Pour que les trottoirs soient un nouveau Bien commun et pour la sécurité des piétons

Pour que les trottoirs soient un nouveau Bien commun et pour la sécurité des piétons

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Aujourd'hui, dans le contexte du Covid19 et davantage qu'hier, un véritable assaut est lancé contre les trottoirs et par extension contre les piétons.

En effet, sous prétexte d'aider des commerçants en difficulté, les villes de Paris, de Lyon et bien d'autres encore se préparent à renoncer à leurs recettes fiscales (droits de voirie, TPLE) afin de faciliter l'annexion des trottoirs et rues par les commerçants et autres entités privées, chassant ainsi et de plus en plus les piétons et assimilés de ces zones qui devraient être sanctuarisées et sur lesquelles ces derniers devraient avoir une priorité absolue.


Or, nous estimons, à l'heure des villes dites intelligentes, que la question de la régulation des trottoirs - objets de toutes sortes de convoitises de la part des opérateurs privés alors qu'il s'agit d'un bien commun - devrait être nécessairement intégrée dans tout programme politique et d'aménagement du territoire.

A Paris, 52% des déplacements (soit, plus de 4 000 000) se font à pied, qu'il s'agisse de déplacements pour le travail ou pour les achats et le nombre de piétons ne cesse d'augmenter (30 à 100% entre 2008 et 2015). La marche est donc le principal mode de déplacement de la ville.

En 2015, on dénombrait pas moins de 1 609 victimes à pied, dont 1 383 blessés légers, 205 blessés graves et 21 tués dont 16 personnes de plus de 60 ans à Paris ( Portrait du piéton, Le Monde ).

Or, l’appétence des restaurateurs et commerçants met de plus en plus en danger les piétons qu’elle chasse hors des trottoirs.

C’est un véritable rapport de domination, avec l’accord de la Préfecture de Paris, de la Mairie de Paris et des maires d’arrondissements, qu’exercent les restaurateurs et commerçants sur les usagers prioritaires des trottoirs (piétons, poussettes, personnes à mobilité réduite ou handicapées, personnes âgées, personnes avec déficiences visuelles, enfants...).

1) LES PIÉTONS ET ASSIMILÉS CHASSÉS DES TROTTOIRS DE LA VILLE DE PARIS

→ SUR LES CHAMPS ÉLYSÉES

Un projet de règlement des étalages et terrasses visant à modifier le texte du 27 juin 1990 a été adressé aux commerçants, le 30 juillet 2010, par la Direction de l’Urbanisme sur demande de la Mairie de Paris (cf. le texte).

Dans leurs propositions (p.7 du projet), les comités de commerçants et syndicats ont fait apparaître leur volonté de :

  • Transformer leurs contre-terrasses en véritables établissements (installation de caisses enregistreuses, pose de revêtements sur le sol, liberté d’aménagement sans contrainte de charte esthétique …) ;
  • De supprimer l’espace réglementaire d’une largeur de 1,60 mètres réservé aux piétions en l’incluant dans celui d’une largeur de 4 mètres réservé aux services de sécurité.

L’arrêté municipal du 27 juin 1990 a donc été abrogé et remplacé par celui du 6 mai 2011, mis en application le 1er juin 2011 (la partie concernant les Champs Élysées est à l’article DG11 du règlement des terrasses).

Dorénavant, les restaurateurs se répandent sur les trottoirs. Et les piétons, qui s’engouffrent dans les goulots d’étranglement laissés entre deux terrasses d’un même établissement, sont bousculés par les serveurs courant chaud devant, derrière et au milieu d’eux, plateaux en main, de la première terrasse (5 mètres de largeur) à la seconde terrasse (de 50 m² et plus), tout en esquivant de multiples pancartes extérieures et trottinettes.

→ DANS LES AUTRES RUES DE LA CAPITALE

Alors que l’installation d’une terrasse ne doit se faire que sur 1/3 de la largeur utile du trottoir et celle de la contre-terrasse, sur un trottoir de plus de 6 mètres de largeur utile, les piétons sont de plus en plus empêchés par cette annexion de leur territoire.

  • Rue de Buci (Paris 6), qui n’est pas une zone piétonne, les usagers sont obligés de quitter le trottoir à cause des terrasses et de marcher en pleine rue.
  • Idem pour la rue du Tertre (Paris 18) et dans tant d’autres rues de la capitale.

Nous n’avons rien contre les terrasses même si nous nous questionnons quant à la quantité de pollution (poussière et particules fines) arrivant dans les assiettes de ceux qui plaident pour une société plus écologique.

Mais que peuvent bien valoir la liberté de circuler des individus et leur protection quand les trottoirs de Paris sont de plus en plus envahis par des chaises, des tables, des bâches, voire des cabanes vitrées et branchements électriques défigurant le paysage (Champs-Élysées) ?

→ LES COMMERÇANTS ET LES ARMES PAR DESTINATION

Nous avons vu, lors de manifestations festives ou revendicatives, combien ces mobiliers qui n’ont pas vocation à être sur les trottoirs, pouvaient se transformer sans peine en armes par destination, ou armes improvisées, dont l’usage est passible de pénal.

