La société civile démocratique doit condamner l’Etat Saoudien

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L’Etat saoudien est, depuis plusieurs années, responsable de graves violations des Droits de l’homme. Puissants alliés régionaux des grandes démocraties, ses dirigeants sont convaincus que les intérêts stratégiques et économiques qu’ils entretiennent avec plusieurs démocraties leur confèrent de facto une totale impunité. Aussi, application de châtiments corporels, emprisonnement d’opposants, oppression des minorités religieuses ou sexuels, musellement des journalistes et des internautes, infantilisation des femmes, obligées de vivre sous tutorat, maltraitance et humiliation à l’égard des travailleurs étrangers, l’Arabie Saoudite est un pays qui se permet toutes les entraves aux valeurs universelles et un total mépris pour les règles les plus élémentaires régissant les droits des personnes.

Récemment encore, le 2 octobre 2018, un journaliste, Jamal Khashoggi, ressortissant saoudien, a été sauvagement assassiné par des fonctionnaires au service de la monarchie saoudienne, dans l’enceinte même d’une représentation diplomatique en Turquie. Il était un opposant non pas au régime, mais aux méthodes brutales du prince héritier Mohammed Ben Selmane qui est aux yeux de la communauté internationale le principal commanditaire de cet odieux assassinat. 

Nous n’oublions pas, par ailleurs, que depuis le début des années 1960 l’Arabie Saoudite a gangréné le monde musulman en diffusant une pensée nihiliste et totalitaire - le wahhabisme - matrice - avec la pensée des frères musulmans dont elle fut longtemps un important soutien politique et financier - du terrorisme islamiste qui déstabilise les États et plusieurs régions de la planète depuis plusieurs années. 

Les quelques « réformes » cosmétiques opérées durant ces derniers mois pour duper les démocraties ne visaient qu’à dissimuler une triste réalité interne de la population saoudienne de plus en plus asservie et à faire oublier une impitoyable guerre menée contre les civils au Yémen au prétexte d’un antagonisme régional avec l’Iran, l’autre pays fanatique et dangereux de la région. 

Pour autant, nous n’allons pas tomber dans le choix entre la peste iranienne et le choléra saoudien. Nous ne devons pas hiérarchiser la dangerosité d’Etats islamistes soutenant les frères musulmans comme la Turquie ou le Qatar et d’autres diffusant le wahhabisme ou le chiisme. Notre ennemi est l’islam politique dans sa globalité, car il est d’abord une négation des principes essentiels qui fondent nos sociétés modernes, ensuite générateur de violence, enfin facteur de divisions entre les peuples. Cette gangrène d’où qu’elle s’exprime représente un danger pour nos démocraties et au-delà pour l’ensemble des pays de la planète.

Et d’ailleurs notre éthique de démocrate doit nous amener à fustiger le crime commis contre le journaliste Jamal Khashoggi. Même si de son vivant, nous étions amenés à combattre ses idées, cette même éthique de démocrate, si elle est réellement et sincèrement attachée à la Déclaration universelle des Droits de l’homme et non pas une simple posture, doit nous conduire à condamner ses assassins, leurs commanditaires et le crime d’Etat qu’il a subi. N’oublions pas que cet homme a été assassiné dans une représentation diplomatique de son pays et - un mois après son élimination - son corps n’était toujours pas retrouvé. Des pratiques inacceptables pour de grandes démocraties !

C’est la raison pour laquelle, celles-ci et notamment leur société civile doivent sans hésitations condamner la politique, les agissements, l’ideologie et les crimes de l’Etat saoudien. Une condamnation symbolique qui doit inviter nos dirigeants à réfléchir sur la nature des relations a établir avec cet État voyou et extrémiste. 

Il y va de notre honneur et de notre dignité car ces dirigeants intégristes pensent aussi qu’ils peuvent nous corrompre !

 

 

ENGLISH VERSION

 

The Saudi state has been responsible for many years for serious violations of human rights


The Saudi state has been responsible, for many years, for serious violations of human rights. As powerful regional allies of the great democracies, its leaders are convinced that the strategic and economic interests they maintain with several democracies give them total impunity. Also, as shown by its application of corporal punishment, imprisonment of opponents, oppression of religious and sexual minorities, muzzling of journalists and Internet users, infantilization of women forced to live under tutoral authority, and abuse and humiliation of foreign workers, Saudi Arabia is a country that allows itself to impede the application of universal values and to disregard totafly the most basic rules governing the rights of people.

 

Recently, on 2 October 2018, a Saudi journalist, Jamal Khashoggi, was brutally murdered by officials in the service of the Saudi monarchy, on the very premises of a diplomatic representation in Turkey. He was an opponent not of the regime, but of the brutal methods of Crown Prince Mohammed Ben Selman who, in the eyes of the international community, is the main sponsor of this heinous assassination.

Let it not be forgotten that, since the beginning of the 1960s, Saudi Arabia has gangrened the Muslim world by spreading nihilist and totalitarian thought - Wahhabism linked to the thinking of the Muslim brotherhood to which it has long given major political and financial support, resulting in Islamist terrorism that has destabilized states and several regions of the planet for many years.

 

The few cosmetic "reforms" made in recent months to deceive the democracies were aimed only at concealing the sad internal reality of an increasingly enslaved Saudi population and at turning attention away from the ruthless war against civilians in Yemen on the pretext of regional antagonism with Iran, the other fanatical and dangerous country of the region.


However, beware of falling into the choice between the Iranian plague and Saudi cholera. We must not prioritize the danger constituted by Islamist states supporting the Muslim brotherhood, such as Turkey or Qatar and others spreading Wahhabism or Shiism. Our enemy is political Islam in its entirety, because it is first and foremost a negation of the essential principles that underpin our modern societies It is a generator of violence, and finally a factor of division among peoples. This gangrene, wherever it is expressed, represents a danger for our democracies and beyond, for all the countries of the planet.


Furthermore, democratic ethics must lead us to denounce the crime committed against the journalist, Jamal Khashoggi. Even though, during his lifetime, we were led to fight his ideas, if we, as democrats are really and sincerely attached to the Universal Declaration of Human Rights and not to a simple posture, we must be led to condemn his murderers, their sponsors and the state crime he suffered. Let it not be fogotten that this man was murdered in a diplomatic representation of his country and - one month after his elimination - his body has still not been found. Unacceptable practices for great democracies! This is why they, and in particular their civil societies, must condemn, without hesitation, the policy, the actions, the ideology and the crimes of the Saudi State. A symbolic condemnation which must invite our leaders to reflect on the nature of the relations they establish with this rogue and extremist state. Our honour and our dignity are at stake because these fundamentalist leaders also think that they can corrupt us !



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