Dégradation des prises en charge de personnes handicapées près de Nantes

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Bonjour,

 

                Nous sommes un collectif de quelques résidents représentant l’ensemble des 50 personnes polyhandicapées de la Maison d’Accueil Spécialisé (MAS) du Loroux-Bottereau près de Nantes.

                Nous nous élevons et nous rebellons contre la dégradation de nos prises en charge et accompagnements commencée il y a quelques années et qui atteint aujourd’hui son paroxysme.

                Le groupe HISL qui gère la MAS, gère également deux hôpitaux et deux EHPAD. Une pratique administrative dont nous ignorons le montage, permet au groupe HISL de considérer la MAS comme étant un simple service unique annexe de l’hôpital.

Alors qu’en réalité nous sommes un bâtiment bien distinct, situé à environ 2 km des autres structures du groupe. Nous sommes également 50 personnes handicapées réparties dans 5 unités bien séparées, hébergeant 10 résidents chacune.

                Or, pour évaluer ses besoins en personnel, le groupe HISL ne comptabilise qu’un seul service global regroupant les 5 unités. Et puisque nous sommes considérés comme étant une annexe de l’hôpital, la direction générale jongle avec le personnel de celui-ci et celui de la MAS suivant les besoins.

                Cela entraîne plusieurs situations très difficiles amplifiées par la fragilité psychologique de la majorité des résidents : manque de personnel, un seul soignant sur une unité pour veiller sur 10 résidents, unité et résidents délaissés car le personnel doit partir aider sur une autre aile, jusqu’à 40 mn d’attente pour avoir une réponse après un appel, soignants ne connaissant ni les résidents ni le fonctionnement de la MAS, une atmosphère très tendue dans laquelle les résidents vivent 24H/24…

                Et bien sûr, ce sont les résidents qui subissent directement les conséquences néfastes de tous ces disfonctionnements : manque d’animation, difficultés pour organiser la moindre sortie, angoisses prononcées de ne voir aucun soignant lorsque ceux-ci partent aider sur une autre aile, manque de disponibilité lorsque les soignants sont seuls pour 10 résidents, manipulations douloureuses lorsque les soignants doivent faire les toilettes seuls car ils n’ont plus le temps de travailler en binômes, difficultés psychologiques, communications difficiles voire impossible même en cas d’urgence lorsque des soignants ne connaissant pas du tout les résidents interviennent, tensions entre résidents et soignants et même entre résidents eux-mêmes…

                A tous ces effets dus aux compressions de personnel, viennent s’ajouter ceux de notre  « alimentation » dont la qualité et la présentation sont indignes d’être celles du « lieu de vie » qu’est réellement la MAS. En effet, vu que nous sommes considérés comme étant une annexe de l’hôpital, on nous impose de respecter les mêmes règles d’hygiène alimentaire que dans un centre de soins : nourriture servie en barquettes plastique filmées, bouillies de viandes et de légumes pour les résidents devant manger des aliments mixés car on nous interdit de mixer sur place la nourriture provenant de la cuisine centrale.

                Et grand paradoxe de cette situation : on nous oblige à respecter une hygiène alimentaire stricte à côté d’endroits où la poussière s’accumule puisque le personnel n’a plus le temps d’y faire le ménage !

                Comment un simple montage administratif peut-il agir ainsi sur la santé, l’inconfort et le mal-être d’une bonne centaine de personnes ?!

                Nous ne sommes pas une usine quelconque, nous sommes dans un établissement où vivent des êtres humains et la gestion du temps devrait y être totalement différente !

                Nous demandons simplement à être reconnus comme étant une MAS à part entière – un lieu de vie pour personnes handicapées – avec cinq ailes bien distinctes et bien séparées et non pas comme étant un unique service annexe d’un centre de soins.

 

 

 

Nous certifions sur l’honneur n’avoir subi aucune influence pour rédiger ce texte. Nous l’avons écrit totalement à l’insu du personnel. C’est notre propre initiative que d’avoir voulu alerter les autorités compétentes de ce que nous observons et subissons tous les jours. Aucun mot et aucune situation ne nous ont été dictés ou suggérés.

 

                                                                              Un collectif de résidents

                                                                              de la MAS du Loroux-Bottereau

 

PS : Nous mesurons parfaitement les risques encourus en diffusant ce texte mais vu que le groupe HISL a déjà mis des vies en danger, vu que le même scénario est en train de se reproduire et vu qu’il a déjà supprimé la plupart des petits plaisirs qui nous restent, maintenant nous n’avons absolument plus rien à perdre ! »


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