Violences liées au genre ou à l’orientation sexuelle - Debout !

Violences liées au genre ou à l’orientation sexuelle - Debout !

0 a signé. Prochain objectif : 200 !
Quand elle atteindra 200 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Comité LGBTI+ de Génération·s a lancé cette pétition adressée à gouvernement et à

Violences liées au genre ou à l’orientation sexuelle

Debout !

L’actualité de ce premier trimestre 2020 peut nous porter à croire que les violences liées au genre ou à l’orientation sexuelle ont encore de belles années devant elles. Au 02/03/2020, le collectif Nous Toutes recensait déjà 15 féminicides depuis le 1er janvier de l’année, soit 15 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en l’espace d’une soixantaine de jours. L’actualité nous apprend également, sans grande surprise, que les manifestations lesbophobes, biphobes et transphobes augmentent de manière exponentielle depuis 2017 (+ 42 % de manifestations lesbophobes en 2018 par rapport à 2017). L’assassinat de Jessyca Sarmiento, un an et demi après celui de Vanesa Campos, toutes deux femmes transgenres travailleuses du sexe, volontairement percutée par le conducteur d’un véhicule le 21 février 2020, nous rappelle que le degré de violence à l’encontre des personnes trans (et des travailleuses du sexe) est parfois mortel. La division à l’œuvre au sein du courant féministe français, sur la question de la transidentité et de l’appartenance au genre des femmes trans, met en lumière la propension d’une minorité d’exclure une partie de la communauté, pourtant également opprimée, dans l’idée énoncée et erronée de se protéger, au risque et avec pour effet de rejoindre les rangs des oppresseurs.

La clôture du mois de février sur la récompense par l’industrie du cinéma d’un réalisateur recherché par Interpol et accusé, par douze femmes dont certaines étaient mineures au moment des faits (sa plus jeune victime avait 9 ans), d’agressions sexuelles et de viols, a failli finir de nous convaincre que tout effort dans le sens de la reconnaissance du statut des victimes, de prise en compte de leur parole et d’évolution de la société était vain. Comment interpréter sinon, que malgré la mobilisation de plus en plus forte des femmes et la dénonciation de plus en plus massive de ces violences physiques, verbales et institutionnelles, que nous en soyons toujours à ce point-là ?

La colère d’Adèle Haenel et la manifestation de celle-ci était partagée par nombre de français·es, et certainement par nombre de femmes et d’hommes partout dans le monde. Récompenser Polanski pour son film revenait à nier l'existence et la souffrance de ses victimes et plus largement de toutes les victimes de violences sexuelles et sexistes et à leur dire que la société dont elles font partie ne les protège pas, ne les entend pas et ne les considère pas en tant que telles. Cela empêche la réparation et la reconstruction de l'esprit après celle du corps, cette reconstruction qui nécessite tellement de temps, qui apparaît souvent comme un objectif inatteignable et dans certains cas, jamais atteint. C'est signifier aux victimes qu'elles ne sont rien.

Récompenser Polanski, c'est aussi dire publiquement, à cette génération et aux suivantes qu'aujourd'hui encore, on peut infliger des douleurs indicibles aux autres et avoir la gloire, que le sentiment de posséder quelqu'un est légitime et qu'il autorise tout et n'empêche rien, surtout pas le fait d'être adulé par cette société. Les César sont emblématiques. Ils font rêver toute une partie de la population, qui souhaiterait comme les personnes récompensées, être reconnue et admirée. Ils sont la vitrine de la réussite sociale pour nombre de personnes.

Récompenser Polanski, c’est enfin et effectivement, comme le dit très bien Virginie Despentes, l’expression de la domination des puissants sur les plus faibles, du pouvoir de l’oppresseur sur l’oppressé, c’est le résultat d’un schéma sociétal où la première catégorie ne cède rien à la seconde.

Le découragement est tentant à la survenue de ces évènements, mais il faut prendre le pari de croire qu’ils ne constituent que le soubresaut du déclin d’un vieux monde, et continuer d’agir dans le sens de l’égalité, continuer de rêver d’une société où les femmes ne seront plus menacées dans leur intégrité physique et psychique, où elles seront et se sentiront libres, où elles seront les égales des hommes. Il faut déconstruire le modèle patriarcal et continuer de construire autrement une société égalitaire. Notre société est et deviendra le produit de nos luttes.

Il faut, pour cela, rester soudé·e·s et n’exclure personne, ni les femmes, ni les hommes, qu’il s’agisse de personnes cisgenres ou transgenres, qu’elles que soient leurs orientations sexuelles, leurs origines ou leurs couleurs de peau. Le discours d’Aïssa Maïga à la même cérémonie des César illustre combien cette recherche d’égalité, si chère aux femmes que nous sommes, constitue un double enjeu pour les personnes issues de l’immigration. Double puisque, comme les lesbiennes ou les trans, celles-ci subissent des discriminations à plus d’un titre, à raison de leur couleur de peau ou de leur origine, à raison de leur genre et à raison de leur orientation sexuelle, et parfois les trois à la fois. Le combat à mener est intersectionnel et il convient de se regrouper et d’agir ensemble. Il nous faut être radicalement inclusifs et se réunir pour cette cause commune, cette recherche d’égalité entre tou·te·s.

A cet égard, commençons par nous rassembler le 8 mars 2020, toujours plus nombreux·ses. Soyons forces de propositions. Montrons et démontrons que la considération, le respect et la dignité que nous exigeons nous est due et continuons d’esquisser ensemble des voies possibles pour y parvenir. Ces voies sont multiples. A notre sens, pour parvenir à l’objectif de la société que nous souhaitons construire, il convient d’opérer ensemble une révolution des mœurs et des mentalités, et ce à partir du plus jeune âge.

Construire la société à laquelle nous aspirons est l’affaire et le résultat des actions de chacun·e, mais aussi celle des pouvoirs publics. Il est indispensable dès à présent que chaque composante institutionnelle de notre état de droit agisse résolument en ce sens, afin que les victimes soient reconnues et qu’elles ne soient plus contraintes de quitter l’assemblée pour ne plus subir, et plus largement que les conditions de l’épanouissement de toutes les femmes soient réunies, et ce dès aujourd’hui.

Tou·te·s debout, l’égalité sera le résultat de notre engagement !

Comité LGBTI+ de Génération·s

Anna GAUDINO, membre du Comité LGBTI+ de Génération·s

Malorie PEYRACHE, référente nationale du Comité LGBTI+ de Génération·s

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