Pétition fermée

La gauche d'après : faire battre le coeur d'une France résolument insoumise

Cette pétition avait 252 signataires


Que le réveil fût difficile ! Quinze ans après l’arrivée l’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle, les électeurs français ont placé Emmanuel Macron et Marine Le Pen en tête du scrutin. Les deux prochaines semaines seront donc le théâtre d’un affrontement entre un projet « postpolitique » récusant toute forme de conflictualité et les velléités identitaires d’un parti qui cherche à remplacer la nation politique par la nation ethnique.

Faire barrage à l’extrême-droite est un impératif républicain. Le Front National –fondé par d’anciens collaborateurs comme le milicien François Brigneau (ancien Vice-Président du parti) ou le « volontaire français » et ancien membre de la division Charlemagne Pierre Bousquet (premier Trésorier du parti) – reste et restera toujours un ennemi de la République. Mais pour renvoyer durablement l’extrême-droite dans les poubelles de l’Histoire, la dénonciation du péril brun n’y suffira pas.

Assurément l’avenir que nous propose Emmanuel Macron n’est pas le notre. Nous refusons de devenir des « particules élémentaires » dont la citoyenneté n’existera qu’au travers notre place sur le Marché. Candidat des forces de l’argent – celui qui « pourrit jusqu’à la conscience même des hommes » [1] – l’instigateur de la politique économique désastreuse du quinquennat qui s’achève se pose en défenseur d’un ordre ancien et profondément conservateur.

Face à la règle brune de l’extrême-droite, face à la règle d’or des technocrates, une alternative à gauche est plus que jamais nécessaire. Elle est à portée de main. Les résultats du premier tour en témoignent. Plébiscités par la jeunesse du pays (plus de 40% des voix des 18/24 ans à eux deux) Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon ont dessiné les contours de ce que sera la gauche de demain. Une gauche populaire et écologique qui ne se reconnaît pas dans les vieux appareils partisans. D’ici peu elle prendra son envol.

La période qui s’ouvre sera celle de tous les combats. Ces luttes auront besoin d’un puissant relais parlementaire. Les plus de neuf millions d’électeurs qui ont votés pour rompre avec le modèle politique et économique de l’ancien monde ne peuvent être les victimes du scrutin majoritaire à deux tours. Face à la cure d’austérité qui s’annonce, la constitution d’un groupe parlementaire de gauche à l’Assemblée Nationale est indispensable. Regardons ensemble vers l’avenir. Dès aujourd’hui nous lançons un appel aux candidats investis en vue des prochaines élections législatives. Socialistes, communistes, écologistes, insoumis ou militants de la justice sociale, nous avons le devoir de nous retrouver autour d’une plateforme commune – premier pas vers la création d’une nouvelle force politique de gauche à vocation majoritaire. Le chemin ne sera pas facile, il faudra dépasser la déception de la défaite et les rancœurs du passé mais face au péril néolibéral que représente la perspective d’une présidence d’Emmanuel Macron nous n’avons d’autre choix que d’imaginer les voix du rassemblement.

Nous n’avons pas gagné cette élection mais pour la première fois depuis 10 ans –au détriment notamment de l’extrême-droite – la gauche a imposé plusieurs de ses thèmes : justice sociale, urgence écologique, réformes des traités européens, droit du travail, égalité entre les sexes, … Nous voulons voir dans les scores cumulés des candidats de gauche, dans l’engouement retrouvé de la jeunesse et dans le formidable espoir qui a soulevé le pays ces dernières semaines, le point de départ de la gauche d’après, celle qui, dès le 8 mai au matin, fera battre le cœur d’une France résolument insoumise.

 

D’ici là puissions-nous méditer la leçon d’Aragon.

 

« Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas

Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas

Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas


Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas

Répétant le nom de celle qu’aucun des deux ne trompa

Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat


Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas

Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il aima

Pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat »

 

La Rose et le Réséda, Louis Aragon

 

 

Jean Belloc - Thomas Bouyssonnie - Marine Raffini

 

 

[1] François Mitterrand, Congrès d’Épinay-sur-Seine, juin 1971



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