Asile politique pour Assange

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Monsieur le Garde des Sceaux,

Dans deux mois, jour pour jour, le verdict du procès en extradition de Julian Assange sera rendu en Grande-Bretagne.

S'il était extradé, ce journaliste/lanceur d'alerte pourrait être condamné à 175 ans de prison aux Etats-Unis pour avoir diffusé auprès du grand public des documents secrets de l'armée américaine.

Au mois de septembre dernier, le monde a assisté, dans la consternation, à son procès en extradition devant la justice britannique. Un procès orwellien au cours duquel la juge, en rejetant systématiquement les demandes de la défense, a rendu l’idée même de défense inexistante.

Ce procès s’est tenu d’une manière indigne d’une démocratie occidentale telle que le Royaume Uni. L’annexion évidente de la justice britannique par la justice américaine devrait alerter ses voisins européens.

Il est très regrettable et même honteux que Julian Assange n’ait trouvé aucun secours auprès des nations européennes qu’il a sollicitées, dont la France, malgré les services qu’il a rendus à l’humanité, en documentant les plus grands médias sur les crimes de guerre commis en Irak et en Afghanistan.

Julian Assange est australien et il a été abandonné par son pays d'origine contre toutes les règles de droit international. Le seul état qui lui ait apporté son soutien, tenant tête aux États-Unis, est l’Équateur, sous la présidence de Rafael Correa. Voilà une position que nous serions en droit d’attendre des états démocratiques européens, s’ils n’avaient pas pris la fâcheuse et même ridicule habitude de « s’auto-vassaliser » face aux USA. Ce soutien équatorien a malheureusement pris fin dès l’arrivée au pouvoir du successeur de M. Correa, qui a livré M. Assange à la police britannique. La détention à Londres de M. Assange est aujourd’hui reconnue comme arbitraire par la Cour inter-américaine des Droits de l’Homme et les conditions de cette détention s'apparentent à de la torture.

Lorsque vous étiez avocat, vous aviez, Monsieur le Garde des Sceaux, exhorté l’État français à accorder l’asile politique à Julian Assange, rencontrant une fin de non-recevoir de la part de M. Hollande, alors président de la République.

Vous êtes aujourd’hui dans une position différente, qui vous permet d'intervenir directement auprès du président de la République afin de relancer cette demande d’asile pour M. Assange. Une occasion pour notre État de renouer avec le statut de puissance qui pèse sur la scène internationale et avec l'état de droit que la France met partout en avant.

Sinon, devrions-nous redouter qu’un jour les États-Unis fassent arrêter des journalistes puis des citoyens qui  auraient contrarié leurs intérêts, quelle que soit leur nationalité et quel que soit le territoire sur lequel ces citoyens se trouvent, sans rencontrer la moindre objection ?

Il est extrêmement urgent que vous réagissiez, tant en raison de l’état de santé de M. Assange que de l’approche du verdict prévu pour le 4 janvier 2021.

Espérant que vous agirez dans le sens des droits à la liberté d'expression, à la liberté d'informer et de protéger ses sources, et tout simplement par humanité envers un grand défenseur des droits humains dont vous avez vous-mêmes reconnus les mérites et l'action, nous vous prions d'agréer l'expression de nos sentiments respectueux.

Collectif "Un Assange passe"