Propos inacceptables du Professeur Perronne : l'ordre des médecins doit réagir

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Nathan PEIFFER-SMADJA
Nathan PEIFFER-SMADJA a signé la pétition

Nous interpellons le Conseil National de l’Ordre des Médecins sur les propos inacceptables du Professeur Perronne, chef du service de maladies infectieuses à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris. Celui-ci affirme que « 25 000 morts » auraient pu être évités en France si la combinaison hydroxychloroquine et l’azithromycine avait été prescrite massivement. Il poursuit en prétendant que le service de maladies infectieuses du CHU de Nantes et les médecins de l’hôpital auraient « laissé crever son beau-frère ». Christian Perronne accuse ainsi directement, à de multiples reprises, sans aucune retenue ni preuve médicale ou scientifique, des collègues médecins d’avoir refusé de prescrire un traitement et laissé « crever » des gens du fait d’intérêts financiers, entretenant ainsi l’idée que ses collègues sont des « criminels » au service de l’industrie pharmaceutique.
 
Par exemple, sur Sud Radio le 16/06 (https://www.youtube.com/watch?v=crbITXQTo24&feature=youtu.be il tient les propos suivants (21:32) :
Christian Perronne : « Les sociétés savantes ils sont complètement corrompus (…) C’est de la véritable corruption qui a plongé des dizaines de milliers de français dans la mort, faut pas avoir peur des mots, il y a eu près de 30 000 français qui sont décédés, quand on regarde les résultats de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine dans beaucoup de pays qui l’ont fait systématiquement dès les premiers jours dans les formes pas trop sévères, il y a eu très peu de morts c’est-à-dire qu’on aurait pu éviter à mon avis environ 25 000 morts en France »
 
Dans C News le 18/06 (https://www.youtube.com/watch?v=j_oR4gXc4WA il déclare (6 :57) :
Christian Perronne : « J’ai perdu mon beau-frère parce qu’il était hospitalisé à Nantes (…) Il aurait pu être sauvé par le traitement (…) ils ont laissé crever mon beau-frère »
M. Morandini : « Quand vous dites ils ont laissé crever mon beau-frère, c’est qui « ils » ? »
Christian Perronne : « Bah, les médecins de l’hôpital, ils l’ont pas soigné »
M. Morandini : « vous savez que c’est passible de diffamation, dire de médecins « ils ont laissé crever mon beau-frère ? », c’est passible de diffamation ? »
Christian Perronne : « parce qu’ils ont pas traité, ils ont refusé un traitement »  
 
Non seulement ces propos sont scandaleux, inacceptables et totalement faux, médicalement et scientifiquement, mais ils contreviennent au code de déontologie médicale et au code de la santé publique. En effet, de tels propos, tenus par un professeur de médecine, chef d’un service hospitalier, sont à même d’attiser la haine du public envers les médecins visés et mettent en danger des collègues, exposés à la vindicte populaire sur la base d’arguments fallacieux.

Il est très clair que rien ne permet à ce jour d’affirmer que l’utilisation de l’hydroxychloroquine aurait permis de sauver 25 000 personnes d’un décès lié à la COVID-19 en France.
Les dernières données des essais randomisés testant l’hydroxychloroquine aussi bien en prophylaxie (c’est-à-dire en prévention), qu’à l’hôpital, ne montrent aucun bénéfice de ce traitement (Boulware et al. A Randomized Trial of Hydroxychloroquine as Postexposure Prophylaxis for Covid-19. NEJM, communiqué de presse d’un large essai clinique en prophylaxie en Espagne https://www.sciencemag.org/news/2020/06/three-big-studies-dim-hopes-hydroxychloroquine-can-treat-or-prevent-covid-19 communiqué de presse de l’essai Recovery au Royaume-Uni https://www.recoverytrial.net/news/statement-from-the-chief-investigators-of-the-randomised-evaluation-of-covid-19-therapy-recovery-trial-on-hydroxychloroquine-5-june-2020-no-clinical-benefit-from-use-of-hydroxychloroquine-in-hospitalised-patients-with-covid-19). De nombreux articles ont montré le risque de l'association hydroxychloroquine + azithromycine pour les patients et sa toxicité notamment cardiaque qui peut être très grave (Rosenberg et al. Association of Treatment With Hydroxychloroquine or Azithromycin With In-Hospital Mortality in Patients With COVID-19 in New York State. JAMA, Mercuro et al. Risk of QT Interval Prolongation Associated With Use of Hydroxychloroquine With or Without Concomitant Azithromycin Among Hospitalized Patients Testing Positive for Coronavirus Disease 2019 (COVID-19). JAMA Cardiol.). La première méta-analyse (analyse combinée de multiples études) de grande ampleur qui inclut 15,081 patients dans 16 études à travers le monde ne montre aucun effet de l’hydroxychloroquine avec ou sans azithromycine sur la mortalité liée à la COVID-19 chez les patients hospitalisés (https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.06.17.20133884v1)

D’une part, les données s’accumulent donc pour montrer que l’hydroxychloroquine avec ou sans azithromycine ne marche pas et que cette association est potentiellement toxique et d’autre part, aucune étude réalisée en dehors de l’hôpital à ce jour ne laisse penser que l’hydroxychloroquine avec ou sans azithromycine diminuerait la mortalité des patients ou leur risque d’hospitalisation. Les affirmations de Christian Perronne sont à ce jour sans fondement.
 
Il nous semble par conséquent que Christian Perronne contrevient à l’article 39 du code de déontologie médicale (article R.4127-39 du code de la santé publique) qui stipule que « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. ». De même, ces propos ne tiennent pas compte de l'article 13 du code de déontologie médicale (article R.4127-13 du code de la santé publique) qui rappelle que "lorsque le médecin participe à une action d'information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu'en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public.". Tous ces éléments sont à même de déconsidérer la profession de médecin, ce qui est contraire à l’article 31 (article R.4127-31 du code de la santé publique) : « Tout médecin doit s'abstenir, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci. ». 
 
De plus, Christian Perronne bafoue l’article 56 du code de déontologie médicale (article R.4127-56 du code de la santé publique) qui stipule que « Les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité. Un médecin qui a un différend avec un confrère doit rechercher une conciliation, au besoin par l'intermédiaire du conseil départemental de l'ordre. Les médecins se doivent assistance dans l'adversité. ». Christian Perronne n’a en effet pas cherché une conciliation par l’ordre mais a préféré accuser directement sur les chaînes de télévision publique des collègues médecins d’avoir « laissé crever » quelqu’un.
 
Enfin, ces propos nous semblent indignes vis-à-vis des victimes et des familles de victimes de la COVID-19 et nous rappelons l’article 2 du code de déontologie médicale (article R.4127-2 du code de la santé publique) : « Le médecin, au service de l'individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. Le respect dû à la personne ne cesse pas de s'imposer après la mort. »
 
Nous demandons instamment au Conseil National de l'Ordre des Médecins de réagir en urgence en condamnant les propos de M. Perronne, et en le convoquant afin qu’il s’explique et rende des comptes.