place marginale dans vos programmes, nourrie par de vagues propositions, dont on retrouve, ici et là, déjà des traces en termes de voeux pieux: reconnaissance juridique et droit au répit. Rien qui n'ébranle ou n'améliore le quotidien de "ces gens-là". On se contente d'en souligner le valeureux courage, sous le signe muet de l'abnégation, et de faire de leur statut inventé par la novlangue actuelle, un "partenariat du soin", les institutions, en particulier l'État, dans sa grande mansuétude, mais surtout son souci d'austérité budgétaire, leur déléguant les tâches que les acteurs du soin ou de l'accompagnement psycho-social ne peuvent plus accomplir, faute de moyens, de volonté usée, de résignation. Je vous rappelle que des membres d'une famille, quels qu'ils soient, ne sauraient suppléer à des professionnels qu'ils ne sont pas, engagés qu'ils sont dans des liens de filiation, une histoire familiale partagée, parfois en creux, des relations affectives et émotionnelles à vif en ces circonstances.

J'ai publié deux articles que je vous invite à lire, "si vous avez le temps", comme dirait Boris Vian dans son "Déserteur". Les voici, car ils concernent, comme l'appel que je formule ici, une catégorie particulière d' "aidants familiaux", non reconnus par les pouvoirs publics, de ceux qui ont à charge des proches souffrant de troubles mentaux chroniques, dont la dépendance psychique à un tiers est niée, les MDPH ne leur accordant le plus souvent qu'un taux d'invalidité inférieur à 80%, seul taux reconnu pour la dépendance...physique, les pathologies autistiques, les maladies de la sénilité:

Mon fils, ce schizophrène...
Dans la famille NOV'LANGUE, je demande les aidants familiaux
J'ajoute à cet article ce commentaire:

Quand les familles sont présentes, quelle opportunité pour les professionnels d'institutions publiques, et de quelque obédience dont ils se réclament, de leur déléguer des responsabilités (démarches sociales, accompagnements dans les lieux de soins, écoute quasi-permanente...), tout en les maintenant à distance plus ou moins discrète... Ce qui m'a toujours étonnée, c'est la manière dont peuvent être évoqués, dans les réunions auxquelles j'ai participé en qualité de professionnelle du soin, les actings intrafamiliaux des patients en proie à de grandes angoisses (menaces, agressions, casses de divers objets et portes...), toute chose dont aucun soignant, en position de parent, ne supporterait pas le dixième. En filigrane, une banalisation de la violence et ses conséquences délétères, dont les dérèglements de la mère, du père, des soeurs, des frères et j'en passe, ne pourraient être que seuls responsables. Cette idéologie tenace résiste à toutes les températures!

Mais vous, les politiques, non seulement vous ignorez ces difficultés et souffrances quotidiennes, mais vous ignorez que les familles peuvent être... monoparentales et sans soutien, qu'elles peuvent être, à leur tour, défaillantes en raison de difficultés économiques, de maladies graves et invalidantes. Ceci est mon cas.

Ce que j'attends de vous:

- Une reconnaissance JURIDIQUE digne de ce nom des dénommés "aidants familiaux"

- Une compensation financière, car voyez-vous, nous contribuons, à notre corps défendant, à "l'effort d'austérité budgétaire" (pas d'APL versée par les CAF, quand la personne psychiquement dépendante est hébergée par un membre de sa famille (père, mère, fratrie, autres membres de la famille), économie de temps pour les professionnels de la Santé Mentale, donc économie de moyens pour l'État, pas d'aides sociales et contributions solidaires diverses...)

- Une bonification dans le calcul des retraites (pour toutes les trimestres sacrifiés dans les mises en disponibilité et temps partiels)

- La possibilité d'une retraite anticipée sans pénalité

- Enfin, une reconnaissance du droit au répit, en particulier dans les situations d'urgence (aides à domicile refusées par la Sécurité sociale, les mutuelles et autres organismes...)

 



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Patricia THAON a besoin de votre aide pour sa pétition “Lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle: Soutenez la reconnaissance des aidants familiaux”. Rejoignez Patricia et 108 signataires.