Des moyens pour que Maison de retraite ne rime pas avec Ferme des 1000 vieux

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        (Pancarte de Pierre Nocerino*, doctorant en sociologie).             VIDEO Oui ! l'Etat prive bel et bien de leurs droits humains 1,5 millions de personnes dans les maisons de retraites de France. Il organise l'interdiction faite aux résidents de manger (10minutes de gavage pour faire ingurgiter un repas complet), de se préparer (levés-lavés-habillés en 12 minutes), d'accéder aux toilettes (port obligatoire de couche), d'être protégés (maladies nosocomiales, hospitalisation non déclenchée, risques incendie...). Vidéo disponible sur Youtube : « France 2 : Maisons de retraite, chronique d'une maltraitance ordinaire »

A l'exception de Fillon et Le Pen, les candidats se sont engagés hier (13 avril) auprès de change.org à augmenter les effectifs dans la Santé tous services et professionnels confondus.

Pour que cette augmentation soit adaptée, il faut tenir compte de la réalité du terrain. Dans les maisons de retraite, c'est d'aides-soignants qu'il manque le plus cruellement. C'est pourquoi NOUS DEMANDONS à ce que : le nombre d'Aides-Soignants en EHPAD, USLD et Maisons de retraite soit augmenté jusqu'à atteindre la barre minimale nécessaire pour que tous les résidents puissent manger en 30 minutes, se préparer en 30 minutes et se rendre aux wc à la demande, afin que des conditions de vie décentes soient rétablies.

Depuis des années notre ignorance collective nous a rendus complices, sans y avoir été invités, de ce système barbare. Ce reportage-débat qui lève le voile sur cette réalité jusqu’ici dissimulée doit nous amener à crier notre indignité d’avoir à notre corps défendant participé à cette horreur, à exprimer notre dégoût d’y avoir été associés, à réagir avec force, à vous mettre au pied du mur car, comme il le montre, dans cette nasse qui nous attend le changement ne peut pas venir de l’intérieur.

Tout en vous laissant le bénéfice du doute quant au passé, nous vous sommons de répondre à cette question cruciale, centrale à tout projet de société : en tant que candidat à la plus haute fonction de l’Etat allez-vous, maintenant que l’ignorance ne peut plus être feinte, choisir comme l’ont fait dans la plus grande hypocrisie ceux qui vous ont précédé de condamner au purgatoire  1,5 million d'entre nous ?


Signez la pétition pour que même au quatrième âge chacun ait droit à un traitement humain. ET   PARTAGEZ car un état de fait qui perdure depuis plusieurs décennies ne sera éradiqué que si TOUT LE MONDE s'y met d'une seule voix. Etre révoltés ne suffira pas pour que cessent ces atrocités inhumaines.

 

De promesses électorales en engagements non tenus, de qui qu’elle émane, la parole politique a perdu toute valeur. Pour qu’elle en reprenne, il faut aujourd’hui une forte garantie que ce qui sera dit, si nous y avons souscrit, sera fait. Une épée de Damoclès doit être prête à s’abattre sur ceux qui n’auront pas tenu parole et auront par abus de confiance et manipulation gagné nos voix. C'est pourquoi NOUS DEMANDONS AUSSI à ce que : vous nous proposiez un mécanisme de contrôle et d'action citoyens si ces engagements n'étaient pas tenus.

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1,5 million de personnes :
En 2008, les Français apprennent grâce à un documentaire sur France 2 (cf Enquête disponible sur Youtube : « Maisons de retraite, chronique d'une maltraitance ordinaire » ) suivi d'un débat avec le ministre de la santé de l'époque une vérité des plus choquantes : à fins d'économies, depuis plus de 25 ans, dans les EHPAD, USLD et les maisons de retraite les pouvoirs publics rognent les droits humains jusqu'à leur négation dans 70% des maisons de retraite.


Dans 70% des EHPAD, USLD et maisons de retraite les pensionnaires, soit plus d'1 million de personnes :

- ont 10 minutes pour manger leur repas !
Les soignants disposent de 10 minutes au maximum pour nourrir chaque pensionnaire qui a besoin d'aide pour manger.

- se voient servis leurs repas entrée-plat-dessert « tout mélangé » !
Les soignants sont contraints de faire des « panades », un mélange de tous les aliments dans la même assiette pour faire avaler le repas en 10 minutes.

- subissent chaque matin en 12 minutes tout compris !
déshabillage haut/bas/protection, lavage/rinçage/séchage, habillage haut/bas/protection, sortie de lit, installation au fauteuil et leur lit fait! 
Les ratio résidents/soignant imposent en effet une cadence de 12 minutes en moyenne par résident chaque matin. Le résident amoindri, moins réactif et qui coopère mal devient un obstacle pour le soignant qui court après la montre, un état de fait qui ouvre tout grand la porte sur la maltraitance quotidienne.

- se voient imposer l'incontinence ! 
Changer des couches prend moins de temps que d'accompagner aux WC. L'organisation institutionnalise de fait l'incontinence en obligeant le soignant à refuser l'accompagnement aux WC et le patient à renoncer à sa dignité d'adulte.

