Pétition fermée

Interdire aux entreprises privées de posséder des médias de masse

Cette pétition avait 43 signataires


Le but de cette pétition est d'exiger au gouvernement français de déposer un projet de loi qui interdise purement et simplement aux entreprises privées ou aux actionnaires d'entreprises privées de posséder ou d'avoir des intérêts dans tout type de média d'information de masse: journal, chaîne de télévision, pure player, radio, afin d'assurer une liberté totale de la presse en France.

Tous les médias d'information doivent ainsi appartenir soit à l'état, soit à des groupes de personnes qui n'ont pas d'intérêts extérieurs à ce média.

Le principe général de cette loi est donc le suivant: Si je possède un média, je ne possède que ce média. 

En quoi ce projet de loi est-il important?

La France occupe la 39ème place au classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporter Sans Frontères. 

"Si la presse est globalement libre et plutôt bien protégée par la loi, le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l'indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias. En novembre 2016, iTélé, la chaîne info du groupe Canal Plus, a connu un mouvement de grève sans précédent pour protester contre les choix éditoriaux de la direction. Ce mouvement a déclenché une vague de départs : une centaine de journalistes ont quitté la chaîne en l’espace de quelques semaines. Les restructurations se sont multipliées dans d’autres rédactions en 2016 – à L’Obs, au Parisien-Aujourd’hui en France, au sein du groupe Lagardère ou de Mondadori France – tandis que d’autres médias faisaient leur apparition, à l’instar d’Explicite sur Internet et Franceinfo sur la TNT."

Source: https://rsf.org/fr/france

"Pourquoi notre profession est-elle en danger ? D’abord parce que son indépendance est menacée, compromettant par exemple notre lien de confiance avec le public, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, usagers du multimédia.

Au cours des deux derniers quinquennats, le processus de concentration s’est accéléré : une poignée de dirigeants de grands groupes industriels, dont en premier lieu les opérateurs de télécommunication ou bancaires, ont fait main basse sur les grands médias. Pour eux, l’information représente un produit d’appel pour valoriser leurs offres commerciales.

Ces nouveaux patrons de presse, souvent en affaires avec le pouvoir, contrôlent contenus et contenants au travers de la convergence des supports rendue possible par les nouvelles technologies. En clair, si, de facto, il existe plus de sources d’information, en réalité l’uniformisation des contenus et la monopolisation des médias tuent le pluralisme qui est réduit à sa portion congrue. Le débat démocratique est annihilé au profit du prêt-à-penser néolibéral, privant les citoyens de clés pour comprendre.

Cela se traduit concrètement par la disparition de titres. Parmi les titres qui subsistent, combien sont indépendants des grands groupes ? Des sites « pure player » se sont créés mais leur modèle économique reste fragile. La presse syndicale, associative et militante est sous perfusion.

L’audiovisuel public est miné par la politique d’austérité réduisant les emplois et imposant mutualisations et polyvalences qui nuisent à la qualité de l’info. Après la suppression de 750 équivalents temps plein à partir de 2012, Delphine Ernotte, nommée en 2015 PDG de France Télévisions arrivant du groupe de télécommunications Orange, continue dans la même logique. Au total entre 2012 et 2020, ce sont 1250 emplois qui auront disparu soit 12% des effectifs.

L’information est de plus en plus sous contrôle.

Nous assistons à une véritable révolution copernicienne dans les modèles économiques et financiers des médias ces dernières années avec une accélération des concentrations. Après la prise emblématique du Monde par un trio formé d’un banquier (Mathieu Pigasse) et de deux hommes d’affaires — Xavier Niel (Free) et Pierre Berger — Vincent Bolloré, qui possède aussi bien des entreprises de publicité et de communication, des instituts de sondages (CSA), des plantations, des groupes de transports, des entreprises de stockage d’énergie, est aujourd’hui le principal actionnaire via Vivendi de Canal +. Les méthodes brutales de management du groupe breton ont montré le poids des puissances d’argent sur les médias dont il a pris le contrôle : censure à Canal+, et licenciements massifs de 90 journalistes en lutte sur I-Télé. Patrick Drahi, principal actionnaire du groupe Altice Media Communication endetté à hauteur de 50 milliards d’euros, contrôle Libération, le groupe L’Express et BFM…

En presse régionale, le pluralisme est moribond. Le Crédit mutuel contrôle tous les quotidiens de l’Est de la France jusqu’en Rhône-Alpes. Le Crédit Agricole dispose de 30% des parts du groupe La Voix du Nord, qui est également propriété du groupe belge Rossel. Le quotidien lillois est au centre d’un plan social drastique. Le groupe belge pourrait prochainement s’emparer de Paris Normandie moyennant un plan de licenciements. On peut aussi rappeler les opérations de Bernard Arnault (2e fortune en France) sur les quotidiens nationaux, comme Le Parisien, et le contrôle de la presse magazine par de grands groupes multinationaux (Lagardère, Mondadori, Bertelsmann, etc.).

Source: http://www.acrimed.org/Lettre-ouverte-aux-candidats-a-l-election



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