La revalorisation du point sur nos salaires qui sont gelés depuis 6ans!!!

0 a signé. Allez jusqu'à 100 !


Voici la lettre que nous allons envoyer à notre ministre de tutelle et aux candidats à la présidentielle, ainsi qu'à nos financeurs, pour leur faire connaître la réalité de notre beau et difficile métier.
Si vous êtes confrontés aux mêmes difficultés en tant que professionnels ou familles, partager cette lettre pour qu'elle soit lue par le plus de personnes possibles....
Prochaine étape : lancement d'une pétition sur le net!
Affaire à suivre...

Monsieur,

Nous permettons de vous écrire pour vous faire part de notre désarroi, de notre incompréhension et de notre colère, face à la situation que nous rencontrons dans nos Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes.
En effet, avant 2010, la valeur du point de notre secteur était calquée sur l’augmentation de la Fonction Publique Hospitalière et était revalorisée en général tous les ans.

Au 1er juillet 2016, les agents de la Fonction Publique Hospitalière ont été augmentés de 0,60% et une seconde augmentation de 0,60% est prévue pour le 1er février 2017.
Les salariés du secteur privé non lucratif (CCN 51 ; CCN66 ; CCN CLCC ; la croix rouge) qui effectuent le même travail que leurs collègues du service public, sont totalement ignorés, notamment dans les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes.

C’est une injustice ! Comment peut-on justifier cette différence ?
Les salariés travaillant dans ces deux secteurs ont pourtant la même formation, les mêmes compétences ainsi que les mêmes problématiques au quotidien dans leur vie professionnelle.
L’augmentation du coût de la vie est pourtant le même pour tous.
Nous nous réjouissons pour nos collègues du secteur public et aimerions que l’Etat agisse de manière égalitaire avec nous.
L’altruisme caractérise notre métier mais la reconnaissance professionnelle passe également par le salaire et sa revalorisation, aussi minime soit elle.

Comment susciter l’engouement des jeunes pour cette profession indispensable à notre société avec un salaire horaire de 10.51 € brut (en y incluant la prime fonctionnelle d’aide soignant de 0.32 €)en début de carrière sachant qu’il inclut un weekend sur deux, des horaires coupés, des jours fériés. Et pour les agents ce salaire horaire est de 9.76€ brut, soit le smic.

Dans une société individualiste, qui est régit par la finance, l’humain ne semble pas être une priorité pour nos dirigeants !
Il nous semble hypocrite de dire d’une part aux soignants d’être bien traitants avec les résidents et d’autre part de ne pas accorder les moyens humains suffisants pour justement offrir des conditions décentes pour accompagner au mieux les résidents.
Et que dire de nos conditions de travail en EHPAD ?
Voici les réflexions écrites d’un Aide Soignant qui résument bien la souffrance ressentie par tout le personnel.
« Je travaille depuis vingt et un ans dans une maison de retraite, dont onze comme aide soignant. Ce métier que j’ai choisi et que j’adore me pose à ce jour un sérieux problème de frustration.
En effet, les résidents que nous accueillons maintenant sont très dépendants (GIR 1 ou 2) voir même pour certains, en fin de vie.
Leur prise en soins s’avère en toute logique plus longue et délicate !
Malgré ma bonne volonté, mon énergie et mes compétences, il m’est impossible de faire mon travail correctement ;
J’ai l’impression de retourner en arrière, à l’époque où je travaillais à la chaine au sein d’une usine…
Sensation très désagréable et frustration latente.

Frustration :
Lorsqu’une famille se plaint que son parent qui prenait une douche quotidienne en a une toutes les deux semaines à l’EHPAD.C’est un non respect des habitudes de vie de la personne, qui est à l’opposé de ce que l’on nous apprend à l’école d’Aide Soignant.

