Trop, c'est trop dans les quartiers populaires !

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Lettre ouverte à tous les partenaires institutionnels, signataires du contrat de ville

« Trop c’est trop ! »

Mesdames, Messieurs,

Nous, habitant(e)s, acteurs associatifs des QPV crions haut et fort notre colère sur le traitement que nous subissons d’année en année, et qui ne fait qu’aggraver les inégalités.

Mesdames, Messieurs, aujourd’hui, trop c’est trop !

-       Trop c’est trop sur la situation économique des habitants qui se dégrade fortement sans parler des problèmes de logement ;

 -       Trop c’est trop pour les jeunes qui sont de plus en plus en défiance, en déviance, en errance, en désespérance et en souffrance ;

 -       Trop c’est trop quand la participation citoyenne est exclusivement réduite aux Conseils Citoyens qui ne représentent qu’eux-mêmes ;

 -       Trop, c’est trop quand on oublie que les habitants qui s’organisent en association pour agir sont bénévoles et qu’on les assigne aux mêmes exigences qu’une association de salariés au lieu de les accompagner ;

 -       Trop c’est trop quant à la pseudo« cohésion de territoire » ! Les relations se sont tellement dégradées que les petites rivalités sont remplacées par une guerre de places et de légitimité entre certains acteurs dits « professionnels » et les habitants. Les mises en concurrences sont à leur apogée en termes de violences, sans cesse alimentées par les diminutions drastiques des subventions et par des appels à projets. Certains vont même jusqu’à prendre en otage ‘‘LEURS’’ publics en leur déconseillant fortement d’aller sur telle association ou telle autre !

 -       Et enfin trop c’est trop et très grave : l’état des relations avec les institutions. Elles n’ont plus grand-chose à voir avec des relations partenariales constructives.  Aujourd’hui elles sont entachées de doutes, de suspicions, de contrôles et de tris sélectifs totalement arbitraires. Fini les espaces où nous confrontions nos idées, nos doutes, nos interrogations…Les seules espaces où nous sommes dans un semblant de cohésion (avec très peu de présents malheureusement)sont les quelques réunions de « quartier » dans lesquelles nous sommes devenus des experts du post-it !!

 Alors oui, Mesdames, Messieurs, aujourd’hui trop c’est trop ! Les QPV sont de véritables « cocote minute »  sous pression, mais pour combien de temps ?

 Vous êtes à mi-mandat du contrat de ville ! Elles sont où les belles orientations sur le fameux « vivre ensemble » alors que nous entendons dans une réunion publique des propos discriminatoires sur les « immigrés et les femmes voilées » sans aucune réaction des représentants des institutions présents ?

 Elles sont où les belles orientations du contrat de ville de construire une cohésion de territoire quand on apprend par « la bande » qu’une association d’un autre quartier a été retenue pour venir s’installer dans les locaux d’un des 2 centres sociaux sur le quartier ? Même pas une réunion d’information ! Nous sommes mis devant le fait accompli alors que bon nombre d’associations du quartier ont des problèmes de logement.

Aujourd’hui, nous disons stop ! Nous refusons d’être réduits à ce traitement spécifique. Les QPV sont avant tout des espaces de vie où se développent chaque jour des dynamiques citoyennes, des initiatives innovantes et des actes de solidarité encore faut-il se donner les moyens d'écouter enfin la voix de ceux qui subissent ces inégalités au quotidien.

 Mesdames, Messieurs, nous vous avions déjà interpellé lors des Assises de la politique de la Ville d’avril 2015 et puis à celles de décembre dernier pour vous faire une proposition. Aujourd’hui, nous vous interpellons à nouveau car nous sommes tous confrontés à une urgence sociale. Mais c’est aussi l’interpellation de la dernière chance, tant pour les QPV que pour vous. Car rappelez-vous, vous avez pris  l’engagement public de réduire les inégalités par la signature du contrat de ville ! Il ne vous reste que 2 ans pour atteindre cet objectif ! C’est pour cela nous renouvelons notre appel lancé en décembre 2017….

Mesdames, Messieurs, tout seuls et en tant que pouvoirs publics, vous n’y arriverez pas. Pour preuve, en 40 ans de la politique de la ville (que certains célèbrent) la dégradation sociale continue de faire des ravages. Pas plus que nous, habitants et acteurs, de notre côté. S’il est effectivement indispensable de se réunir pour répondre aux urgences auxquelles nous faisons face, il est souhaitable que le débat ne se restreigne pas aux cercles de « gens autorisés » comme disait Coluche, mais qu’il soit élargi à l’ensemble des habitants, des acteurs qui détiennent une véritable expertise d’usage. Cela suppose au préalable une mise à plat des missions et actions de chacun, et surtout d’une réelle évaluation !

C’est vraiment la mobilisation de tous, habitants, collectifs, associations de proximité… adossée à une réelle volonté politique, en termes de moyens, qui « annulera » toutes les inégalités sociales (et pas seulement les réduire !) et rétablira une véritable justice sociale pour tous.

Nous vous demandons d’organiser une table ronde en urgence….La balle est de votre côté !

 Toulouse, le 28 juin 2018

 Signataires : Nicky TREMBLAY – Zohra SLIMANE – Lakhdar GHEZZALI…..



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