Démocratie pour la Turquie ! L’appel à 1000 signatures “Ensemble, côte à côte”

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1000 personnes de différents milieux de la société ont lancé ce 31 mai dernier, un appel contre toutes les répressions qui augmentent en Turquie. Cet appel, fait lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à l’hôtel Point à Taksim, Istanbul, fait passer le message “Nous sommes ensemble, côte à côte” et invite un maximum de personnes à réunir leur forces.

Une sorte d’appel à une union populaire contre l’union nationale qui polarise

Les signataires forment un large éventail, qui ne s’était pas vu depuis longtemps, de républicains laïcs à des conservateurs musulmans, de députéEs du CHP et HDP, à d’anciens ministres AKP.

Des personnalités de toutes tendances politiques, des Turcs, des Kurdes, et des leaders d’opinion des minorités, intellectuelLEs, artistes, écrivainEs, universitaires, scientifiques, juristes, journalistes, font partie des noms qui portent cet appel.

Depuis 2015, année clé de la ré-instauration d’un climat de guerre civile larvée après les résultats des élections de juin qui affaiblissaient le projet politique d’Erdoğan, puis la rupture du processus de paix avec le mouvement kurde, les attentats non élucidés, les “sièges” imposés aux villes à majorité kurde, leur destruction pure et simple, toutes les exactions et meurtres de l’Etat, des secteurs de la société civile s’étaient mobilisés pour la Paix.

Ces mobilisations avaient eu lieu en ordre dispersé, soumises tout autant aux “périodes et contraintes électorales”, qu’à une polarisation déjà fortement présente orchestrée par le régime, par la force et le non droit. On avait assisté à la levée de l’immunité parlementaire des députéEs HDP votée tout autant par le 2e parti du pays, censé être d’opposition, au ralliement inconditionnel des ultra-nationalistes kémalistes. Le coup d’état manqué du 15 juillet 2016, “béni du ciel”, avait également redistribué les cartes et servi à Erdoğan, pour finaliser son propre coup d’état institutionnel, tout en instaurant un état d’urgence bienvenu pour le régime.

Des protestataires, on avait retenu surtout l’appel des 1128 universitaires, intitulé “Nous ne serons pas complice de ce crime“. Il s’en était suivi, avant et après le putsch manqué de juillet 2016, poursuites, licenciements, exils. Toutes les autres déclarations de soutien, pétitions, corporatives, thématiques, avaient subi le même sort.

Visiblement, “la grande purge” qui se prolonge indéfiniment, et de par son ampleur qui concerne tous milieux sociaux, tous rouages étatiques comme tous contre-pouvoirs, provoque un nouveau sursaut de conscience.

Trop d’intérêts lésés, trop de menaces pour le court terme, trop de concentrations de pouvoirs laissant sur le côté, trop de désorganisation sociale et politique face aux difficultés économiques à venir font plus que plonger dans l’inquiétude celles et ceux qui jusqu’ici “observaient”. Que ces inquiétudes se joignent avec celles et ceux, victimes de cette politique depuis deux ans, pour lancer une alerte est un vrai fait politique. Qu’elles s’expriment en pointant du doigt le “pouvoir absolu d’un homme” et demandent le retour à un “état de droit” pour le “vivre ensemble”, renvoyant les divisions des partis politiques d’opposition à leurs responsabilités, qu’elles opposent à “l’unité nationale” un “ensemble côte à côte”, pour la paix civile, dénonçant de fait les collusions d’après putsch qui exacerbent la polarisation et le climat de guerre civile, tout cela peut apparaître comme une fragile promesse de sortie de l’état de peur et d’inaction.

Des combats récents, comme ceux symboliques de Semih et Nuriye, les grèves de la faim, les manifestations d’opposition au résultat du référendum, la perte de crédibilité de dirigeants du CHP, la situation de quasi rupture du processus de négociation avec l’UE, sont aussi des éléments qui ont sans doute décidé quelques unEs à rejoindre ces mille signataires.

1000
NOUS SOMMES ENSEMBLE, CÔTE A CÔTE !

Nous qui sommes les propriétaires communs de ces terres ;

pour instaurer le vivre ensemble, le protéger et le faire progresser,

sans distinction d’appartenance politique, d’appartenances idéologiques, de croyances, de religions, de peuple, ni de genre

nous faisons appel à 80 millions de personnes.

Nous ne voulons pas nous polariser, devenir des ennemis dressés les unEs contre les autres, nous diviser entre Turc-Kurde, pratiquant-laïc, défenseurEs de oui, ou de non, et nous compter comme ceux-là ou ceux-ci.

Nous voulons vivre notre croyance, notre religion, notre langue, notre culture, notre façon de vivre, tels que nous avons choisi, libre, égal, sans peur et dans la sérénité ; nous voulons nous faire confiance les unEs et les autres, et nous soutenir…

Nous ressentons de l’inquiétude à être entrainéEs vers la guerre, dans un environnement conflictuel, avec un langage de haine, des restrictions de nos libertés, des menaces pour notre sécurité de vie et de propriété, de la perte de conscience de la société, de l’érosion de la moralité et de l’aphasie sociale.

Nous sommes résolument contre le régime “d’homme unique” et contre l’Etat à parti unique, contre le non-droit, la mise entre parenthèses de l’Assemblée Nationale, et hostiles à l’intimidation de toute opposition par menaces et répressions.

Nous disons non, à toutes les incriminations créées par la politique despotique qui liquide par centaines de milliers, les fonctionnaires du secteur public, les politiques, les universitaires, les membres de la presse, de la justice et de la sécurité.

Nous n’acceptons ni les résultats truqués du référendum qui essaie de constitutionnaliser ces pratiques, qui obscurcit notre avenir, ni le fait que la volonté du peuple soit piétinée ouvertement comme si les lois n’existaient pas.

Pour vivre ensemble et en confiance, nous voulons en urgence :
Que l’état d’urgence qui ouvre la porte à des violations du Droit soit levé
Que la sécurité du Droit et la Justice, contre les incriminations qui s’étend sur toute la société, soit ré-instaurée
Le retour de l’Assemblée, avec renforcement de son autorité législative et de contrôle
Que des pas soit faits pour un État constitutionnel, transparent et qui rende des comptes.
Que la sécurité des élections basée sur le vote secret et un dépouillement transparent soit instaurée.

Contre ceux qui tirent leurs forces de la peur, de l’angoisse et de la politique de polarisation ;
Nous appelons touTEs les citoyenNEs responsables de l’avenir de notre pays, les leaders d’opinion, les initiatives civiles, les partis politiques à unir leurs forces !

Pour que

“L’État de Droit”, juste et équitable, basé sur le principe d’indépendance du pouvoir judiciaire,
La notion de démocratie pluraliste qui respecte les droits humains individuels et sociaux,
Une structure administrative qui encouragera la participation, à commencer par les administrations locales,
Un système éducatif autonome, sans vocation idéologique, ni sexiste et ni discriminatoire, mais basé sur l’esprit critique,
Une politique pour la paix, et qui favorise la coopération en égalité avec les peuples des régions et des pays du monde,

soient souverains :

Nous appelons à mettre nos forces en commun…



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