Bertrand Cantat : Ouverture d'une enquête suite au suicide de Krisztina Ràdy

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Mme Frédérique Porterie, Le Parquet Bordeaux,

Le 10 janvier 2010, Krisztina Ràdy, l'épouse et la mère des enfants de Bertrand Cantat s'est pendue à son domicile. Bertrand Cantat qui y était présent et encore sous liberté conditionnelle n'a fait l'objet d'aucun procès.

Krisztina Ràdy avait laissé, quelques semaines avant son suicide, un message de détresse à ses parents, dénonçant ainsi les violences infligées par Bertrand Cantat : cartilage cassé, coude tuméfié, téléphone balancé.. Elle exprimait son angoisse face à la mort : « J'ose à peine respirer », « je dois disparaître », « je ne peux m'en sortir saine et sauve ».... (1)

Ses parents témoignent aujourd'hui des premiers coups qu'elle a reçu : « Quand Krisztina est tombée enceinte de son premier enfant, affirme sa mère, elle m’a avoué pour la première fois que Bertrand l'avait frappée, ». Ils dénoncent également le chantage qu'elle subissait et la pression psychologique infligée: Bertrand mutilait son bras pendant le dîner devant ses enfants et la menaçait de suicide si elle le quittait. (2)

Les preuves de violences psychologiques et physiques de Bertrand Cantat sur sa compagne Krisztina Ràdy s'accumulent et pourtant celui-ci n'est nullement inquiété par la justice.

Mesdames, Messieurs du Parquet de Bordeaux, faut-il vous rappeler que les victimes de violences conjugales sont poussées aux suicides par leurs bourreaux? 76 % affirment avoir eu des idées suicidaires et 29% ont fait des tentatives de suicides. (3)

Faut-il vous rappeler qu'en 2018, selon Psytel, 217 femmes se sont suicidées (sur 338 féminicides au total ) ? Aujourd'hui, plus d'une femme par jour meurt suite à des violences au sein du couple.

En classant cette affaire sans suite, la justice méprise la vie de Krisztina Ràdy, et méprise sa souffrance. En classant cette affaire sans suite, la justice violente une nouvelle fois les femmes victimes d'envies suicidaires. Elle nie leurs histoires, elle nie les violences, les coups, les cris et leurs morts.

En rejetant l'ouverture d'une enquête judiciaire, la justice dit oui aux violences conjugales. Collaborant avec les hommes violents, elle les autorise à tuer et leur offre alors un alibi parfait. Elle les autorise à user de la pression psychologique pour tuer l'autre.

De nombreuses femmes se reconnaissent en Krisztina Ràdy, et se sentent bafouées par l'inaction de la justice. En ouvrant une enquête judiciaire, le parquet leur permettrait de ne plus se sentir coupable. Coupable d'avoir des idées noires, coupable d'être manipulée, coupable de se sentir sans valeur. Ouvrir une enquête, c'est autoriser certaines femmes à se reconnaitre comme victime et les aider enfin à se libérer.

Combien de temps la justice va-t-elle encore protéger Bertrand Cantat ?

Mesdames, Messieurs du Parquet de Bordeaux, vous avez par deux fois ouvert une enquête en faisant un minimum d'investigation. Vous avez refusé d'auditionner les 12 témoins présentés par Yael Mellul, lors du dépôt de sa plainte contre Bertrand Cantat pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner" (4)

Le suicide de Krisztina Ràdy ne doit plus être ignoré. Le gouvernement a annoncé la nécessité de reconnaître le « suicide forcé » au Grenelle des violences conjugales.

Mme Frédérique Porterie, Le Parquet Bordeaux,

Nous vous demandons, par cette pétition, la réouverture d'une enquête judiciaire et un procès pour Krisztina Ràdy.

 

 

*plus d'infos ici:

1 - Message téléphonique Krisztina Ràdy

2- Article dans le journal Marie Claire

3- Etude menée par Citoyenne Féministe : Violences conjugales et envies suicidaires

4- RTL :  Cantat : "Une douzaine de témoins ont été ignorés" selon l'avocate Yael Mellul