Le droit à la protection des victimes et témoins

Le droit à la protection des victimes et témoins

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Ana BOUTTIER a lancé cette pétition adressée à le gouvernement

Une voix peut sauver une vie, stop aux violences conjugales

J’ai été témoin d’une violence conjugale. J’ai vu une agression devant ma porte, dans ma résidence. J’ai entendu le cri d’une femme hurlant pour faire reculer la mort. J’ai eu peur devant cet homme qui frappait sa femme alors qu’elle était à terre. Je l’ai vu la trainer sur le sol froid, sans tee shirt pour couvrir sa poitrine, elle avait 19 ans, mon âge, elle connaissait bien la situation, elle avait l’habitude d’affronter la mort. Jusque là, elle a réussi à la repousser, mais qu’est ce qu’il se passera le jour où la mort prendra le dessus ? Est ce que tous les habitants de cette résidence auront la conscience tranquille ? Est ce que chaque citoyen aura fait son devoir en France et sera venu au secours d’une femme, ou d’un homme battu ? Est ce que la Police aura la conscience tranquille en ayant imaginé leur fille ou leur fils frappé à mort dans un couloir ou dans une salle de bain ? Est ce que la Police saura bien aiguiller les victimes comme les témoins ? Je connais la réponse, je l’ai expérimenté. Il faut « espérer » qu’il ne m’agresse pas à mon tour, c’est ce que la policière m’a dit, j’ai 19 ans et je n’ose même plus aller jeter ma poubelle à l’endroit où j’ai vu l’agression.

En 2019, 146 femmes ont été tuées sous les coups de leurs compagnons, 27 hommes eux aussi sont morts sous les coups de leurs compagnes, 25 mineurs sont également morts tués par un des deux parents antérieurement à des violences dans le couple. Selon l’étude nationale sur les morts violentes au sein d’un couple, année 2019 du Ministère de l’intérieur, 84 % des morts dans un couple sont des femmes. Qu’allons nous faire ? Appeler le 3919 quand on est victime ou un témoin et que l’on veut se protéger ? Envoyer un SMS au 114 pour signaler un danger ? Allons nous avoir le temps, le courage de porter plainte sachant que notre agresseur peut ne pas être inquiété par la Police si il ne frappe pas en plein visage laissant derrière lui un bleu ? Ou que l’agresseur peut aisément nous retrouver si la Police ne nous protège pas.

Le gouvernement nous dit « Réagir peut tout changer » (arretonslesviolences.gouv.fr), « Respectez la volonté de la victime et ne prenez pas de décision à sa place », mais ne respectons pas la victime si l’on pouvait en tant que témoin appeler ou porter plainte dans une gendarmerie ou police ? Si l’on pouvait protéger une victime, nous en tant que témoin ? Si un motard conduit sans casque, il est hors la loi, mais c’est son droit à la liberté individuelle, il décide de vivre ou de mourir mais il est quand même obligé de le porter. Une victime est souvent dans un cercle vicieux, elle est soumise qu’elle soit une femme ou un homme battu, ils ne portent pas de casques et on les laisse mourir. Les opposants à mon résonnement pourrons dire qu’elle a le droit de décider de rester avec son agresseur que ce n’est pas en tant que témoin que l’on peut porter plainte à sa place. Dans ce cas pourquoi le motard serait obligé de porter son casque ? Si la liberté individuelle est si importante alors pourquoi il est dans l’obligation de suivre la loi ? Parce que l’État juge que sa protection va au-delà de son droit de liberté, alors quelle est la différence entre un motard et une victime ? Pourquoi le gouvernement ne protège pas ses citoyens ou résidents victimes d’agression ?

En moyenne, 7 femmes sur 10 déclarent avoir subit des violences répétées, 8 femmes sur 10 déclarent avoir été soumises à des violences psychologiques ou des agressions verbales, selon le gouvernement, 18 % de ces femmes ont porté plainte. Seulement 18 %, que font les 82 % restant ? Sont-elles mortes sans la protection de l’État ?

