Établissons l'égalité entre femmes et hommes dans les Églises évangéliques

Établissons l'égalité entre femmes et hommes dans les Églises évangéliques

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Nicolas PREUD'HOMME a lancé cette pétition adressée à l'ensemble des responsables et représentants des églises évangéliques

Notre pétition vise à rassembler chrétiennes et chrétiens évangéliques en faveur d’une évolution progressiste de nos Églises sur la question de la place des femmes dans l’exercice du culte, dans l’organisation des structures ecclésiales ainsi que dans les discours tenus au sein de nos communautés. En nous appuyant sur une interprétation des Écritures attentive au contexte de rédaction, portés par les valeurs universelles de justice et de dignité résidant au cœur de notre foi chrétienne, nous nous engageons pacifiquement en faveur d’un accès libre, équitable et sans discrimination des femmes à toutes les fonctions et à toutes les responsabilités au sein des Églises et des unions d’Églises qui se réclament du protestantisme évangélique.

Nous sommes des chrétiens et des chrétiennes qui vivons notre foi au sein de diverses églises évangéliques en France. Inspirés par l’exemple du Christ et nourris par les enseignements contenus dans les livres de la Bible, nous respectons toutes les personnes chargées de la direction et de la représentation de ces assemblées, ainsi que l’ensemble des fidèles de sensibilités et d’opinions diverses. Nous leur témoignons notre reconnaissance pour tout le bien que nos Églises parviennent à construire en dépit des difficultés, grâce à leur engagement et à leur action.

Toutefois, devant ce qui nous apparaît comme une injustice profonde et inacceptable, c’est avec la sincérité, l’honnêteté et la franchise qui sont attendues des chrétiens que nous prenons l’initiative de cette pétition, en conformité avec les appels à corriger les diverses défaillances affectant l’Église, contenus dans le Nouveau Testament (Luc 17 : 3 ; 1 Timothée 5 : 20 ; Hébreux 12 : 11).

En ce temps présent, nous nous engageons par cette pétition en faveur d’une Église plus juste, plus égalitaire, plus ouverte, plus proche des principes de la foi en un Dieu qui ne fait pas de favoritisme (Deutéronome 10 : 17 ; Actes 10 : 34 ; Romains 2 : 11). Nous sommes intimement convaincus de l’unité de la condition humaine face à Dieu, par-delà les différences de culture, d’origine, de religion, de catégorie sociale, d’âge, de sexe ou de genre (Galates 3 : 28).

Or, force est de constater aujourd’hui dans notre pays que dans nombre d’Églises et d’unions d’Églises évangéliques, il demeure dans la plupart des cas impossible pour une femme de devenir pasteure, membre d’un collège d’anciens, présidente d’un conseil d’administration, de même qu’il lui est extrêmement difficile de se voir proposer de prendre en charge une présidence du culte ou une prédication devant un public adulte non féminin. Ces interdits sont tantôt inscrits dans les textes officiels des Églises et unions d’Églises, tantôt soumis à une règle non écrite. Certaines églises, y compris au sein des obédiences les plus conservatrices, tentent de pratiquer une ouverture aux femmes dans leur exercice du culte et dans leur organisation interne, sans toutefois définir clairement l’enjeu de l’égalité entre les femmes et les hommes tel qu’il se pose actuellement.

Nous considérons que les quelques textes bibliques qui avancent la prétendue faiblesse ou subordination des femmes pour justifier leur éloignement des fonctions d’enseignement et de direction au sein de l’Église relèvent d’un contexte historique relatif aux anciennes sociétés patriarcales de l’Antiquité (1 Corinthiens 11, 2-16 ; 1 Timothée 2 : 9-15 ; 1 Pierre 3 : 1-7). En véhiculant des préjugés misogynes et sexistes largement partagés au sein de la Méditerranée ancienne, ces passages, nous le pensons, s’écartent du cœur de la révélation divine et de l’idéal d’une humanité intègre, pacifiée et réconciliée. Nous croyons que la bonne nouvelle du Christ, la quête du salut de l’âme, le dévouement à l’autre comme l’engagement pour le bien commun n’ont rien à faire avec une quelconque hiérarchisation des sexes ou discrimination des genres. Nous croyons que ces entraves faites à l’engagement des femmes n’ont rien de divin ni de bénéfique, ayant été forgées dans des sociétés où une vision dévoyée du masculin a pris le contrôle et imposé sa vision des choses pendant des millénaires. Nous croyons que toute conscience attentive à la justice, à l’amour, à la vie, à la liberté, ainsi qu’à la dignité des personnes, ne doit laisser aucune place à de tels préjugés.

Nous considérons cependant qu’en dépit de leur coloration patriarcale et sexiste liée à leur contexte de rédaction, les textes bibliques ont aussi gardé la mémoire de figures féminines ayant occupé une position d’autorité et assuré une fonction d’enseignement voire de direction au sein du peuple des fidèles. Nous nous souvenons de Myriam (Exode 15 : 20-21), de Déborah (Juges 4-5), de Schééra (1 Chroniques 7 : 24), d’Houlda (2 Chroniques 34 : 14-23) ainsi que de la mère du roi Lemouel (Proverbes 31) et, dans le Nouveau Testament, d’Anne, fille de Phanuel (Luc 2 : 36-38), de Priscille (Actes 18) ainsi que des filles de Philippe (Actes 21 : 8-9). Nous lisons aussi que dans la Genèse, la domination de l’homme sur la femme est une conséquence de la Chute, et non pas le dessein originel voulu par Dieu pour l’humanité (Genèse 3 :16). Le cœur de notre foi, nous le plaçons en un Dieu juste, généreux, « qui ne fait pas de considération de personnes » ni non plus de favoritisme (Deutéronome 10 :  17, Actes 10 : 34, Romains 2 : 11), qui « créa l’être humain, homme et femme, à son image »  (Genèse 1 : 27).

