Petitioning ministre de l'Education Nationale Vincent Peillon and 3 others
This petition will be delivered to:
ministre de l'Education Nationale
Vincent Peillon
Premier Ministre
Jean-Marc Ayrault
Ministre déléguée auprès du ministre de l'Éducation nationale, chargée de la Réussite éducative
George Pau-Langevin
Ministre déléguée auprès de la ministre de la Santé, chargée des Personnes handicapées.
Marie-Arlette Carlotti

L’inclusion scolaire, c’est maintenant !

C’est la rentrée pour tous les élèves français.

Tous ? Non…

Les enfants qui présentent certains handicaps comme celui résultant d’autisme, le handicap mental, moteur, le polyhandicap ou les troubles DYS, trouvent les portes de l’école fermées, tandis que d’autres se voient proposer une scolarité très partielle.

C’est le cas de mon fils Julien, 8 ans : cela fait deux ans maintenant qu’il ne fait pas de rentrée, le personnel enseignant m’ayant bien fait comprendre qu’une scolarisation en milieu ordinaire n’était plus envisageable.

Pourquoi ? Parce que pour l’intégrer en classe, il devrait se comporter comme un élève ordinaire, ce qu’il n’est pas.

Lui qui adorait le contact des autres enfants, il n’a plus la possibilité d’en côtoyer. Il a rejoint les dizaines de milliers d’enfants exclus de la société, à l’abri de vos regards. Il a un handicap social, et en conséquence on le handicape volontairement encore plus en le privant de chances d’apprendre les règles sociales.

Le gouvernement lui-même l’affirme : la scolarisation en milieu ordinaire permet d’obtenir les meilleurs résultats éducatifs pour de nombreux élèves en situation de handicap tout en offrant une plus grande ouverture à la différence aux autres élèves.

Ces enfants doivent réellement avoir la possibilité d’apprendre des autres, pour favoriser plus tard leur inclusion dans la société.

Aujourd’hui, je mets en ligne cette pétition, présentée par le Collectif pour l’inclusion dont je fais partie.

Nous demandons que le gouvernement mette en œuvre ce à quoi il s’est engagé :

« Faire que tous les enfants vivent en commun. Cesser l’école de l’exclusion. Cesser l’école de la ségrégation. Cesser l’école du mépris. L’école du respect, l’école de tous ! ».

 

Voici nos propositions de mesures concrètes :

— Instaurer de bonnes conditions de scolarisation des enfants présentant des handicaps dans les classes ordinaires avec des enseignants et Auxiliaires de vie scolaire (AVS) formés au handicap, créer des Services d’éducation spécialisé et de soin à domicile (SESSAD) en plus grand nombre.

— Assurer la continuité du parcours scolaire lors du passage de l’école primaire au collège.

— Mettre en place des classes inclusives expérimentales : classe ordinaire comprenant un quart d’élèves handicapés et fonctionnant avec deux enseignants dont l’un est spécialisé.

 

Nous avons obtenu pour l'instant des rendez-vous avec le cabinet de la Ministre chargée de la réussite éducative et avec le cabinet de la Ministre chargée des Personnes handicapées.

Le Collectif pour l’inclusion est composé de citoyens concernés par le handicap.

 

 

 


