Pétition fermée

La fin de la discrimination au travail, c'est pour quand ?

Cette pétition avait 44 594 signataires


Après une longue période d'inactivité, ma mère, Bouchra, 53 ans, mère de 3 enfants, avait enfin retrouvé un travail. Un temps partiel à La Cinquième Agence, entreprise spécialisée dans le télémarketing et la vente à distance de produits située à Gradignan en Gironde. 

Elle a commencé son contrat le 2 mai 2016. Dès sa formation, on lui a indiqué qu'il était recommandé aux personnes dont les prénoms ne sonnaient pas français de changer de prénom lors de leurs appels aux clients. 

Le 9 mai, Bouchra a indiqué son refus d'utiliser un autre prénom que le sien au téléphone. Le même jour, son employeur a mis fin à sa période d'essai. 

Pourtant, "nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de son origine, de ses opinions ou de ses croyances" (Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946). 

Cependant, encore 54,3% des dossiers de réclamation saisis par le Défenseur des droits en 2015 dans le domaine de la lutte contre les discriminations concernent l’emploi. 

Fille d'immigrée, j'ai eu de la chance. De la chance de ressembler à mon père, de porter son nom, de "ne pas faire arabe". Je me rend compte aujourd'hui que j'ai de la chance de m'appeler Léa. 

En pleine campagne de sensibilisation du Gouvernement contre le discrimination "Les compétences d'abord", cette agence de télémarketing se situe dans l'illégalité la plus totale. 

*EDIT du 13 mai 2016*

Le 12 mai 2016, le directeur général de l'agence m'a contactée. Nous nous sommes expliqués sur les raisons de la fin de contrat de ma mère. Il s'agirait d'un manque de résultats après une semaine de formation théorique et une journée d'appels "en réel". Il a également admis qu'il fallait "correspondre au mieux à notre cible plutôt rurale ou péri-urbaine", que le changement de prénom était un facteur indispensable dans cette démarche. Ce directeur m'a également assuré la "représentation de toutes les communautés dans notre agence" (sic).

Cette agence n'est peut-être pas la pire de toutes, elle a refusé selon les propos de son dirigeant de se délocaliser et préfère recruter en CDI. Cette agence a peut-être les meilleures pratiques dans son secteur mais si tel est le cas, que doit-il se passer ailleurs ?

Cependant, il ne faut pas nier qu'ils participent d'un système qu'il faut dénoncer. Un système qui accepte que les salarié-es, déjà en situation de précarité, soient obligé-es de nier leur identité pour parvenir à de meilleurs résultats économiques. Un système caractérisé par un racisme latent qu'accepte insidieusement de cautionner ces agences en voulant "correspondre au mieux à leur cible". 

Au nom de ma mère mais aussi tous ses collègues qui n'ont pas osé refuser, nous demandons à La cinquième agence de reconnaître que ces agissements sont monnaie courante dans leur profession et qu'ils ont pu survenir dans leur entreprise. De plus, nous voulons qu'ils s'engagent à lutter activement contre ces pratiques dès qu'elles existent dans leurs centres d'appel et dans leur branche d'activité. 

Parce qu'il est interdit de demander à Bouchra de changer de prénom et encore plus de mettre fin à son contrat parce qu'elle a refusé de le faire et de se taire, signez cette pétition ! 

Presse : Le Plus "Je m'appelle Bouchra et j'ai refusé de changer de prénom pour un travail", 13/05/2016



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