Migrants : signez l’appel de Sant'Egidio aux candidats à la présidence de la République

Migrants : signez l’appel de Sant'Egidio aux candidats à la présidence de la République

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Quand elle atteindra 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !

Communauté de Sant'Egidio a lancé cette pétition adressée à Aux candidats à l'élection présidentielle française de 2022

La question migratoire est un enjeu d’humanité et ne doit pas être instrumentalisée dans la campagne présidentielle. Comme l'a rappelé le pape François depuis le camp de réfugiés de Lesbos, au quatrième jour de son récent voyage à Chypre et en Grèce, « Des personnes et des vies humaines sont en jeu ! » et « le repli sur soi et les nationalismes – comme l’histoire nous l’enseigne – mènent à des conséquences désastreuses ». C'est pourquoi la Communauté Sant’Egidio a lancé le 7 décembre 2021 dans l'hebdomadaire La Vie l'appel ci-dessous aux candidats à la présidentielle de 2022. Comme les 60 personnalités co-signataires de cet appel, signez vous-aussi pour que sécurité et solidarité ne soient plus opposés.

« Le ou la futur(e) président(e) de la République aura à répondre, durant les cinq prochaines années, à plusieurs défis globaux, parmi lesquels la question migratoire. La polarisation extrême de la campagne électorale actuelle, réduisant les migrations à une menace, augure mal de l’avenir. La peur est mauvaise conseillère. L’entreprise de déshumanisation des migrants atteint un paroxysme, allant jusqu’à leur instrumentalisation dans le cadre de rapports de force internationaux aussi bien qu’au service d’intérêts privés malveillants.

Lucidité
Le trafic des passeurs ou les pratiques de certains États exploitant sans vergogne, au prix de nombreuses vies, les flux migratoires doivent être dénoncés et affrontés. Mais ce combat est perdu d’avance s’il est mené avec les mêmes armes déshumanisantes et si l’on continue à présenter les migrants comme un danger pour nos sociétés, nos modes de vie, nos économies.

Nous appelons les gouvernants à la lucidité. Le refoulement des migrants aux frontières de l’Europe, comme on peut le constater notamment entre la Biélorussie et la Pologne, est contraire aux règles internationales dont nous nous sommes dotés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; en outre, il n’arrête en rien les passeurs mais justifie en quelque sorte leurs pratiques en les reproduisant. Le confinement de l’Europe derrière un nouveau rideau de fer, de barrières juridiques et de surveillance policière est contraire aux valeurs, mais aussi aux intérêts de notre continent vieillissant, dont les besoins considérables en main-d’œuvre dans les prochaines années sont scientifiquement établis.

À Calais, la France expérimente chaque jour les effets délétères de « l’externalisation » de la gestion migratoire qu’elle subit de la part de la Grande-Bretagne, mais qu’elle impose elle-même, avec toute l’Europe, aux pays d’entrée que sont l’Espagne, l’Italie et la Grèce (en raison du règlement de Dublin). Cette externalisation affaiblit gravement l’Union dans sa solidarité interne comme dans l’équilibre de ses relations avec les pays tiers.

Courage
Comment sortir de l’impuissance et de la déshumanisation ? Nous appelons les gouvernants au courage. Les camps comme celui établi sur l’île grecque de Lesbos, les barbelés des forêts de Biélorussie ou de Bosnie, ne sauraient être le seul visage de l’Europe pour les « damnés de la terre » qui se tournent vers nous avec espérance. Seule une intégration rapide et active dans nos sociétés de cette jeunesse venue d’ailleurs, afghane, syrienne ou africaine, peut être un gage de croissance et de sécurité pour tous : une telle ambition ne peut être repoussée par calculs électoraux. Pour le dire avec les mots du pape François, « le vrai courage est le courage de la compassion ».

De nombreux citoyens se sont mobilisés à travers l’initiative des couloirs humanitaires lancés par Sant’Egidio et des partenaires œcuméniques en 2015, vers l’Italie puis la France et d’autres pays européens. Grâce à cette initiative, 5000 réfugiés ont déjà pu échapper aux passeurs et trouver un accueil et un accompagnement vers l’intégration. Il existe, dans nos sociétés européennes, une réserve d’humanité mobilisable, soucieuse d’exprimer sa solidarité concrète et qui n’a pas peur.

Mémoire
La peur n’a pas toujours oblitéré l’agir politique, si l’on veut bien se souvenir de la grande mobilisation de la fin des années 1970 lorsque la France accueillit, en pleine période de crise économique, près de 130 000 boat people vietnamiens et cambodgiens. Nous en appelons donc aussi à la mémoire. La paresse intellectuelle, le manque de courage, l’oubli de nos valeurs humanistes sont la véritable menace qui pèse sur l’avenir de notre pays.

Nous demandons à celui ou à celle qui veut gouverner la France une décision de mobilisation du meilleur de notre société au service d’une vision d’intégration et de paix. Il en va de la survie de notre démocratie, menacée par la culture des murs, du suspect et de la défiance. La France a besoin de retrouver courage et confiance. »

 

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