Pétition fermée

Briser le silence des anciens Enfants placés à la Protection de l 'Enfance et maltraités.

Cette pétition avait 118 signataires


Dans mon enfance j'ai été placée sur des moments brefs puis il y a eu ce placement définitif à partir de mes 4 ans jusqu'à ma majorité. Ma soeur et moi nous étions dans la même famille,tout allait très bien malgré toutes les failles au sein du foyer de mes parents. Une enfant placé loin de des parents reste très vulnérable et en grande souffrance. Mon papa est parti en prison en 1984 pour incendie sur son lieu de travail puis il est rentré en psychiatrie, reconnu soit disant schizophrène avec des antécédents de maniaco-dépression avec la mélancolie. Il était très suicidaire. Je suis rentrée au collège privé en ville et j'ai commencé à me sentir très mal dans ma peau mais plus que les autres car j'etais perdue entre le fait que j'avais perdu tous mes repères et j'avais peur de mes nouveaux camarades. J'avais un fond bien anxieux et cette crainte des gens de plus en plus..j'étais toujours terrifiée. Le premier jour de la sixième, au moment de remplir les fiches de liaison , j'étais très perdue. Je marquais les noms de mes parents, puis on me rappelle à l'ordre plus tard en me disant que ceux qui remplacent mes parents sont mes tuteurs définitifs, ma famille d'accueil. Les enfants de ma classe commence à s'écarter gentiment de moi car j'étais très mal habillée.  Je pouvais rester la semaine avec la même tenue , ce qui me valait des moqueries et des coups de poings de certains-nes camarades hors classe surtout. J'ai commencé à devenir mutique à l'école et dès que je rentrais à la maison j'avais beaucoup de colère qui n'arrivait pas à sortir. Je partais en cours et je n'avais que 5 min pour faire ma toilette et encore!!! On prenait une douche par semaine et je savais que  ce n'était pas normal du tout!!! Je pleurais toute seule et je ne disais plus rien car beaucoup d'enfants ont su que mon papa était en psychiatrie et on commencé à me harceler, me frapper. Toute la journée de cours on m'appelait uniquement par mon nom de famille et je me sentais sale, humiliée. Je suis allée en classe avec des baskets déchirées et recollées, je ne vous parle pas de ma coupe de cheveux et des insultes qui en découvraient ..J'en ai encore les larmes aux yeux à 41 ans. J'ai voulu dénoncer les faits auprès de certaines copines.Personnes ne m'a jamais cru et j'ai eu de sérieuses remontrances de la part de ma professeur principale qui devant tous les eleves m'avait humilié puis ces mêmes camarades se sont moquées de moi constamment. J'étais terrifiée à l'idée d'aller en cours car je n'avais plus le droit de me plaindre. C'est revenu aux oreilles de ma famille et de la Ddass que je racontais trop d' histoires et qu'il n'avait jamais vu une fille aussi terrible que moi..j'en ai pleuré des nuits et des nuits entières. Quelques temps plus tard j'ai voulu encore le signaler à mes collègues en cours de catéchisme. Le pire qui m'attendait pour le lundi arrivant,c'était une remontée sévère dans le bureau de la DDass accompagnée de ma maman cette fois-ci, de mon assistante sociale ainsi que ma fameuse prof de catéchisme qui n'était autre que l'inspectrice..elles m'ont dit clairement en haut de mes 11 ans que je n'avais pas le droit de critiquer ma famille d'accueil et que je ne devais pas me plaindre. De toute ma scolarité dans ce collège,  je me suis jamais autant sentie seule et salie par ces adultes maltraitants. Je suis devenue le bouc émissaire de ma famille d"accueil, des gens ;j'étais montrée du doigt car mes parents m'avaient placés et que mon père était en grave dépression. J'ai commencé à avoir des problèmes de concentration, des troubles d'apprentissages. J'avais toujours mal au ventre et je me faisais toujours frappée du matin jusqu"au soir car soit disant