Halte au "droit" d'agresser sexuellement les enfants

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Madame,

Je suis la maman de deux petits garçons de 6 ans et 2 ans et demi. Il y a près de deux ans, j'ai découvert qu'ils avaient été agressés sexuellement quand mon fils aîné a mimé une fellation -puis par la suite, a mimé d'autres actes devant et sur son petit frère.
Mon fils aîné, malgré les pressions et les menaces qu'il a subies, a fini par parler (durant l'audition Mélanie, puis par la suite avec la psychologue qui le suit).
Ses mots : "Papa, il me met son zizi dans la bouche et il fait pipi dans ma bouche".

Madame, la justice a décidé que cet enfant et son petit frère pouvait se retrouver seuls avec leur père.
Le droit de garde lui a été accordé -en effet, l'enquête pour violences sexuelles sur mineurs a été classée, en l'absence de preuve matérielle prouvant les faits.

Si je peux comprendre que l'on ne condamne pas les gens en l'absence de preuves, je ne peux pas comprendre que la justice m'ordonne de laisser mes enfants à la garde de leur père sans supervision, au risque qu'ils se fassent agresser de nouveau.

En effet, la triste réalité est que celui que mon fils a clairement désigné comme l'auteur des faits, à deux reprises, auprès de la gendarmerie et de sa psychologue, n'a aucune raison de ne pas recommencer. Mon fils de 2 ans ne parle qu'à peine, et son frère de 6 ans -qui a parlé, mais dont la parole ne suffit pas- sera facile à faire taire avec des arguments hélas étayés par les faits : "Tu vois, parler ne sert à rien" ou pire : "Tu vois, ce n'est pas mal de faire ça. Si c'était mal, on ne me laisserait pas recommencer."

Mes enfants n'ont que leur parole pour se défendre - mais leur parole ne suffit pas.

Pour encourager mon fils à parler, je lui ai dit que personne n'avait le droit de lui faire "pipi dans la bouche" et qu'il avait le droit d'être défendu.
Il s'avère aujourd'hui que cela n'est vrai qu'en théorie. La justice est ainsi faite que, sans preuve matérielle, ce droit lui est effectivement dénié.
Que suis-je censée lui dire maintenant ?

Madame, la loi est censée protéger mes enfants -pas m'empêcher de le faire en m'obligeant à les laisser, en toute connaissance de cause, seuls avec un homme susceptible de les agresser de nouveau. Si je m'y oppose pour garantir leur sécurité, je risque la prison.

Madame, une grande partie des victimes d'agressions sexuelles n'ont que leur parole pour se défendre. Si elle ne suffit pas à les protéger, cela revient à instituer un "droit à l'agression sexuelle 'discrète'" garanti par la loi.

Madame, je vous appelle à porter ce débat sur la place publique et à faire évoluer la loi pour qu'elle garantisse effectivement la protection des victimes. Que l'on ne puisse pas punir les coupables, c'est une chose. Mais qu'on les autorise de fait à commettre des agressions sexuelles en toute impunité sur des victimes ayant dénoncé leurs actes, c'est intolérable.

Madame, comprenez bien que, si je prends ma situation personnelle en exemple, l'objectif de cette pétition va bien au-delà. Mon but n'est pas d'accabler l'auteur des faits, raison pour laquelle je témoigne sous un pseudonyme et tairai son nom. Mon seul but est de faire prendre conscience du problème, et d'appeler à une évolution de la loi afin qu'elle ne puisse plus ainsi privilégier les droits des agresseurs aux dépens des droits des victimes.

Madame, cette faille juridique dont mes enfants sont victimes aujourd'hui, au mépris de leurs droits les plus élémentaires, qui donne la possibilité à leur agresseur de les agresser à nouveau en toute impunité, malgré le fait que mon fils ait dénoncé ses actes, les victimes de demain pourraient en être préservées.

La protection des victimes, surtout quand il s'agit d'enfants, devrait être au centre du dispositif. Un suivi des victimes -présumées, au regard de la loi- devrait être mis en place : je reprends l'exemple de mon fils aîné, de son évolution après une longue période de contacts exclusivement médiatisés : il ne supportait aucun contact physique avec personne et les accepte volontiers aujourd'hui, il était renfermé et craintif, il est aujourd'hui ouvert et confiant... Des tiers peuvent en témoigner, notamment dans son école. Mais cela n'est pas pris en compte par la justice. Et même dans les cas où un enfant est conditionné à mentir sur des faits ne s'étant jamais produit, un tel suivi serait bénéfique pour l'enfant.

Madame, si la culpabilité du ou des agresseurs ne peut être prouvée, qu'au moins la protection des victimes qui ont eu le courage de témoigner soit assurée.

Que leur parole ne résonne pas dans le vide.



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