UE/G7 : stoppez vos importations agricoles du Brésil pour stopper la déforestation

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Je travaille pour une association française qui offre des outils de communication aux petites associations travaillant pour l'environnement. Nous préparions justement une édition pour soutenir les associations d'Amazonie quand nous avons compris que la cause de cette déforestation n'était pas au Brésil mais ici, en Europe. Le peuple Brésilien se lève pour sauver sa forêt mais sans le savoir, nous ne leur laissons aucune chance d'y parvenir. Aujourd'hui nous nous émouvons mais ce processus dur depuis 25 ans. En 2014 déjà, l'équivalent de 2242 terrains de foot disparaissaient par jour ! Cette prise de parole risque de remettre en question notre projet mais je me dois de partager avec vous ce constat au vu des dernières actualités. 

La vraie cause

Le Brésil n'échappe pas à la volonté d'avoir une balance commerciale excédentaire. C'est à dire que la valeur des exportations doit être supérieure à la valeur des importations. C'est une véritable obsession pour le président Jair Bolsonaro qui prend exemple sur le président Trump. Et cela se comprend car si vous vendez plus que vous n'achetez... vous vous enrichissez !

Mais alors que vend le Brésil et à qui ? En 2017, l’Union européenne a été le premier partenaire commercial du Brésil, avec des échanges s’élevant à 64,4 milliards de dollars, devant la Chine et les Etats-Unis. Les échanges commerciaux avec la France se sont quand à eux établis à 7,1 milliards d'euros. Selon un rapport de l'ambassade de France au Brésil, « les échanges ont été portés par la forte augmentation des importations en provenance du Brésil (+8,3% par rapport à 2016), notamment en matières premières agricoles et en minerai de fer ». Le rapport précise même que « le secteur agricole brésilien a vu sa production bondir de 13% sur l’année ».

Le Brésil à des ambitions, notamment celui de devenir le premier exportateur de soja au monde ! Pour y parvenir, la recette est simple, augmenter les surfaces agricoles pour augmenter les exportations. Et tant qu'il y a des clients, aucune raison de ralentir, au contraire ! (Merci l'Union Européenne) La question que je vous pose est la suivante : comment trouve-t-on de nouvelles terres agricoles ? En déboisant...

Cette forêt, notre poumon à tous, est condamnée. L'état Brésilien ne décidera jamais de réduire sa croissance et ses exportations, au motif de protéger le peuple brésilien. Et un autre pays se refusera d'appliquer des sanctions car aussitôt le Brésil arrêtera d'acheter ses produits. C'est ce qu'on appelle une guerre commerciale. Là aussi les dirigeants diront vouloir l'éviter pour protéger leurs peuples. C'est pourquoi vous verrez la Norvège et l'Allemagne supprimer 30 et 35 millions d'euros de subventions, mais continuer leurs échanges commerciaux à hauteur de plusieurs milliards. Les droits de douane rentrant ainsi dans les caisses de l'état Brésilien rendent les 65 millions de subventions très anecdotiques... et le comportement des pays européens cyniques.  

La vraie conséquence

Que se passera-t-il quand la forêt Amazonienne aura disparue ? Le Brésil sera riche et les autres pays le deviendront en lui vendant plus de choses ?

Grâce à mon travail, j'ai pu aider de nombreuses associations luttant contre la déforestation à réaliser des films de sensibilisation. Partout le constat est identique, une déforestation intensive conduit à une désertification des régions et à une disparition des ressources en eau. Car la forêt à un rôle réel et incontournable dans le cycle de l'eau. Donc si actuellement les nouvelles terres agricoles brésiliennes sont très productives, c'est justement grâce à la proximité de la forêt amazonienne. Lorsque celle-ci aura disparue, ces immenses terres agricoles risquent de ne plus produire ! C'est comme tuer la poule aux œufs d'or. Au lieu d'un eldorado économique, c'est un effondrement rapide de sa production agricole, et donc de son économie, qui guette le Brésil et ses partenaires économiques. Pour le coup, les peuples seront en danger et pas seulement au Brésil, car une forêt de cette envergure a des répercutions sur le climat mondial. 

Une solution concrète

Donc, la prochaine fois qu'un dirigeant vous explique que son inaction est nécessaire pour vous protéger, vous saurez désormais lui expliquer que c'est rigoureusement l'inverse ! Vous voilà fin prêt pour exiger de notre gouvernement et de l'Union Européenne le boycott immédiat des produits agricoles brésiliens. Car tant qu'il y aura des acheteurs, les terres de cette forêt vaudront de l'or, si plus d'acheteur, plus personne ne s'y intéressera. Les acheter, c'est cautionner, financer et encourager le massacre de cette forêt. Arrêtons de nous émouvoir, agissons et ne soyons plus la cause.

Nous continuerons notre projet pour soutenir les associations d'Amazonie. Mais en réalité, le combat n'est pas là bas. En consommant nous exprimons un choix, un vote. A vous de chercher quelles entreprises françaises ou européennes utilisent des matières premières en provenance du Brésil pour exiger d'elles de changer de fournisseurs. Boycottez jusqu'à obtenir un changement. Faites des recherches ! Par exemple, les éleveurs de viandes sont souvent les premiers consommateurs de soja. Exigez de savoir d'où il vient (ou plus simple, mangez moins de viande). Attention cependant, on peut continuer à consommer des produits brésiliens issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable, qui font vivre les paysans locaux et qui contribuent à y défendre un modèle d’agriculture durable.