En effet, l'article 132-75 du Code Pénal définit les armes par destination :
« Est une arme tout objet conçu pour tuer ou blesser.
Tout autre objet susceptible de présenter un danger pour les personnes est assimilé à une arme dès lors qu'il est utilisé pour tuer, blesser ou menacer ou qu'il est destiné, par celui qui en est porteur, à tuer, blesser ou menacer.
Est assimilé à une arme tout objet qui, présentant avec l'arme définie au premier alinéa une ressemblance de nature à créer une confusion, est utilisé pour menacer de tuer ou de blesser ou est destiné, par celui qui en est porteur, à menacer de tuer ou de blesser. »

Rappelons qu'il n’appartient pas au contribuable de pallier les dégradations causées à, et par, ces structures.

En effet, les exploitants de terrasses sont seuls responsables tant envers la Ville qu’envers les tiers et passants, de tous accidents sur la voie publique, dégâts ou dommages de quelque nature que ce soit, pouvant résulter de leurs installations (cf. article DG 14 du règlement des terrasses).

                                          NOTRE DEMANDE

Nous ne souhaitons aucunement que les piétions, les poussettes, les personnes à mobilité réduite, soient les victimes silencieuses d’une course effrénée au chiffre d’affaires et au consumérisme.

C’est pour cela que nous demandons, d’une manière générale :

  • Que les autorisations d’occupation du domaine public délivrées aux commerces parisiens (autorisation d’installer des étalages, terrasses, commerces accessoires, contre-terrasse, contre étalage, etc.) soient mieux régulées ;
  • Que sur les trottoirs, d’une largeur inférieure à 2 mètres, il n’y ait aucune autorisation ou tolérance pour les terrasses improvisées ou non, les pots à fleurs et jardinières ou arbustes des fleuristes, les pancartes extérieurs des restaurants, les vélos, trottinettes et autres ;
  • Que pour les trottoirs plus vastes, les 2/3 de leur largeur utile avec un minimum de 2 mètres, soient réservés aux piétons et libres de tout obstacle.

En ce qui concerne les Champs Élysées, barricadées par de nombreux contre-terrasses, nous demandons, afin de respecter l'important flux des piétons :

  • Qu'il n’y ait aucune autorisation ou tolérance de contre-terrasses ;
  • Que les contre-terrasses soient remplacées par des bancs en pierre, pour le bénéfice de tous les piétons et assimilés et en particulier des personnes prioritaires (personnes malades, personnes âgées, personnes à mobilité réduite et femmes enceintes… ).

2) LES VÉLOS ET AUTRES 2 ROUES NOUVEAU DANGER POUR LES PIÉTONS

A l'heure de l'écologie et de la protection de l'environnement, nombreux sont les citoyens qui privilégient le vélo. Et les responsables politiques s'en réjouissent, comptant quotidiennement les nouveaux kilomètres de pistes cyclables créés.
Or ce sont ces mêmes citoyens qui, négligeant les feux tricolores et les règles de priorité aux piétons, foncent dans tous les sens de la circulation et ce, jusque sur les passerelles qui leur sont pourtant interdites, bousculant ou ignorant les piétons qu'ils gênent ou accidentent.

                                                     NOTRE DEMANDE

Nous demandons que :

  • Des feux tricolores soient fixés le long des pistes cyclables et que des passages piétons y soient signalés et matérialisés ;
  • Que la circulation des vélos dans certains parcs soit interdite.

Notre exigence est la même pour les autres 2 roues et 1 roue.

3) PRÉVENTION ET MESURES D'HYGIÈNE

En tant que citoyens et piétons soucieux du bien-être de la population, nous nous interrogeons face au laisser-aller des commerçants quant au non-respect des mesures d'hygiène et à l'immobilisme des pouvoirs publics.

                                                  NOTRE DEMANDE

Nous demandons :

  • Que les étals des commerces alimentaires (poissonneries, boucheries, primeurs… ) soient protégés de manière systématique des poussières, souillures, particules fines et autres souillures par des vitrines transparentes.
  • Que des amendes, de la même manière que l'on sanctionne les automobilistes, soient appliquées automatiquement en cas d’infraction à ces règlements.

Nous rappelons que :

  • D’une part, à Paris, les étalages, contre-étalages, terrasses ouvertes, contre- terrasses, terrasses fermées, sont déjà interdites rue de la Paix, place Vendôme, rue Royale, rue Tronchet, rue Saint-Honoré (entre la rue du Marché Saint-Honoré et la rue Royale) et rue du Faubourg Saint-Honoré (entre la rue Royale et l’église Saint-Philippe du Roule).
  • D’autre part, les propriétaires de ces biens matériels qui envahissent les trottoirs pourraient être considérés comme étant ceux qui ont fourni ou permis l’utilisation des armes par destination.

                                                                 ***

Nous agissons ainsi car nous sommes des piétons permanents ou occasionnels, obligés de nous faufiler entre des obstacles de plus en plus nombreux et mis en danger constamment sur une zone qui devrait être sanctuarisée.

C'est pour cela que nous demandons que tous les trottoirs de France soient considérés comme étant un Bien commun et que des brigades de contrôle des trottoirs soient créées.

Parisiens ou non, nous sommes tous concernés par une meilleure protection des piétons allant à pied, à mobilité réduite, à vision réduite et en poussettes, des enfants et des personnes âgées car "La fin des trottoirs signe la fin d'une ville".

Pièce jointe : Paris, Règlement des terrasses