Aujourd’hui en 2021, les victimes sont laissées pour mortes, les femmes comme les hommes sont abandonnés à leur sort. La loi les protège uniquement si elles portent plaintes et sans l’assurance que l’agresseur sera réellement punit par la loi. Le #metoo et #balancetonporc libèrent la parole des victimes, aujourd’hui celui de #metooinceste permet aux victimes de se libérer d’un poids. Le délai de prescription étant de 30 ans, les victimes ne peuvent pas non plus se battre pour la justice. Ces hashtags parlent du post-agressions, mais quand est il du pré-agression, de la prévention ? Qui a eu de la prévention contre les violences conjugales dans notre pays ? On ignore les agressions jusqu’à ce que les victimes n’en peuvent plus de vivre dans la peur, la culpabilité, l’angoisse.

En tant que témoin d’une agression, j’ai appelé la police, j’ai donné mon adresse je leur ai dit que j’avais peur, qu’ont ils fait ? Rien. La victime est entrée chez moi, a pris le téléphone très mécaniquement et dit à la Police de ne pas venir. L’agresseur a vu où j’habitais, il a sonné et toqué, il est venu. Il a ensuite envoyé la victime pour arrêter les démarches que j’avais enclenché. En plein partiel, j’étais en état de choc. J’ai 19 ans je suis en L1, j’ai cru que j’allai mourir, qu’elle allait mourir sous les coups de son compagnon. Je me suis calmée et je me suis dirigée vers le commissariat le plus proche de chez moi. Je suis allée expliquer ce qu’il s’est passé et ma peur. J’ai demandé mes droits, ses droits à elle, ce que je pouvais faire pour la protéger elle. La policière m’a dit que je ne pouvais rien faire, que seulement la victime pouvait porter plainte, qu’une main courante ne servirait à rien. Que je devais juste espérer ne pas être agressé. Dans quelle société vivons nous ? La France parle de Liberté, d’Egalité, de Fraternité. La fraternité, la sororité se voient alors interdit par la loi. Je veux protéger une femme, qui souffre, qui est jeune, qui est piégée et en danger mais je ne peux rien faire. Sororité, Fraternité n’ont alors plus aucun sens. J’ai peur, quand je rentre dans ma résidence, j’ai peur, quand je vais jeter la poubelle, j’ai peur quand je suis dans le couloir j’ai peur. Quand je regarde l’emplacement de l’agression je revois la scène. La nuit je fais des cauchemars, au moindre bruit je sursaute, j’ai 19 ans et j’ai peur. Je vis dans 16m2, j’ai des voisins dont un qui est un agresseur, je vis près de chez lui, il sait qui je suis.

Après le plan Covid pour lutter contre les violences conjugales, je suis les demandes de l’État, je préviens les forces de l’ordre du danger, je leur dis qu’une femme souffre, mais eux ne font rien. Croyez moi, j’espère qu’il ne viendra pas m’agresser, j’espère de tout mon coeur que cette femme trouvera la force et le courage de se libérer, de se protéger de ce monstre, mais elle devra le faire seule, isolée sans aide du gouvernement.

Il faut laisser les témoins porter plainte, il faut les laisser protéger les victimes, empêcher les morts de ces hommes et de ces femmes. Je voudrais que le gouvernement et la secrétaire d’État pour l’égalité homme femme, Marlène Shiappa changent la loi. Je voudrais que toutes les victimes de violences conjugales soient protégés. Je suis jeune mais j’ai vu. J’ai vue la mort, la mienne et la sienne. Il est intolérable pour moi de collaborer avec cet agresseur et de la laisser survivre seule. Il faut changer cette loi, le témoin est aussi, à moindre échelle une victime, je suis traumatisée par cette scène, je m’en souviendrai toute ma vie. J’ai 19 ans et je veux que toutes ces victimes peut importe leur sexe ou genre soient en sécurité. Juste en sécurité comme le gouvernement le promet. Il faut dénoncer. Il faut porter plainte pour aider ces victimes. Il faut agir, signez cette pétition.

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