que j'étais pénible et je n'écoutais rien. Je n'sais plus rien dire!! Je subissais la violence des gens sans broncher. On me connaît dessus la tête,  j'encaissais les coups sans broncher sinon si je ripostais , je recevais des trempes. Mon calvaire a duré judqu'à mes 17 ans. Je n'osais plus parler depuis mes 11 ans. En pleine puberté ma tante rentrait dans la salle de bain  pour nous laver.je l'avais envoyé chier en lui disant que j'étais assez grande.Elle me giflait et j'ai vécu ces humiliations tout le long de mon séjour de fille placée et jamais au grand jamais!!! Je ne devais oubliée que si j'avais un toit sous ma tête,  c'était grâce à eux et si je savais parler c'était grâce à eux..Plus d'ami-es de notre village ni à l'extérieur. Pas d'activités extra scolaire. Rien!!! On était comme des chiens..toujours restée auprès d'elle sans aucune autonomie. J'en étais défigurée par le psoriasis . Elle n'a jamais fait en sorte que l'on soit vu par un psychologue,  pédopsychiatre,  un dermatologue pour moi. Rien!! Les seuls arguments que tous ces gens avaient ainsi que ces travailleurs sociaux,  c'était l'histoire de mes parents que je payait tres cher avec ma soeur. Pourtant leurs filles étaient très belles, bien habillées et bien coiffées. Nous comme des Roms, notre argent allait où pour nous vêtir et pour nos sorties?? Toute ma scolarité j'ai eu des soucis, j'étais une enfant fragilisée dû aux gifles et aux insultes que je recevais à longueur de temps par mon oncle et ma tante pour me faire comprendre les choses. C'est en 2003/2004 que j'ai voulu dénoncer les - faits que je subissaient qui étaient qualifiés tout simplement de maltraitance. Mes deux assistantes sociales de l'époque avait une entière confiance en la ma tante.Elles n'ont fait que de relever toutes les erreurs de mes parents qui n'étaient ni des modèles, ni des exemples pour la société. Ma famille d'accueil se rendait à l'église tous les dimanches et étaient un peu comme des notables. En 2009 j'ai renvoyé un courrier au Directeur de la protection de l'enfance qui m'a répondu sauf que ma lettre était confuse dû à mes troubles d'attention et de dys.Toute ces années auparavant ont m'a dit qu'il y avait prescription. On m'a menti. La prescription dure 20 ans après la majorité. J'ai fait une dépression infantile, je suis devenue spasmophile et des graves troubles de l'anxiété et d'humeur. Ce poison qui me rongeait n'était autre cette maltraitance institutionnelle que j'ai voulu dénoncer puis d'autre soucis aussi. Tous mes ami-es m'ont soutenues pour porter plainte.Trop long dans la procédure.J'ai suivit mon instinct et en 2016 je suis retournée à l'ASE pour que l'on précise bien que j'ai été maltraitée que cela soit indiqué dans mon dossier archivé. C'est grâce à deux anciens jeunes placés qui ont écrit leur livre dont Lyes Louffok , actuellement au conseil de la protection de l'enfance que je souhaite aussi que mon histoire soit entendue. C'est mon histoire, ma souffrance et mon enfance. Je suis guérie enfin presque!!! Je suis en cours d'ecriture pour écrire mon histoire avec l'aide de mon écrivain. Je souhaite monter un collectif pour les enfantsplacés, tout comme moi qui ont subit des injustices et des humiliations. Les enfants placés sont des gens tres gentils.J'ai des projets artistiques et ma plus belle réparation c'est de pouvoir m'occuper des enfants en grande souffrance. Mon histoire,  ma personne m'ont fait comprendre que j'étais une belle personne avec beaucoup d'empathie. Le grand paradoxe c'est que mon placement m'a sauvé et que je suis remplie de ressource. Les plus belles fleurs poussent dans le fumier comme disait Claude Lelouch. Ma souffrance, j'en ai fait une force. Mais je veux etre entendue car on m'a volé ma petite jeunesse mais pas mes rêves. 

 

 



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