COVID-19 et détresse financière des Pédicures-Podologues libéraux.

0 a signé. Prochain objectif : 5 000 !


Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de la Santé,
Mesdames et Messieurs les directeurs des ARS,
Monsieur le Président du Conseil National de l’Ordre des Pédicures-podologues,
Messieurs les présidents des syndicats,
Madame la présidente de la CARPIMKO,
Mesdames et Messieurs les directeurs de l’URSSAF
Mesdames et Messieurs les représentants de nos compagnies d’assurances,
Par la présente, nous tenons à vous faire part de nos plus vives inquiétudes quant à la suite à donner face à l’évolution rapide du COVID-19 sur notre territoire.
L’annonce du passage au stade 3 par le Premier Ministre, incluant notamment la fermeture des établissements recevant du public, nous pose un dilemme cornélien.
Les consignes données de la part de l’ordre des pédicures-podologues et de la Fnp sont claires, il nous faut fermer au plus vite pour limiter la propagation de cette pandémie sauf en cas d’urgence et seulement si nous sommes en mesures matériel d’assurer les normes d’hygiènes requises.

Groupe – Soutien Aux Professions Libérale et Indépendant –

Section Pédicure-Podologue

Nous n’allons pas nous mentir, excepté la prise en charge d’une plaie diabétique ou plaie infectée

qui pourrait avoir des conséquences vitales en cas de non prise en charge, les soins de pédicurie- podologie de ville ne sont pas vitaux. Ils ne justifient pas de prendre le risque d’être exposé au COVID-19 (ni pour les patients, ni pour les praticiens). Nous vivons actuellement une crise exceptionnelle, d’ampleur mondiale, qui nécessite de la part de tous une solidarité, beaucoup de bon sens et d’humanité. Mais bien entendu, toutes ces nobles intentions ne sont rien sans une réelle
sécurité financière. C’est ici que la réalité du monde nous rattrape. Nos compagnies d’assurances, pour la majorité d’entre elles, nous font rapidement comprendre que nous ne sommes pas assurés de rentrer dans les cases pour espérer une quelconque aide financière ou indemnité. Mais quelles cases ?
S’assurer n’est pas justement fait pour nous épauler dans les cas exceptionnels et les coups durs imprévisibles de la vie ? A quoi bon s’assurer si c’est pour rentrer toujours dans l’exception qui ne fait qu’enrichir ces compagnies sur nos dos ? Soyons réalistes : étranglés par les charges, beaucoup de confrères se verront obligés de poursuivre des soins qui, bien que nécessaires au confort de vie
de leurs patients, ne sont pas vitaux au sens strict du terme. Et bien souvent sans le matériel adéquat car vous n’êtes pas sans savoir la pénurie actuelle de masques chirurgicaux ou de gel hydro alcooliques.
C’est pourquoi nous avons besoin de vous ! Nous avons besoin de vous maintenant ! Nous sommes des citoyens en plus d’être des professionnels de santé. Des citoyens avec des charges et des contraintes financières personnelles à assumer, en plus des contraintes financières professionnelles, qui ne sont pas toutes reportables et / ou assumables ultérieurement, sans rentrée d’argent. Nous avons besoin de vous pour la suite ! Lorsque cette crise sera passée (et nous la souhaitons la plus courte possible), il est fondamental que tous les acteurs de la société puissent
reprendre le cours de leur vie sans dégâts financiers irréversibles. Vous n’êtes pas sans savoir que l’accès aux soins est déjà très difficile. Qu’en sera-t-il alors si vous précipitez de nombreux professionnels paramédicaux dans une situation personnelle/professionnelle gravissime et inextricable ?
Nous avons besoin de mesures rapides et concrètes pour nous sortir de cette
impasse :
- Il faut commencer, pour la sécurité de tous, par imposer la fermeture totale et sans quiproquo des cabinets de pédicurie-podologie comme l’Ordre nous l’a indiqué. Cela mettrait, par la même occasion, tout le monde sur un pied d’égalité financière : plus de gardes d’enfants, plus de
confinement forcé, plus de Covid-19 positif déclaré en maladie ! Tous arrêtés par la force des choses et tous indemnisables sans batailler dans les cases administratives!
- A partir de là, moyennant un décret, ou ce que vous voudrez, il faut nous créer un statut similaire à celui d’une « catastrophe sanitaire » pour débloquer des fonds. Que ce soit ensuite un fond de solidarité ou des indemnités de la part de nos assurances, peu importe, mais il vous faut nous aider par tous les moyens.
- Le report des cotisations et charges professionnelles n’est pas une aide acceptable. C’est repousser le problème. Avec quel argent allons-nous réussir à payer ces charges si nous avons fermé plusieurs semaines ? L’exonération totale nous semble proportionnée à la gravité de la situation.

- Ces mesures devraient naturellement concerner tous les professionnels, et ce, indépendamment de leur situation personnelle.
Nous pensons que le gouvernement peut faire appel à la CNAMTS mais nous espérons aussi vivement une participation de la CARPIMKO, organisme qui assure les arrêts maladie habituellement. Les assurances privées ne peuvent être suffisantes à elles seules, car tous les professionnels ne bénéficient pas des mêmes contrats et des mêmes garanties. Néanmoins, à
charge des autorités compétentes de les contraindre à alléger leurs conditions et à soutenir l’effort de solidarité.
Ces mesures devraient être également appliquées à toutes les autres professions
libérales/indépendantes (commerçant, artisans etc.) qui sont dans l’obligation de cesser leur travail, sur un modèle semblable à ce que nous proposons pour la nôtre. Nous pensons à eux et nous nous devons d’être solidaires les uns avec les autres dans cette période compliquée.
Nombre d’entre nous ont d’ores et déjà fait preuve de solidarité en donnant leurs réserves de masques, gel hydro alcooliques et autres équipements de protection à nos confrère(soeur) médecins, infirmières libérale ou en proposant leur aide auprès de cabinets médicaux et centre hospitaliers. D’autres se sont inscrits, en très grand nombre, auprès de la réserve sanitaire afin d’être
appelés en cas de pénuries de soignants dans les hôpitaux. Nous n’en connaissons ni les tâches,
ni les conditions exactes, mais malgré tout, nous fonçons tête baissée car nous sommes disposés à aider et à « soigner » autrement si la possibilité nous en est donnée.
Encore une fois, vous pouvez compter sur nous, soignants, mais pouvons- nous compter sur vous en retour ? C’est ce que vous avez à nous prouver !
En espérant que nous trouverons tous ensemble, une issue convenable à cette crise sans précédent, nous vous prions d'agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de nos très respectueuses salutations.