Contre les blocages de l'Université Paris Nanterre

0 a signé. Allez jusqu'à 1 000 !


A Nanterre,

Le 20 avril 2018

 


Monsieur le Président de la République, 

Monsieur le Premier ministre, 

Madame la ministre de l’Enseignement supérieur, 

Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Monsieur le Préfet des Hauts-de-Seine,

Monsieur le Président de l’Université, 

 

     Nous appartenons à la majorité silencieuse des étudiants de l’Université Paris Nanterre. Silencieuse, parce qu’une minorité s’impose par des pratiques anti-démocratiques et bafoue la liberté à laquelle nous sommes tant attachés. Nous exhortons à un retour à la légalité.

Depuis près d’une semaine, l’intégralité des accès aux bâtiments du campus est entravée par des barricades. Ceci empêche les quelques 34 000 étudiants de composer pour leurs partiels de fin de semestre. Ce blocage général, illégal, est une véritable entrave à nos libertés publiques d’étudier, d’aller et venir, d’accéder au service public qu’est l’Université.

Nous rassemblons des étudiants aux opinions diverses sur la loi ORE. Nous sommes enclins à débattre sur le fond : l’Université est un lieu où doit s’exercer un pluralisme d’opinions, de débats, et ceci dans un cadre serein, et avant tout légal. 

Actuellement, le dialogue est rompu. Nous n’avons pas d’autre choix que de « participer » aux assemblées, qui n’ont de « générales » que le nom, mais ne sont en tout état de cause pas représentatives. Le sort de 34 000 étudiants ne saurait être décidé par une assemblée de 1200 personnes (soit 3,5% des étudiants), comptant certes des étudiants, mais aussi des cheminots, postiers, et autres syndicalistes qui décident pour nous, et prétendent s’exprimer au nom des étudiants de Nanterre. D’autant plus que le principe du contradictoire n’est pas respecté : nous n’avons pu instaurer un débat, nos interventions sont huées, le temps de parole n’est pas équitable. Pour finir, le vote pour la reconduction du blocage est effectué à main levée, les voix sont comptées à la louche (nous avons connu plus démocratique !) et les voix d’étudiants d’autres universités, de cheminots et de tous ceux qui ne sont pas étudiants à l’Université Paris Nanterre sont comptabilisées. Tout le monde le sait, et cette injustice ne fait pourtant l’objet d’aucune communication. Nous ne reconnaissons pas ces assemblées comme étant légitimes, mais l’inaction de l’administration fait de notre participation le seul moyen d’action.

C’est pour quoi nous demandons à la présidence et à l’administration de notre Université la mise en place d’un vote électronique via notre numéro étudiant. Cela permettrait à chaque étudiant de s’exprimer, ce qui n’est, de fait, pas le cas aujourd’hui.

A ce jour, l’administration a perdu le contrôle dans l’enceinte de l’Université, le pouvoir étant repris de manière totalement illégitime par les organisateurs des « assemblées générales » et du mouvement des étudiants grévistes; ceux-ci décident quelles sont les zones « occupées » et « libres » : certains vont jusqu’à écrire « la fac est à nous » sur les murs.

Qui est le garant de l’ordre public au sein de l’Université ? Le Président, M. Balaudé. Il est donc de votre responsabilité, Monsieur, d’agir pour un retour à la légalité. Votre statut de président vous confère le pouvoir mais aussi le devoir de rétablir l’ordre public face à une telle situation, et de reprendre le contrôle du campus. L’État, par le biais de la présidence de l’Université, fait preuve d’une passivité inacceptable : manque de transparence, et absence de prise de position ferme quant à l’illégalité des blocages, notamment lorsque Monsieur Balaudé expliquait pendant l’entretien sur France Inter le 18 avril, qu’il ne s’était jamais « opposé […] à la moindre assemblée générale d’étudiants, au moindre blocage, quand bien même ils constituaient un empêchement au fonctionnement normal de l’Université » et qu’il ne s’y opposerait pas.

Nous nous désolidarisons de toute velléité d’actions physiques et violentes à l’égard des « bloqueurs », il ne nous appartient pas de rétablir l’ordre public.

Nous sommes également ouverts au débat, et prêts à nous concerter afin de trouver d’autres solutions pour permettre une mobilisation efficace des manifestants, sans empêcher la tenue normale des examens. 

Face à cette situation préoccupante, il nous paraît nécessaire d’agir pour un retour à la légalité. 

Nous interpellons Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Madame la ministre de l’Enseignement supérieur, Monsieur le ministre de l’Intérieur, Monsieur le Président de l’Université : afin que la situation ne dégénère pas, et pour la démocratie, celle des faits et de la réalité, nous enjoignons la puissance publique à rétablir l’ordre public.

                      Des étudiants de la majorité silencieuse de l’Université Paris Nanterre.



Majorité compte sur vous aujourd'hui

Majorité SILENCIEUSE a besoin de votre aide pour sa pétition “Jean-François Balaudé: Appel à l'État pour rétablir l'ordre public et la démocratie à l'Université Paris-Nanterre”. Rejoignez Majorité et 515 signataires.