Frustration :
Quand je ne peux pas mettre en œuvre le rôle fondamental de l’aide soignant à savoir préserver ou stimuler l’autonomie de la personne âgée dépendante.
Quand par exemple, je ne le laisse pas laver son visage, se brosser les dents, les cheveux …
Que je l’aide pour l’habillage et le déshabillage, ou bien que le matin, je n’ai pas assez de temps pour l’accompagner à la marche avec un déambulateur etc.…

Frustration :
Quand je dois coucher une vingtaine de résidents en deux heures et quinze minutes avec l’impression de « les jeter au lit », plutôt que de les coucher ! Cela devrait être à l’inverse un moment calme, serein et rassurant. Un moment d’écoute et d’empathie car la nuit est très souvent source d’angoisse et de peurs chez la Personne Agée.

Frustration :
Quand il m’est impossible d’accompagner sereinement une personne en fin de vie car il faut toujours courir de chambre en chambre. Quand la personne me dit : « vous partez déjà » avec un regard suppliant et que vous lui répondez : « je vais repasser tout à l’heure » en sachant que vous n’êtes pas sûr de pouvoir le faire.

Frustration :
Quand malgré les changements d’horaires ou la réorganisation du travail des équipes, on n’arrive toujours pas à atteindre une meilleure prise en soin globale des résidents, respectueuse de leurs habitudes et de leur rythme de vie.

Frustration :

De rentrer chez moi le soir avec le sentiment de n’avoir jamais totalement bien rempli ma mission. D’être toujours sur le fil, en équilibre, entre bientraitance et maltraitance. De voir les équipes démunies face à ce qui semble être une fatalité sans solutions, d’avoir souvent la désagréable sensation d’être parfois dépassé, voir de perdre patience…

Frustration :
Lorsqu’à la réunion de la convention tripartite (j’y étais convié par la Direction de notre Etablissement), j’ai l’impression de faire l’aumône à nos financeurs pour obtenir des postes supplémentaires et que ceux-ci me répondent qu’ils entendent bien ma souffrance au travail mais que les budgets ne sont pas extensibles…. Quelle indécence !

Frustration :

Quand mes collègues et moi nous nous disons : « pourvu que nos proches ou nous-mêmes ne soyons pas obligés d’entrer en Ehpad, alors que nous devrions penser l’inverse et être fiers de travailler dans un Etablissement qui doit prendre soin de nos aînés vieillissants.

En conclusion :
Ne sommes- nous pas redevables envers nos aînés ?
Ne sommes- nous pas capables d’accorder à nos aînés qui entrent en institution un maximum de temps pour les accompagner dans les gestes de la vie quotidienne ?
Ne sommes-nous pas capables de leur consacrer plus de temps pour les écouter et les rassurés ?
Ne sommes-nous pas capables de les accompagner dignement et sereinement jusqu’à la fin de leur vie ?
Ne sommes-nous pas capables de respecter leur rythme de vie et leurs habitudes ?
Je suis persuadé que nous en sommes capables et nous essayons tous les jours nous soignants d’atteindre ce but mais pour y parvenir totalement, il faudrait que nos financeurs tiennent compte de la réalité et qu’ils agissent en conséquences. »

Yves.P. Aide Soignant.

Gardons à l’esprit que le degré de civilisation d’une société se mesure à la capacité qu’elle a de s’occuper des personnes les plus fragilisées.( Personnes Agées , Personnes Handicapées …)

Ce témoignage terrible est le reflet de notre triste quotidien!!!!

Nos politiques, si loin de la réalité du terrain, devraient se rendent dans les établissements afin de prendre réellement conscience de la gravité de la situation.
Après le mal être des infirmières, maintenant voici celui des Aides Soignants mis à jour !
Qu’attendent-ils pour agir?

Yves P. et Bertrand. O. Aides Soignants en Ehpad



Solene compte sur vous aujourd'hui

Solene BRIDEL a besoin de votre aide pour sa pétition “Le gouvernement l agence regionale de santé : La revalorisation du point sur nos salaire qui sont gelés depuis 6ans!!!”. Rejoignez Solene et 76 signataires.