Lycées Pros parisiens : pas de reprise le 02 juin !

Lycées Pros parisiens : pas de reprise le 02 juin !

0 a signé. Prochain objectif : 200 !


Les organisations parisiennes SNUEP-FSU, CGT Educ’Action, SNETAA-FO et SUD Education s’opposent à la réouverture des LP, des SEP, des  SEGPA et des EREA le 2 juin

Devant les députés, Edouard Philippe, démentant une fois encore Jean-Michel Blanquer, a annoncé mardi 28 avril que les lycées professionnels pourraient rouvrir à compter du 2 juin après un point d’étape fin mai.

Dans la foulée, le ministre Blanquer a rendu public un protocole fixant des contraintes supposées garantir la sécurité sanitaire des personnels et des élèves. 

Trois remarques s’imposent : 

- Ce protocole répond, de fait, défavorablement à l’avis du CHSCT ministériel réuni le 3 avril qui « exige la mise en place du dépistage systématique comme le préconise l’OMS, à commencer par celui des personnels ayant des symptômes et ceux ayant été en contact avec des personnes infectées, de tous les personnels travaillant dans les pôles d’accueil des enfants de soignants ou ceux s’étant rendu sur leur lieu de travail ces trois dernières semaines, ainsi que de tous les personnels à risque ». Plus directement, le CHSCT « demande un dépistage généralisé des personnels et des élèves comme préalable à toute reprise d’activité ». 

- Plus fondamentalement, nous rappelons que le Conseil scientifique dans un avis le 20 avril s’est prononcé défavorablement à la réouverture avant septembre ; que l’INSERM a émis un avis défavorable quant à cette réouverture précoce ; que le président du Conseil national de l’Ordre des Médecins a déclaré « il n’y a pas d’explication médicale à déconfiner dans le milieu scolaire en premier» ; que le président de la Fédération des Médecins de France a expliqué que « l’ouverture des écoles (…) est un risque inutile » ; que le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris expliquait le 15 avril : « Je vous rappelle que dans l’Oise beaucoup d’enseignants sont tombés malades et les enfants testés étaient assez fortement positifs », etc.

- Ainsi que le relate le journal l’Opinion (29 avril) : « Édouard Philippe a glissé, mardi, au milieu de son discours sur le plan de déconfinement : «Hier, j’ai reçu du directeur général de la Santé des modélisations moins favorables. Parce que les comportements se relâchent. Parce que la baisse des hospitalisations est trop lente. » Il a appelé́ à une « extrême prudence ». » Et pour cause : un document synthèse de huit pages élaboré par Public Heath Expertise, société française spécialisée dans la modélisation des maladies, et une équipe d’épidémiologistes de l’AP-HP et de Columbia University spécialisée sur le Covid-19 anticipe une deuxième vague. Et l’Opinion de préciser que  « le masque est un outil efficace. Si la population en est dépourvue, la mortalité pourrait toucher à terme 165 000 personnes, même avec les gestes barrières. Avec des masques, le bilan tombe à 85 000 morts. Toutefois, le modèle de l’AP-HP prédit que les services de réanimation arriveraient là encore à saturation, malgré la stratégie « masques, tests, distanciation physique ». Ce triptyque serait donc efficace, mais insuffisant à empêcher une deuxième vague épidémique. »

Paris est classé « rouge » !

Alors même que Paris et la petite couronne (qui viennent d’être classés « rouge » !) connaissent un nombre de morts et une saturation des hôpitaux sans précédent, considérant les différents avis scientifiques et cette toute dernière modélisation, l’obstination du gouvernement ne peut que susciter une stupeur légitime. 

Le fiasco du gouvernement dans les services hospitaliers et les EHPAD ne suffit-il pas ? Après une gestion calamiteuse, faudrait-il maintenant subir une « sortie » hasardeuse ? 

Reprendre les transports et les cours en juin pour quelques semaines au risque de contaminer élèves et personnels ? Reprendre en juin devant quelques élèves tout en continuant, au nom de la « continuité pédagogique », à assurer l’enseignement à distance ? De qui se moque-t-on ?

À M. Blanquer, à M. le Recteur, nous disons : n’ouvrez pas les LP, les SEP, les SEGPA et les EREA à Paris le 2 juin !

Ces petits jeux d’apprentis-sorciers doivent cesser. Les personnels sont fatigués des palinodies, injonctions contradictoires, mensonges et volte-faces du gouvernement. Plus que jamais, la confiance est rompue. Pour redonner de la sérénité aux personnels comme aux élèves, il faut acter de façon responsable que l’année scolaire est terminée à Paris dans les lycées professionnels, les SEP, les SEGPA et les EREA.

Pour justifier son entêtement, le ministre Blanquer se dit préoccupé par le sort des élèves de la voie professionnelle. Tiens donc ? Si tel est le cas, qu’il rétablisse les 43 postes de PLP supprimés à Paris pour la rentrée 2020 ; qu’il abroge immédiatement certains dispositifs comme la co-intervention et le chef-d’œuvre afin de redonner du temps aux disciplines ; qu’il mette en œuvre un vaste plan de financement de l’enseignement professionnel public dès la rentrée de septembre pour redonner du temps d’enseignement, notamment en groupe restreint, aux élèves qui en auront été privés. Sans tout cela, les déclarations compassionnelles du ministre Blanquer ne sont qu’une comédie cynique…

D’ores et déjà, nos organisations déposent un préavis afin de couvrir les personnels qui ne reprendront pas.

  • A Paris, pas de reprise des LP, des SEP, des SEGPA et des EREA le 2 juin 
    Rétablissement des 43 postes de PLP supprimés
    Abrogation immédiate de certains dispositifs comme la co-intervention et le chef-d’œuvre afin de redonner du temps aux disciplines 
    Vaste plan de financement de l’enseignement professionnel public dès la rentrée de septembre pour redonner du temps d’enseignement, notamment en groupes restreints, aux élèves qui en auront été privés