Interpelez Emmanuel Macron sur les questions biaisées du Grand débat national !

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M. Emmanuel Macron, Président de la République,

Mesdames et Messieurs les garants du Grand débat national,

 

En réponse à une contestation sans précédent, un Grand débat national a été organisé pour faire entendre l'expression des citoyens français.

M. Le Président de la République, vous aurez à répondre à cette expression par des actes forts et concrets, et donc vous avez en premier lieu un devoir d'écoute sincère et honnête.

Mesdames et Messieurs les garants, vous avez à garantir l’impartialité et la transparence du Grand débat, et donc vous avez en premier lieu à vous assurer que cette consultation permet effectivement à toutes les idées de s'exprimer.

A ce titre, en tant que citoyen inscrit sur les listes électorales, je souhaite vous interpeler à propos d’un sujet d’insatisfaction et d’inquiétude. Je crains que la consultation ne soit pas sincère, et je vous demande d'y remédier.


En effet, j’ai été choqué de la construction d’un certain nombre de questions des formulaires proposés pour chacun des quatre grands thèmes du débat.


D’une part, ces questions sont circonscrites et limitées au mode de pensée économique du gouvernement. Pour faire court, les seules options proposées s’inscrivent dans une démarche économique néo-libérale, sans possibilité d’en élargir le champs ou de remettre en cause cette vision du monde.

Exemple : à la question « Afin de réduire le déficit public de la France (…), pensez-vous qu’il faut avant tout : ... », nous n’avons le choix qu’entre « Réduire la dépense publique »; « Augmenter les impôts »; ou « Les deux en même temps ». La dernière option n’est pas « Autre », mais « Je ne sais pas », comme s’il n’y avait pas d’alternatives, ni d’analyses plus complexes possibles. Impossible de faire valoir que l’organisation même de l’économie, que le rapport actuel entre salaires / actionnariat / investissements, et que les règles de la mondialisation induisent structurellement une diminution des recettes de l’Etat et une dette publique importante. Impossible de proposer d'autres organisations qui permettraient de réduire le déficit public de la France.


En conséquence, je considère que ce genre de question constitue un biais dans le débat et une tentative de manipulation.
Je vous demande une réponse sur la manière dont vous allez en faire état, et sur la manière dont vous allez modérer les résultats de la consultation pour tenir compte de ce biais.


D’autre part, le questionnaire sur la transition écologique démontre à mon avis une méconnaissance du sujet et des enjeux de la part du gouvernement.
L’exemple de la première question est symptomatique : à l’interrogation « Quel est aujourd’hui pour vous le problème concret le plus important dans le domaine de l’environnement? », les citoyens doivent faire le choix d’une seule réponse possible parmi plusieurs propositions. Cela empêche l’expression du caractère GLOBAL de la question écologique, caractère pourtant central pour la résolution de ce problème. On ne peut s'arrêter à un seul domaine, car tous sont intrinsèquement liés. Cela montre que le gouvernement va continuer à considérer l’écologie comme une politique parmi d’autres, sans en comprendre l’aspect central et global, et surtout cela montre qu’il ne compte pas se laisser interpeler à ce sujet.


Là encore, je considère que la construction du formulaire est une tentative de limiter l’expression des citoyens, et de limiter les propositions qui pourraient être faites en ce domaine (car l’on sait bien que bon nombre de personnes vont se contenter de répondre aux questions telles qu’elles sont conçues, en particulier sur internet).
Je vous demande donc également une réponse sur la manière dont vous allez en faire état, et sur la manière dont vous allez modérer les résultats de la consultation pour tenir compte de ce biais.

 

J'appelle à une prise de position publique sur les limites de la consultation organisée, et un engagement à tenir compte de ces limites.

 

M. le Président de la République, Mesdames et Messieurs les garants du Grand débat national, je vous engage à être à la hauteur de la responsabilité historique qui vous incombe et à faire en sorte que toutes les portions du peuple soit écoutées.