Oui, nous croyons que l’égalité des fidèles devant Dieu est une valeur biblique et chrétienne. Nous ne pensons pas que la position qui consiste à réserver l’autorité ou l’enseignement aux hommes soit un gage de piété ou de fidélité envers Dieu ; à notre sens, ce n’est pas son ancienneté dans l’histoire humaine qui la rendrait plus juste. S’il est vrai que l’Église doit tenir compte des dons particuliers et ne peut pas confier les mêmes missions à tout le monde, nous ne voulons cependant pas confondre l’uniformité et l’égalité. Nous considérons que dans une situation égalitaire, les différences ne sont ni prédéterminées ni irréversibles, car elles sont issues de choix libres et éclairés, en respectant les compétences réelles de chacune et de chacun.

Pour toutes ces raisons, nous présentons aux divers responsables des assemblées, aux représentants des organisations évangéliques, ainsi qu’à tout chrétien attentif au bien-être de l’Église, les requêtes suivantes.

1. La question de la place des femmes dans l’Église devrait susciter un effort de réflexion et de débat participatif soutenu dans l’ensemble des associations et des organismes relevant du protestantisme évangélique. Nous demandons que ce sujet cesse d’être un tabou, mais qu’il soit au contraire pleinement discuté et mis sur la liste des priorités dans la vie de nos Églises. Si la liberté de conscience et d’opinion demeure un principe fondamental de notre démocratie dans laquelle nos Églises existent, nous devons donc collectivement mesurer les dégâts occasionnés par le machisme, le sexisme et les discriminations envers les femmes dans nos Églises, en matière de rapports humains déséquilibrés par l’injustice, de vocations étouffées, de sincérité bafouée dans l’expression des convictions. Nous demandons que chaque responsable d’Église, favorable ou non à l’égalité entre hommes et femmes, prenne la mesure du problème en se livrant à un travail d’écoute et de discernement. Les souhaits et les aspirations des femmes et des hommes pour davantage d’égalité et de justice doivent être entendus.

2. Nous souhaitons que nos Églises engagent un travail de réflexion sur la vision de la féminité et de la masculinité qu’elles véhiculent dans leurs enseignements et leur fonctionnement. Nous espérons qu’elles pourront davantage se distancier des clichés machistes qui promeuvent encore aujourd’hui le portrait fantasmé d’une chrétienne cantonnée à une sphère dite féminine, auxiliaire de son mari, tenue à la réserve, quand ce n’est pas au silence et à la subordination. Nous aspirons à ce qu’une lecture sainement critique des textes bibliques promue dans nos assemblées puisse permettre de distinguer le bon grain de l’ivraie, entre ce qui relève d’un principe universellement valable et ce qui ne s’avère être qu’un préjugé humain.

3. Lorsqu’à l’issue de ce travail d’écoute et de réflexion, une assemblée ou une autre association évangélique déciderait d’instaurer l’égalité entre hommes et femmes dans son fonctionnement, nous estimons que son choix particulier devrait pouvoir au moins être toléré, si ce n’est pleinement autorisé par l’union d’Églises ou l’instance représentative à laquelle elle appartient. Nous demandons par conséquent que là où il en sera ainsi décidé, toutes les barrières réglementaires ou coutumières restreignant l’accès des femmes à quelque fonction que ce soit dans l’Église soient abolies. Nous demandons que les femmes qui en ont la vocation et les compétences puissent exercer la charge pastorale, la charge d’ancienne, les fonctions de prédicatrice, de présidente de culte, de même que toutes les responsabilités au sein des conseils d’administration ainsi que des conseils d’unions d’églises, au même titre que les hommes.

4. Nous avons conscience que nombre d’Églises s’attachent déjà à faire en sorte que chaque fidèle puisse s’épanouir et trouver sa juste place dans l'assemblée. Nous souhaitons que les communautés ayant choisi de faire avancer la cause de l’égalité entre femmes et hommes soient encouragées et soutenues dans leurs initiatives, que leurs idées, leurs propositions et leurs pratiques servent de modèles aux autres assemblées et associations chrétiennes.

5. Nous demandons qu’une attention accrue soit portée dans nos Églises aux questions de société dans lesquelles la dignité des femmes se trouve mise en cause, que ce soit en matière de droits civiques, de rapports conjugaux, de vie familiale, amicale et professionnelle, ou encore de sécurité matérielle, juridique et financière, d’intégrité physique comme psychique face aux risques de harcèlement et d’agression. Nous demandons un engagement franc, sincère, précis et complet des Églises évangéliques pour construire un monde où les femmes comme les hommes puissent vivre librement et dignement, dans la concorde et le respect mutuel. Nous nous engageons nous-mêmes dans notre vie de foi à lutter contre toute forme de sexisme, contre toute discrimination injuste et à promouvoir l’égalité entre femmes et hommes au sein de notre Église, dans la paix et le respect de chaque personne.

Nous croyons intimement que la place faite aux femmes dans l’Église répond à des exigences universelles de justice, de dignité et d’égalité. L’ouverture faite aux femmes ne saurait être cantonnée à une branche du christianisme ou à un courant religieux parmi d'autres ; nous affirmons au contraire qu’elle concerne toutes les Églises et unions d’Églises, et au-delà du protestantisme évangélique, toutes les assemblées de croyants qui se réfèrent au Dieu de la Bible. Nous affirmons enfin que ni la piété ni la fidélité à Dieu ne sauraient grandir sans prendre en compte ces questions de société où le besoin de justice est particulièrement vif.

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