Letter to
ministre de l'Education Nationale Vincent Peillon
Premier Ministre Jean-Marc Ayrault
Ministre déléguée auprès du ministre de l'Éducation nationale, chargée de la Réussite éducative George Pau-Langevin
and 1 other
Ministre déléguée auprès de la ministre de la Santé, chargée des Personnes handicapées. Marie-Arlette Carlotti
« La scolarisation en milieu ordinaire doit être favorisée. Ce mode de scolarisation permet d’obtenir les meilleurs résultats éducatifs pour de nombreux élèves en situation de handicap tout en offrant une plus grande ouverture à la différence aux autres élèves. »
Dans la conférence de presse annonçant la titularisation des AVS, auxiliaires de vie scolaire, le principe de l’école inclusive est ainsi affirmé. On y rappelle le premier article du Code de l’éducation (L. 111-1) qui pose le principe de l’inclusion scolaire pour tous les enfants sans distinction. Par ailleurs la création de 8000 nouveaux contrats et la reconnaissance du nouveau métier d’accompagnant constituent assurément un grand pas en avant.
La présente pétition en faveur de la scolarisation des élèves en situation de handicap a pour objectif de soutenir et d’encourager ce projet ambitieux d’une école de plus en plus inclusive, car pour l’heure l’inclusion est plus dans les discours que dans les faits. Depuis la loi de 2005, la mise en œuvre de cette scolarisation en milieu ordinaire se heurte à d’importantes difficultés.
I.) — La situation actuelle
— Quarante ans de retard dans la politique générale de scolarisation des enfants en situation de handicap (en comparaison avec les autres pays de rang similaire) (pays de l’Europe du Nord, Italie, Québec).
— Plus de 200 000 élèves en inclusion à l’école ordinaire dont certains très partiellement, sur un effectif total de plus de 12 millions, soit environ 1 sur 60.
— Plus de 100 000 enfants dans des structures médico-sociales (source : DREES, 2010).
— Plus de 13 000 enfants dans les hôpitaux de jour.
— 5000 à 20 000 enfants handicapés à domicile, aucune statistique clairement établie, mis à part le constat de 5000 à 20 000 enfants avec une orientation en IME (Institut médico-éducatif), mais sans place pour la rentrée scolaire de septembre 2013.
Si une partie importante de ces enfants est officiellement scolarisée à l’école ordinaire, cette scolarisation est bien souvent très partielle avec quelques heures dans la semaine, un personnel insuffisamment formé, des aménagements aléatoires. Au fur et à mesure de l’avancée des classes d’âges, la proportion d’élèves handicapés se réduit (sauf pour les handicaps moteurs et sensoriels).
Ainsi pour les enfants avec troubles cognitifs et mentaux (TFC), ils sont moitié moins présents dans le secondaire que dans l’élémentaire : 60 513 (1er degré), 30 145 (2e degré). Cette population est celle qui pâtit le plus du manque d’égalité des chances.
Comparatifs de coûts annuels :
— Scolarité dans l’enseignement différencié (Belgique, USA) : 15 000 €.
— Prise en charge dans un IME (Institut médico-éducatif) : 60 000 à 65 000 €.
— Prise en charge dans un HDJ (Hôpital de jour) : 120 000 à 300 000 €.
— Coût du redoublement en France : 2,5 milliards €.
Pour améliorer cette situation et rendre l’école plus inclusive, il est certes très important de reconnaître la fonction des AVS comme un véritable métier, mais cela ne saurait suffire à améliorer la situation. Pour véritablement développer l’inclusion scolaire il faut aussi impliquer fortement les enseignants qui sont d’ailleurs les responsables des situations pédagogiques. La formation de ceux-ci, comme des autres personnels (dont les AVS), doit être assurée par des spécialistes de l’inclusion scolaire et de la pédagogie adaptée.
II.) — Propositions
1. — Inclusion et encadrement : nous demandons dans les classes ordinaires un accroissement important du nombre d’élèves en situation de handicap, avec des auxiliaires de vie scolaire et des enseignants formés pour les accueillir, et l’accroissement du nombre de SESSAD (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) pour accompagner cette scolarisation inclusive.
2. — Continuité et amélioration des parcours : nous demandons le développement d’ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) dans les collèges et les lycées pour permettre aux élèves qui ne peuvent être accueillis dans les classes ordinaires et qui sont en CLIS (Classe pour l’inclusion scolaire) de poursuivre leur parcours scolaire en milieu ordinaire dans l’enseignement secondaire. Pour l’heure il y a moitié moins d’ULIS que de CLIS.
3. — Mise en place de dispositifs expérimentaux : nous demandons le développement d’un dispositif expérimental que l’on peut appeler la classe inclusive. Il s’agit d’une classe ordinaire, dont environ le quart (voire le tiers) d’élèves présente des besoins éducatifs particuliers et qui fonctionne avec deux enseignants, dont l’un est spécialisé.

Pour pétition,
Le Collectif pour l’inclusion scolaire
http://collectif-inclusion.blogspot.fr