COVID 19 : NON A LA MISE EN DANGER

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Annie THEBAUD-MONY
Annie THEBAUD-MONY a signé la pétition

Cette semaine, en France, des millions de personnes – enseignant.e.s, travailleurs/euses, salarié-e-s intérimaires, enfants - reprennent le chemin de l’école, de l’usine, des chantiers du BTP ou du nettoyage, du bureau, de la plate-forme logistique, des transports…

Pour chacun.e, il s’agit d’entrer dans la quadrature du cercle que connaissent ceux qui n’ont pas pu interrompre le travail depuis le début de l’épidémie, et avec quelles conséquences physiques et psychiques ! Il s’agit de travailler, enseigner, étudier, sans se retrouver à risque d’être contaminé et contaminant par un virus redoutable et omniprésent. (...)

On veut faire porter aux individus exclusivement la responsabilité de la circulation du virus avec comme seule arme les « gestes barrières ». Et ceci sous injonction insupportable du gouvernement et du patronat quant à l’urgence de la reprise économique, qui justifierait toutes les infractions à la sécurité sur les lieux de travail, le plus dramatique étant que quelques syndicats aient cru utile de se joindre au concert, alors que la question fondamentale est celle de la vie et de la santé des travailleurs/euses. (....)

Alors que le gouvernement a eu la main très lourde en sanctionnant les citoyen.ne.s hors des clous des injonctions du confinement (1 million de verbalisations et des peines de prison ferme!), avec un seul message :   « Restez chez vous. Sauvez des vies ! », pour ceux qui n’ont pas d’autres choix que d’aller à l’usine, à l’école ou sur le chantier, le discours est tout autre « Sortez ! Allez travailler ! N’exigez rien ! ». Les employeurs bénéficient d’une totale impunité dans le non respect des règles de droit conçues pour la protection de la santé et de la vie des travailleurs. Pour preuve, un inspecteur du travail, Anthony Smith, est suspendu pour avoir « osé » exercer sa mission de contrôle en entreprise.

La démarche courageuse du syndicat CGT Renault Sandouville, qui a subi de violentes attaques abondamment relayées part les médias, prend tout son sens dans ce contexte d’une épidémie non maîtrisée, en accordant la priorité absolue à la défense de la santé des travailleurs/euses. Dans cette situation de danger grave et imminent pour les travailleurs/euses et leur entourage, en présence de la contagion, saisir le juge des référés s’est imposé aux syndicalistes CGT Renault Sandouville comme la seule voie possible pour obliger les dirigeants de Renault au respect du droit des travailleurs/euses à ne pas être mis en danger, au travail comme à l’extérieur.

L’ordonnance des référés[2], qui d’ailleurs fait suite à d’autres décisions judiciaires du même type concernant d’autres entreprises, et pas des moindres, notamment La Poste, Amazon et Carrefour[3], porte sur 4 points essentiels à la prévention. (...)

Concernant le COVID 19, une autre stratégie sanitaire générale était pourtant possible, qui aurait dû intervenir dès le tout début de l’épidémie et pas seulement maintenant[5]. Fondée sur une démarche de  « dépistage-suivi » digne de ce nom, elle aurait permis d’interrompre beaucoup plus tôt les chaînes de transmission du virus en population générale. 

La vie, la santé, la dignité ne se négocient pas.

Nous, signataires de cet appel, appelons à la mobilisation citoyenne, syndicale, associative, politique, pour :
·      La mise en application stricte, dans toute situation de travail, des règles du code du travail, telles que rappelées dans l’ordonnance de référé concernant Renault Sandouville, et dans celles prises à l'encontre de Carrefour, La poste et Amazon
·      Le rétablissement complet de la responsabilité pénale des employeurs privés comme publics ;
·      Le renforcement des pouvoirs des représentants du personnel et de l’inspection du travail ;
·      Le droit effectif des travailleurs et travailleuses à utiliser leur droit de retrait en cas de danger grave et imminent ;
·      L’accès au dépistage gratuit par test, généralisé à l’ensemble de la population, doit être organisé par les pouvoirs publics. Dans l’attente, sur demande du salarié, ou à l’initiative du médecin du travail, celui-ci  prescrit le test de dépistage, dans le respect du secret médical. Le résultat n’est communiqué qu’au salarié. Le médecin du travail conseille le salarié sur le maintien au travail ou la nécessité d’un arrêt de travail et met en place les mesures appropriées individuelles et collectives de suivi et de prévention ;
.     La reconnaissance automatique en accident du travail ou en maladie professionnelle des travailleurs victimes du COVID 19, par suite d’une contamination professionnelle en temps d’épidémie. 
 

Le texte complet de l'appel du 13 mai 2020 est publié sur Mediapart