Modification des modalités de l'épreuve du baccalauréat pour la spécialité SES

Modification des modalités de l'épreuve du baccalauréat pour la spécialité SES

0 a signé. Prochain objectif : 200 !
Quand elle atteindra 200 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Zohra ELBADRI a lancé cette pétition adressée à Les enseignants des SES et à

Madame, Monsieur,

Nous écrivons ce texte  pour vous témoigner notre inquiétude au sujet des épreuves du baccalauréat du mois de Mars. En effet cette échéance arrive à grand pas, or beaucoup d'entre nous ont encore peu avancé dans le programme et estiment donc que nous n'aurons pas couvert les huit chapitres au mois de Mars.

La première cause est la réforme et son planning. Elle a en effet conduit à maintenir un nombre important de questionnements et d'objectifs d'apprentissage à traiter mais ils doivent être diffusés dans un délais beaucoup plus court. A côté d'eux nous devons aussi préparer la méthodologie des épreuves ainsi que des objectifs d’apprentissage concernant l’utilisation des données quantitatives et des représentations graphiques. Or les heures en demi groupe et en AP qui étaient très utiles pour travailler sur ces points ont été retirées. Nos heures de cours doivent être consacrées à donner des informations sur ParcourSup et à préparer le grand oral (dont on ne sait toujours quasiment rien) ce qui nous fait perdre du temps pour faire cours. Nous sommes donc contraints de nous précipiter. Or les élèves ont besoin de plus de temps pour apprendre et cela néglige leur apprentissage.

La deuxième cause est les répercussions du confinement. Nos élèves de terminale ont vécu l'an passé une bonne partie de leur année scolaire confinés et sous l'enseignement en distanciel. Si cela a permis de maintenir la diffusion des savoirs, ce mode d'enseignement n'est pas aussi satisfaisant qu'un vrai cours. Il contribue à généraliser les cours magistraux et à la diffusion de cours directement photocopiés aux élèves. Il permet donc peu de fonctionner comme un vrai cours en séparant un moment de recherche autonome de la part des élèves suivi de l'apprentissage de la théorie puis de sa mise en pratique sous la forme d'exercice pour vérifier si les élèves l'ont bien acquise. Il nous empêche aussi de voir les réactions de nos élèves et de saisir pleinement s'ils comprennent le cours. De plus dans les milieux populaires, les élèves ne disposaient pas tous d'un vrai matériel et d'un espace individuel calme pour assister correctement aux cours. Beaucoup de nos élèves sont donc passés en terminale sans les bases de la classe de première et ont donc des lacunes que nous devons combler et qui rallongent ce que nous devons diffuser en classe. C'est d'autant plus vrai que le programme de terminale s'appuie aussi sur celui de seconde. Or nos actuels élèves de terminale étaient en seconde sous le programme de l'ancienne réforme. Nous devons donc par certains moments aussi expliquer des choses qui n'ont pas été acquises en seconde. 

La troisième cause est la réalité sanitaire actuelle. La nécessité d'être isolé en tant que cas contact peut aussi nous conduire à être régulièrement absent comme nos élèves. Ceci contribue aussi à nous faire perdre de nouvelles heures de cours et à dégrader leur apprentissage. Dans certains établissements, les heures de cours vont être dédoublées mais sans avoir embauché de professeurs supplémentaires. Nous allons donc voir deux fois moins nos élèves et donc moins pourvoir leur diffuser de savoirs. De plus la menace de repasser en enseignement distanciel se fait également sentir et aura pour les mêmes raisons que nous avons données précédemment des répercussions négatives sur l'apprentissage des élèves.

Enfin l'actualité et l'assassinat de notre collègue nous conduit aussi à prendre un temps important avec nos élèves pour rappeler les fondamentaux de notre république et réfléchir aux causes de cette situation et à ces conséquences pour qu'elle ne se reproduise plus. Or ces temps d'échange essentiels nous font perdre des heures de cours pour terminer le programme.

Compte tenu de tous ces points, nous n'arrivons pas à faire notre travail correctement et nous et nos élèves sommes stressés et inquiets par rapport aux épreuves de Mars. Nous avons déjà songé à revendiquer un allégement du programme mais le fait que chaque collègue puisse déterminer par lui même l'ordre dans lequel il traite les différents chapitres du programme nous empêche de pouvoir défendre cette solution. Nous estimons toutefois qu'il faudra y songer l'an prochain avant la reprise des cours. Nous demandons donc :

- Le maintien d'une épreuve écrite sur les huit chapitres au programme mais décalée au mois de Juin pour que les élèves soient correctement préparés
- La suppression du grand oral
- Un allègement des programmes pour l'année prochaine
- Une hausse du recrutement des professeurs pour favoriser des dédoublements et agir sur les inégalités scolaires liées à l'origine sociale et accrues par le confinement
- Une hausse des DGH pour favoriser un retour des heures de cours dédoublées et des heures d'AP.

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