HOTSPOTS EN GRECE : URGENCE D'UNE CRISE HUMANITAIRE

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Monsieur le Président,

Il y a quelques semaines le media Konbini diffusait un reportage d'une dizaine de minutes (à voir ici : https://www.facebook.com/konbinifr/videos/775172622896652/ sur les conditions d'accueil des demandeur-euse-s d'asile en Grèce, aux portes de l'Europe.

Ces « hotspots », censés accueillir les réfugié-e-s en attente du traitement de leur demande d'asile, s'apparentent à des décharges à ciel ouvert où des êtres humains, des enfants, s'entassent tant bien que mal dans une promiscuité effarante. Impossible de rester insensible face à ce tableau macabre qui témoigne tout bonnement d'une violation des droits humains. Les conditions insalubres de ces camps surpeuplés, financés par l'Union européenne (!), sont à l'image de cette crise de l'accueil qui ne cesse de s'aggraver depuis plusieurs années sans que des mesures concrètes ne soient prises par nos dirigeant-e-s.

Je n'ai pas les mots pour décrire la violence de ce que j'ai pu voir dans ce reportage, des images qui refusent de sortir de ma tête depuis plusieurs jours. Je n'ai pas les mots pour restituer justement ce que j'ai pu entendre dans ce reportage, les cris étouffés de ces êtres privés de leur humanité, dans l'indifférence générale, résonnent encore en moi... Constat alarmant qu'est celui de la banalisation la plus totale de la misère. Il serait honteux, Monsieur le Président, de ne pas réagir face à des enfants qui éprouvent l'envie de se suicider. De ces milliers d'enfants – parfois isolés - qui vivent aux côtés des rats, des serpents, qui sont privés d'une nourriture décente, privés de soins médicaux ou encore d'accès à des sanitaires...

L'Eurodéputé Damien Carême s'est rendu sur les lieux et s'y est vu refuser l'accès par les autorités locales. Il en va de même pour la journaliste de Konbini qui n'a pas été autorisée à tourner sur le site du camp de Samos. Et ce ne sont pas les seuls.

Les populations locales, en dépit de toute leur bonne volonté, sont démunies. Les bénévoles des associations humanitaires qui défendent les droits des réfugié-e-s sont régulièrement pris pour cible, arrêté-e-s sur place, condamné.e.s pour leur solidarité. Cela fait tristement écho à la situation française (voir ici  le rapport d'Amnesty International « La solidarité prise pour cible » : https://www.amnesty.org/download/Documents/EUR2103562019FRENCH.PDF

Signes éloquents de l'ampleur de cette crise humanitaire que l'envie de la dissimuler.

La plupart des personnes, qui rappelons-le ont fui les conditions misérables de leurs pays respectifs, parfois au péril de leur vie, se retrouvent captives sur ces îles grecques. Pendant des mois, ou plutôt des années, dans l'attente d'un rendez-vous pour le traitement de leur demande d'asile, du moins pour celles qui ont la « chance » d'en avoir un. Ces gens sont les victimes d'un système administratif défaillant qui impose au pays de première arrivée (en l'occurrence la Grèce) de prendre en charge l'ensemble des demandes d'asile, ce qui paraît insensé pour le seul gouvernement grec.

Damien Carême, dans un billet pour Médiapart, donne quelques chiffres qu'il me semble bon de restituer ici afin d'endiguer par avance la fameuse phrase de Rocard balancée à tout-va : «Mais on ne peut pas accueillir toute la misère du monde... »

→ Oui mais depuis 2015, l'Europe a enregistré 2 millions de demandes d'asile soit environ 0,3% de sa population

→ Oui mais depuis 2015, la France a enregistré 388 313 demandes d'asile dont 152 633 octroyées (soit l'équivalent de 0,23% de la population française). France qui s'était engagée à accueillir 19 714 demandeurs d'asile depuis la Grèce et l'Italie (principaux lieux où se trouvent les hotspots) sur deux ans ; elle n'a rempli que 25,5 % de ses engagements.

En tant qu'étudiante, citoyenne, je ne peux pas faire grand chose de plus que d'utiliser nos moyens de communication efficaces pour relayer l'urgence de la crise humanitaire de ces hotspots. Néanmoins, comme Damien Carême, je vous demande de soutenir le gouvernement grec, Monsieur le Président. De tenir vos engagements en matière de solidarité. Si l'Union Européenne est responsable, la France, pays des droits humains, se doit également de faire honneur à ses valeurs humanistes.

En cette période de fêtes, je vous demande, de prendre la mesure de cette crise de l'accueil sur notre territoire et en Europe, de venir en aide aux nombreux enfants qui s'apprêtent à passer l'hiver dans cet enfer.