Non à l’Université de Lille 2022, oui à la démocratie et au service public !

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Non à l’Université de Lille 2022, oui à la démocratie et au service public !

Nous, membres de la communauté universitaire, personnels, étudiant.e.s, et citoyen.ne.s concerné.e.s par l’avenir de l’Université publique française, appelons à un vrai débat démocratique sur le projet de nouvelle fusion qui porte le nom d’Université de Lille 2022. Actuellement, notre communauté doit faire face à une sinistre pandémie et à l’organisation d’un enseignement à distance chronophage et destructeur. Cette crise sanitaire se greffe à la récente fusion des trois universités lilloises qui est loin d’être stabilisée et dont le bilan social est déjà très douloureux. Malgré une fusion catastrophique, nous assistons à une fuite en avant des directions de l’université de Lille et des écoles partenaires (ENSAPL, ESJ et Sciences Po Lille) qui désirent faire adopter aux forceps leur projet d’Établissement Public Expérimental pour mars 2021, avec comme argument principal le prolongement des financements de l’I-site. [Ce consortium vient de subir son premier échec avec la sortie de Centrale Lille Institut, la seule école dont le poids se mesure à une composante de taille moyenne de l’université].

Tout se passe comme si les porteurs du projet imitaient localement la stratégie suivie nationalement par la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation cet été pour faire adopter la Loi de Programmation de la Recherche en procédure accélérée. Mais au-delà de l’instrumentalisation indécente de la crise sanitaire, sommes-nous prêts à mettre en balance le financement I-site d’une portée très limitée à l’échelle du budget global de l’université et l’adoption d’un projet triplement anti-démocratique ?

Un projet triplement anti-démocratique


Tout d’abord, les établissements publics expérimentaux sont de nouvelles créations juridiques pour l’enseignement supérieur rendues possibles par le « fait du Prince », à savoir une ordonnance signée par le Président de la République le 12 décembre 2018, adoptée sans débat parlementaire, en application d’un unique article (l’article 52) de la loi du 10 août 2018 pour un État au service d’une « société de confiance ». Notons, à cet égard, que le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), réuni le 16 octobre 2018, a voté majoritairement contre le projet d’ordonnance (46 contre, 9 pour et 8 abstentions). Cet avis n’étant que consultatif, les grandes écoles et universités qui le souhaitent peuvent désormais expérimenter pour une durée maximale de dix ans de nouvelles formes de rapprochements et ainsi contourner les principaux garde-fous du Code de l’Éducation sur le fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur faisant craindre le pire concernant la multiplication des droits d’inscription différenciés et la poursuite des programmes d’austérité budgétaire.

Deuxièmement, les établissements publics permettent des assemblages baroques en termes de personnalités juridiques morales et financières, minimisant fortement le poids des principaux acteurs de l’université dans la prise de décision. Le nombre de personnalités extérieures issues du monde politico-économique est accru (au détriment des enseignants, des personnels administratifs et techniques et des étudiants), ce qui pose question quant à l’indépendance de la communauté universitaire face à des pressions d’ordre politique ou économique. En outre, la prime majoritaire récompensant la liste arrivée en tête est maintenue, contribuant à enterrer définitivement le mot de « démocratie universitaire » en faisant des conseils, encore plus qu’ils ne le sont déjà, des chambres d’enregistrement des volontés présidentielles.

Enfin, n’hésitant pas à renier les valeurs censées incarner l’EPE, celles d’« une conception exigeante du service public, du débat d’idées, de la culture scientifique et de l’esprit critique » présentées dans le préambule des statuts, le Président de l’Université de Lille a rejeté les multiples demandes de large consultation (courrier de l’intersyndicale, motion de l’Assemblée Générale des personnels, motions émanant des conseils de composantes de la Faculté des Sciences et Technologies, de la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales, de la Faculté des Humanités) au nom de la « démocratie représentative ». C’est là une conception bien singulière de la démocratie, et même de la démocratie représentative, puisqu’ aucun des représentants élus des différents conseils (suite aux élections du 22 novembre 2017), pas même ceux et celles de la majorité, n’ont fait campagne pour une nouvelle fusion ou pour un tel meccano institutionnel, ne serait-ce que parce que la loi pour un État au service d’une société de confiance n’était même pas adoptée…

Qui plus est en pleine pandémie, nous ne pouvons accepter la confiscation du débat démocratique sur la pertinence de fusionner à nouveau vers un nouvel établissement. Outre l’absence de bilan sur la fusion récente de l’Université de Lille, jugée délétère par la Cour des Comptes, tout forme d’opposition institutionnelle y sera réduite à la portion congrue. D'autre part il ne s'agit pas seulement d'une refonte de la « gouvernance », mais bien de modifier significativement les structures internes de l'université jusqu’aux processus de recrutement et d’avancement de carrière, avec tout ce que cela implique pour les personnels et les étudiants.

C'est pourquoi nous soutenons à travers cette pétition la démarche initiée par l’Assemblée Générale des personnels de l’Université de Lille du 24 novembre 2020 et demandons la mise en place d’un référendum des personnels sur ce projet d’EPE Université Lille 2022 dès le début d’année 2021.



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