Pour l’asile en France de Ricardo Palma Salamanca et Silvia Brzovic

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La France doit protéger Ricardo Palma Salamanca et Silvia Brzovic

Appel de Carmen Castillo, Costa Gavras, Alain Touraine, Olivier Duhamel, Louis Joinet…

(Versión en español : abajo)

La France est depuis 1973 une terre d’asile pour les opposants politiques au régime de Pinochet. Accueillis à bras ouverts par Valéry Giscard d’Estaing puis François Mitterrand, particulièrement sensibles au funeste sort réservé à ceux qui s’étaient engagés aux côtés du Président Salvador Allende et, plus largement, aux démocrates hostiles à la junte militaire, nombreux sont les Chiliens qui, sous leurs mandats, ont trouvé refuge en France, s’y sont installés, y ont fondé une famille et s’y sont construits un avenir. Beaucoup sont immédiatement devenus français dans l’esprit et le cœur avant d’être officiellement naturalisés. C’est l’honneur de la France d’avoir protégé ces femmes et ces hommes dont les parcours de vie font aujourd’hui notre fierté à tous. Nous éprouvons de l’admiration pour tous ces jeunes adultes – pour ne pas dire ces enfants – qui ont eu l’extraordinaire courage de résister et de combattre la dictature féroce d’Augusto Pinochet au péril de leur vie et de leur liberté, faisant sacrifice de leur jeunesse, de leur vie familiale et de leurs études.

Ricardo Palma Salamanca et Silvia Brzovic sont de ceux-là. Comme tant d’autres combattants de la liberté, leur engagement politique contre la junte militaire est né de leur refus de l’oppression faite à leur peuple et des souffrances que ce régime leur a fait endurer. La torture du père, d’un frère ou d’une sœur, le viol d’une autre, l’exil d’un parent forcé par la crainte que le pire n’advienne, l’emprisonnement, le supplice, et même l’assassinat de proches, ont empli leur âme d’adolescents de la rage qui devait les affranchir de la peur. Animé par une telle colère, leur combat politique ne pouvait prendre fin avec l’amorce de la transition démocratique le 11 mars 1990.

En effet, si le général Pinochet n’était plus, officiellement, le Chef de l’État chilien à compter de cette date, le nouveau régime restait fondé sur un texte constitutionnel adopté en 1980 sous son autorité et qui lui confiait, en tant que Commandant en Chef des forces armées, un rôle central au sein d’un Conseil de sécurité nationale, lui permettant ainsi d’intervenir dans la vie politique du Chili et de maintenir son emprise sur toutes les institutions politiques, administratives, judiciaires et militaires du pays. Il suffit pour preuve de cette situation de se souvenir de l’opposition farouche de toutes les autorités politiques chiliennes à l’extradition de Pinochet en 1998, réclamé par la justice espagnole afin qu’il rende compte de nombreux crimes commis sous son mandat. Finalement, Augusto Pinochet, bénéficiant de la bienveillance coupable des autorités chiliennes, est mort paisiblement au Chili sans jamais avoir été condamné ni même simplement jugé.

A l’inverse, les résistants à son régime que furent Ricardo Palma Salamanca et Silvia Brzovic ont été pourchassés sans relâche pendant plus de 25 ans et jusqu’à aujourd’hui.

Comment comprendre qu’un État prétendument démocratique puisse ainsi pendant aussi longtemps poursuivre une personne – Silvia Brzovic – dont le seul tort est d’avoir été une opposante de gauche au régime de Pinochet ? Comment comprendre qu’un État prétendument démocratique puisse chercher à obtenir l’exécution d’une condamnation rendue dans des conditions inacceptables et sur le fondement d’une législation anti-terroriste adoptée en 1984 par un régime dictatorial ? Comment d’ailleurs comprendre qu’une telle loi vivement critiquée par les ONG puisse y être encore en vigueur ? Car c’est en effet en application de cette loi adoptée par la junte militaire pour lutter contre ses opposants politiques que Ricardo Palma Salamanca a été arrêté en 1992 puis condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans des conditions manifestement contraires au droit à un procès équitable et après des aveux extorqués sous la torture. Cette condamnation a été prononcée par un juge unique, Alberto Pfeiffer Richter, membre de l’UDI, le parti d’Augusto Pinochet fondé par Jaime Guzman, au motif notamment que Ricardo Palma Salamanca aurait participé à l’assassinat de ce même Jaime Guzman, dont le curriculum vitae sous le régime de Pinochet est comparable à celui de Philippe Henriot sous le régime de Vichy. Membre fondateur, en 1970, du groupe paramilitaire d’extrême droite Patria y Libertad, dont les crimes ont ensanglanté le régime du Président Allende, idéologue de la junte militaire lié à la secte nazie Colonia Dignidad, auteur de la Constitution de 1980, Jaime Guzman était un acteur majeur de la dictature. Il faisait partie de son noyau fasciste. Comment alors un État prétendument démocratique peut-il dresser un mémorial à Santiago en souvenir et en l’honneur de ce sordide personnage, et continuer à pourchasser Ricardo Palma Salamanca ?