- ne sont plus protégés des maladies contagieuses à très haut risque !
Faute de moyens en personnel les pensionnaires en protocole médical d'isolement absolu prennent leur repas dans la salle commune sans que soit assurée la protection des autres pensionnaires.

- ne sont plus protégées en cas d'incendie !
Toutes les issues de secours sont fermées à double-tour chaque nuit pour permettre à seulement 2 soignants d'assurer la surveillance de 80 résidents. Le soignant doit se résigner à l'idée d'abandonner les pensionnaires aux flammes en cas d'incendie. 

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Suite à l'émoi national suscité par ce reportage, et fort de celui-ci, la société civile à travers les associations a en 2008 solennellement demandé au gouvernement de prendre la mesure d'urgence qui s'imposait : ré-étoffer les effectifs en Aides-Soignants pour rétablir les droits fondamentaux dont les résidents sont floués et les conditions d'un travail humain pour les soignants. Notamment au minimum le droit à :

- 30 minutes pour manger son repas même lorsque c'est un soignant qui nourrit le pensionnaire
- un repas servi entrée-plat-dessert séparés et non « tout mélangé »
- une aide de 30 minutes pour se préparer le matin (déshabillage, lavage, habillage, installation au fauteuil, faire le lit).
- l'accompagnement aux WC à la demande pour qui n'est pas incontinent
- un protocole d'isolement des malades contagieux à haut risque respecté
- des issues de secours ouvertes pour les risques d'incendie

Aujourd'hui en 2017, une quasi décennie plus tard, le ratio résidents/soignant s'est encore aggravé. La politique d'économies aveugles, qui reste la seule boussole des décideurs politiques dans leur impunité, entraîne des conditions de vie toujours aussi horribles mais pour un nombre plus important de victimes (2 millions de personnes à l'horizon 2020). L'Etat continue d'économiser sur le minimum vital, de chosifier les êtres humains et d'imposer un travail inhumain aux soignants.

Comment et pourquoi en sommes-nous restés là ?  La réponse tient dans le fait que cela a été fait sans nous en informer. Nous pensions que la société prenait en charge de façon humaine nos dernières années de vie alors que c'est l'argent roi qui gouverne en sous-main. Les politiques se plient à ses injonctions en renonçant à un système dans lequel les droits fondamentaux prévaudraient. De plus, lorsque cette réalité devient apparente les pouvoirs publics prétendent que cela ne concerne que quelques établissements (dans la vidéo la ministre de la santé ne nie à aucun moment que cela concerne 70% des établissement), que c'est dû à une carence en formation des personnels, aux actes individuels de certains soignants et à un désengagement des familles. On occulte la contrainte des cadences intenables qui font du résident amoindri, moins réactif et qui coopère mal, un ennemi du soignant, renvoyant chacun à son isolement et à un sentiment de responsabilité individuelle. 

La bonne volonté des soignants ne peut rien à cette maltraitance institutionnalisée. Piégés ensemble dans une cadence qui proscrit tout rapport humain, les résidents n’ont aucun moyen pour faire valoir leur dignité, de sensibiliser à leur souffrance des soignants robotisés auxquels une organisation productive du travail ne laisse aucune latitude au moindre ralentissement.

Les espaces de communication famille-personnel qui dévoileraient le pot aux roses et risqueraient de créer une solidarité soignants-familles n'existent pas.

Les carences de notre république ont permis sur près de 30 ans de priver de leurs droits fondamentaux plusieurs millions de personnes. Les décideurs s'arrogent le pouvoir de mettre en place sans notre consentement des conditions de vie inhumaines et excluent tout moyen de recours.

Devant pareil bilan, transcendant les milieux sociaux, les appartenances politiques, la couleur de peau et les croyances religieuses, tous concernés, nous attendons de vous :

que vous vous engagiez haut et fort à : 

  • ré-étoffer les effectifs en Aides-Soignants dans les EHPAD, USLD et maisons de retraite jusqu'à rétablir les droits fondamentaux dont les résidents sont floués et les conditions d'un travail humain pour les soignants (cf : droits listés ci-dessus)
  • que dès aujourd'hui vous nous proposiez un mécanisme de contrôle et d'action citoyens si ces engagements n'étaient pas tenus.

Sachez qu'en tant que citoyens nous déterminons notre vote sur l'ensemble d'un programme, mais celui d'entre vous qui ne s'engagera pas sur ces deux points ne pourra compter sur notre voix.

Signez la pétition pour que même au quatrième âge chacun ait droit à un traitement humain. Et  PARTAGEZ car un état de fait qui perdure depuis plusieurs décennies ne sera éradiqué que si TOUT LE MONDE s'y met d'une seule voix.

(On peut aussi lire la pétition du Dr Jasicki, "Maison de retraite : seulement 12 minutes pour être levé, lavé et habillé !!!")

* : Travaux de Pierre Nocerino : 
(Avec L. Mazé), « Comprendre la gestion de l’autonomie en EHPAD», Lettre de l’Observatoire des Retraites, n°22, décembre 2015, p. 3-14. (Version HTML)
« Transferts de responsabilité. La production sociale de l’autonomie en EHPAD », Mémoire de Master 2, sous la direction de C. Lemieux, Paris, 2014.



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