3 jours, c'est insensé : allongez le délai de recours contre l'orientation subie en 3ème !

3 jours, c'est insensé : allongez le délai de recours contre l'orientation subie en 3ème !

0 a signé. Prochain objectif : 10 000 !
Quand elle atteindra 10 000 signatures, cette pétition aura plus de chance de recevoir de l'attention de la part du décisionnaire !

Je m’appelle Mariam, et en classe de 3ème, ma CPE a modifié mes vœux d’orientation pour le lycée. J’avais demandé à faire une filière générale pour m’orienter vers du Droit par la suite. À la place, j’ai été envoyée en bac professionnel secrétariat. Mon rêve de devenir avocate m’a été enlevé. 

Comme 95% des élèves [1], je n’étais pas au courant des 3 jours que j’avais pour contester cette décision [2]. Et même si j’avais été au courant, ce délai ne m’aurait jamais laissé le temps de m’organiser avec ma famille pour faire la démarche !

Aujourd’hui, à force de travail et de détermination, j’ai fini par malgré tout obtenir un Master en transformation digitale au sein d’une grande école de commerce et je travaille dans une entreprise de consulting. J’ai eu de la chance : je suis tombée sur les bonnes affiches au bon moment. Mais qu'en est-il des autres ? 

En ce mois de juin, ce sont des milliers d’élèves de 3ème comme j’étais à l’époque qui découvrent si leur rentrée 2021 se fera en filière générale et technologique ou en filière professionnelle. Parmi ces élèves, une partie n’y verra qu’une formalité. Une autre, majoritairement issue de milieux populaires [3] comme moi se trouvera condamnée à une voie qui n’est pas choisie, mais subie. Parce qu'elle n'aura pas eu accès à l'information pour faire un choix éclairé, ou parce que ses choix n'auront pas été respectés.

C’est pour ça qu’avec le collectif Different Leaders, qui regroupe une centaine de jeunes comme moi, nous avons profité des Etats Généraux de l'Éducation et de la Consultation nationale sur les discriminations lancée par le Gouvernement. Nous avons demandé l'allongement du délai pour faire appel de la décision de l’établissement sur l'orientation des élèves, et à ce que la décision finale revienne à une instance externe plutôt qu'à l'établissement d'origine. Dans les deux cas, notre proposition a été parmi les plus votées… Mais alors que ces décisions sont en train d'être rendues, rien ne bouge. Nous devons faire entendre nos voix.  

Un recours d’au moins deux semaines pour faire appel de la décision de l’établissement sur son orientation, c'est l'occasion faire ses preuves, de montrer sa détermination, et d’obtenir une seconde chance d’avoir la place que l’on choisit dans la société, et non celle que l’on nous assigne parce que l’on ne croit pas en nous.

Priver les jeunes de l’opportunité réelle de faire appel d’une décision si déterminante dans la suite de leur cursus, c'est leur dire “nous savons mieux que vous ce qui est bon pour vous”. Mais c’est aussi prendre le risque de les voir se désintéresser de ce qui est censé être émancipateur pour nous tous et toutes : l'école. C’est favoriser le décrochage scolaire, et donc accentuer encore les inégalités, alors qu’en France, il faut déjà 6 générations pour qu’un enfant d’une famille en bas de l'échelle des revenus se hisse au niveau de revenu moyen. 

Le Gouvernement nous a demandé à tous et toutes de proposer des solutions contre les discriminations. Nous l’avons fait, et nous avons montré que le sujet de l'orientation subie se trouve en haut des préoccupations. En étant des milliers à signer et relayer cette pétition, nous pouvons convaincre le Ministre de l'Education Nationale d’agir maintenant pour que cette année soit la dernière à mettre un cran d’arrêt brutal aux rêves de jeunes pleins d’ambition et de détermination.

J’en appelle à chacun et chacune d’entre vous. Signez et partagez cette pétition. Ensemble, nous pouvons mettre un terme à l’orientation subie ! 

 

[1] Selon un sondage du collectif Different Leaders auprès de 530 personnes.

[2]  Article D331-34 du code de l'éducation.

[3] Selon un rapport du CNeSCO de 2018, 19% des enfants d’ouvriers estiment ne pas avoir eu le choix de leur orientation contre 10% des enfants de cadres.

0 a signé. Prochain objectif : 10 000 !
Quand elle atteindra 10 000 signatures, cette pétition aura plus de chance de recevoir de l'attention de la part du décisionnaire !