Quand les tortionnaires de la junte militaire ont vécu ou vivent encore paisiblement au Chili, les autorités politiques chiliennes persistent à poursuivre les femmes et les hommes qui, comme Ricardo Palma Salamanca et Silvia Brzovic, ont tout sacrifié pour combattre le régime sanglant de Pinochet et réclament simplement que justice soit rendue à tous ceux qui ont enduré les pires souffrances durant cette période. Il s’agit là d’un résidu de la dictature auquel la France ne peut participer. Aucune autorité française ne peut accepter de collaborer à l’exécution de décisions administratives et judiciaires iniques, prises à la suite de tortures et de violations graves des droits de l’Homme, ni se compromettre en apportant son concours à la défense de la mémoire du fasciste Jaime Guzman. Au contraire, la France doit fermement et obstinément préserver ses principes en accueillant, comme l’y oblige sa Constitution et ses engagements internationaux, tout Homme persécuté en raison de son action pour la liberté. La France doit donc protéger Ricardo Palma Salamanca et Silvia Brzovic en leur reconnaissant, ainsi qu’à leurs enfants, le statut de réfugié politique. C’est son honneur et c’est le droit

Carmen Castillo, cinéaste

Olivier Duhamel,  Président de la Fondation nationale des sciences politiques

Louis Joinet, Magistrat, Premier avocat général honoraire à la Cour de Cassation

Alain Touraine, sociologue

Costa-Gavras, cinéaste

 * Cet appel est soutenu aussi par les Comités du Chili et de la France (https://www.change.org/p/gouvernement-français-soutenons-la-petition-d-asile-politique-pour-ricardo-palma-salamanca-et-silvia-brzovic-en-france France Amérique Latine

(http://www.franceameriquelatine.org/asile-politique-en-france-pour-le-chilien-ricardo-palma-salamanca-et-sa-famille-communique-de-france-amerique-latine-et-association-dex-prisonniers-politiques-chiliens-en-france-petition-en-ligne/ artistes et universitaires réunis autour de APIOPRA pour le droit à la Défense et par divers appels à soutien lancés sur Change.org et autres.

 

Francia debe proteger a Ricardo Palma Salamanca y Silvia Brzovic

 Francia es desde 1973 tierra de asilo para los opositores políticos al régimen de Pinochet. Los acogieron con los brazos abiertos Valéry Giscard d'Estaing y luego François Mitterrand —muy sensibles al funesto destino reservado a quienes se habían comprometido junto al Presidente Salvador Allende, y a los demócratas hostiles a la junta militar—, y numerosos son los chilenos que, bajo sus mandatos, encontraron refugio en Francia, se instalaron aquí, fundaron aquí una familia y se construyeron aquí un futuro. Muchos se volvieron inmediatamente franceses, en espíritu y de corazón, antes de ser oficialmente naturalizados.

Es la honra de Francia haber protegido estas mujeres y estos hombres, cuyas trayectorias nos enorgullecen hoy a todos.

Sentimos admiración por todos estos jóvenes —por no decir estos niños—, que tuvieron la extraordinaria valentía de resistir y combatir la feroz dictadura de Augusto Pinochet, arriesgando su vida y la libertad, sacrificando su juventud, su vida familiar y sus estudios.

Ricardo Palma Salamanca y Silvia Brzovic son de esos. Así como tantos otros combatientes por la libertad, su compromiso político contra la junta militar nació del rechazo a la opresión al pueblo y a los sufrimientos que este régimen les infligió. La tortura del padre, del hermano o de la hermana, la violación de otra, el exilio forzado de un pariente de miedo que ocurra lo peor, la prisión y el suplicio, y hasta el asesinato de los próximos, llenaron su alma de adolescentes de la rabia que debía liberarlos del miedo. Animado por esa cólera, su combate político no podía acabarse al principio de la transición democrática, el 11 de marzo de 1990.

En efecto, si a partir de esta fecha el general Pinochet ya no era oficialmente Jefe del Estado chileno, el nuevo régimen seguía fundado sobre un texto constitucional adoptado en 1980 bajo su autoridad, que le otorgaba un rol central como Comandante en jefe de las fuerzas armadas y en el seno del Consejo de seguridad nacional, permitiéndole así intervenir en la vida política de Chile y mantener su influencia sobre todas las instituciones políticas, administrativas, judiciales y militares del país. Baste como ejemplo recordar la feroz oposición de todas las autoridades políticas chilenas a la extradición de Pinochet en 1998, reclamado por la justicia española para que responda de los numerosos crímenes cometidos bajo su mandato.

Finalmente, gozando de la benevolencia culpable de las autoridades chilenas, Augusto Pinochet murió apaciblemente en Chile sin haber sido jamás condenado, ni siquiera simplemente juzgado.

A la inversa, los miembros de la Resistencia a su régimen que fueron Ricardo Palma Salamanca y Silvia Brzovic ha sido perseguidos sin tregua durante más de 25 años y hasta hoy.

¿ Cómo entender que un Estado supuestamente democrático pueda perseguir así tanto tiempo a una persona —a Silvia Brzovic—, cuyo único delito es haber sido una opositora de izquierda al régimen de Pinochet? ¿Cómo entender que un Estado supuestamente democrático pueda proponerse conseguir cumplimiento de una condena dictada en condiciones inaceptables, y fundada en una legislación antiterrorista producida en 1984 por un régimen dictatorial?

¿ Cómo entender, por otra parte, que esa ley vivamente criticada por las ONG pueda estar todavía vigente allí? Porque, en efecto, es en aplicación de esta ley adoptada por la junta militar para combatir sus opositores políticos que Ricardo Palma Salamanca fue apresado en 1992, luego condenado a cadena perpetua, en condiciones visiblemente contrarias al derecho a un proceso justo, y luego de confesiones arrancadas bajo tortura.

Esta condena ha sido pronunciada por un solo juez, Alberto Pfeiffer Richter, miembro de la UDI —el partido Pinochetista fundado por Jaime Guzmán—, por el motivo particular que Ricardo Palma Salamanca habría participado en el asesinato del mismo Jaime Guzmán, cuyo currículo bajo el régimen de Pinochet es comparable en Francia al de Philippe Henriot bajo el régimen de Vichy. Miembro fundador, en 1970, del grupo paramilitar de extrema derecha Patria y Libertad, cuyos crímenes ensangrentaron el gobierno del Presidente Allende, ideólogo de la junta militar, vinculado a la secta nazi Colonia Dignidad, y autor de la Constitución de 1980, Jaime Guzmán era un actor mayor de la dictadura. Era parte integrante de su núcleo fascista.

¿ Cómo, entonces, un Estado supuestamente democrático puede levantar un memorial en Santiago en recuerdo y en honor de este sórdido personaje y seguir persiguiendo a Ricardo Palma Salamanca?

Cuando los verdugos de la junta militar todavía viven o vivieron tranquilamente en Chile, las autoridades políticas chilenas insisten en perseguir a mujeres y hombres que, como Ricardo Palma Salamanca y Silvia Brzovic, sacrificaron todo para combatir al régimen sangriento de Pinochet, y simplemente reclaman que se haga justicia a todos los que durante ese período aguantaron los peores sufrimientos. Se trata de un residuo de la dictadura en el que Francia no puede participar.

Ninguna autoridad francesa puede aceptar colaborar en la ejecución de decisiones administrativas y judiciales inicuas, aplicadas como consecuencia de torturas, y como consecuencia de graves violaciones de los derechos humanos, ni comprometerse aportando su concurso a la defensa de la memoria del fascista Jaime Guzmán. Al contrario, Francia debe firme y obstinadamente preservar sus principios acogiendo —como la obliga su Constitución y sus compromisos internacionales—, todo Hombre perseguido por su acción por la libertad. Francia debe, pues, proteger a Ricardo Palma Salamanca y Silvia Brzovic, reconociéndoles, así como a sus hijos, el estatuto de refugiado político.

Es su honor y es el Derecho.

Carmen Castillo, cineasta

Olivier Duhamel, presidente de la Fundación nacional de Ciencias políticas

Louis Joinet, Magistrado, primer abogado honorario a la Corte de Casación

Alain Touraine, sociólogo

Costa Gavras, cineasta

* Este llamado es apoyado también por los Comités de Chile y Francia (https://www.change.org/p/gouvernement-français-soutenons-la-petition-d-asile-politique-pour-ricardo-palma-salamanca-et-silvia-brzovic-en-france France Amérique Latine (http://www.franceameriquelatine.org/asile-politique-en-france-pour-le-chilien-ricardo-palma-salamanca-et-sa-famille-communique-de-france-amerique-latine-et-association-dex-prisonniers-politiques-chiliens-en-france-petition-en-ligne/ artistas y académicos reunidos en torno a APIOPRA por el derecho a Defensa y a Asilo y por diversos llamados a apoyo en Change.org y otros.

 



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