En finir avec le suicide des étudiants

En finir avec le suicide des étudiants

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Quand elle atteindra 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Collectif EDUCATION-RÉVOLUTION a lancé cette pétition adressée à Ministre de l'éducation nationale

Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,


Mon fils de 18 ans a mis fin à ses jours au premier jour du printemps. Il était en  deuxième année de classe préparatoire aux concours des grandes écoles scientifiques dans un lycée prestigieux de province.
Nous étions des parents comblés partageant de merveilleux moments avec nos enfants. La vie s’est subitement transformée en enfer.
Deux mois après son décès, aucune autre explication à son acte n’émerge qu’une souffrance extrême due au stress infligé par ce système. Devant la difficulté à pouvoir entamer une réflexion constructive avec le lycée, je m’adresse à vous pour interroger la responsabilité du système et de ses acteurs et pour questionner la nécessité de changement.
Notre fils a été un enfant gentil, agréable, aimant, enthousiaste, vivant, son sourire illuminait son entourage, ses yeux pétillaient. C’était un jeune équilibré qui n’avait jamais connu de période dépressive. Depuis tout petit, il avait le goût d’apprendre. Il a rongé son frein durant toute sa scolarité, attendant le moment où, enfin, les cours de physique et de mathématique le combleraient. Ne sachant pas encore vers quel métier se tourner, il s’est orienté vers cette filière sélective en quête de connaissances et d’un enseignement de haut niveau. Nous n’avons pas influé
sur ce choix, ni jamais été inquiets pour son avenir, nous lui faisions entièrement confiance.
Lors des portes ouvertes, le discours du proviseur nous avait rassurés quant à la bienveillance des professeurs et à la surveillance de l’équilibre des élèves face à la difficulté du cursus. Nous avions alors confiance en l’institution.
Au fil du temps, nous avons vu notre fils fatigué, stressé mais toujours motivé. Ses camarades l’ont décrit comme un élève posé, fin, sensible, attentif aux autres, toujours prêt à aider, très prévenant envers les élèves de première année.
Après son décès, nous avons eu connaissance d’absences récurrentes en cours durant les dernières semaines. Nous n’en avions pas été informés. Notre fils était respectueux des règles, ces absences nous auraient alertés. Cela n’avait pas été relayé non plus au service de santé de l’établissement, les absences à cette période de l’année étant jugées banales par l’équipe de direction. Pourtant, des élèves s’en sont inquiétés.
Après le drame, un professeur nous a écrit que notre fils ne se mettait pas au travail. Il obtenait néanmoins des résultats corrects. La seule solution apportée a été de le lui signaler et de le « bousculer » par des commentaires sur ses copies que nous, parents, avons trouvé blessants, en imaginant l’effet dévastateur de cette mise en cause.
Les professionnels -enseignants et personnels d’éducation- considèrent normaux l’épuisement et le stress extrême de ces élèves à l’approche des concours et ne les estiment pas suffisants pour alerter.
Comment peut-on accepter que ce système scolaire, par le stress, la pression et des humiliations toujours existantes, conduise des enfants brillants et sensibles à une extrême souffrance les menant à se supprimer ? Notre fils n’est en effet ni le premier ni le dernier.


Où est alors l’école de la bienveillance ?

D’autres élèves, souvent très brillants, abandonnent un tel cursus face à l’angoisse générée par la pression.
Ne serait-il pas temps de réformer ces voies de la formation supérieure écartant de fait les élèves sensibles, qui ont pourtant tout le potentiel intellectuel pour réussir un cursus exigent en termes de connaissances, augmenté d’une sensibilité au service de la compréhension des autres ? Un ingénieur, un cadre, un intellectuel doit-il nécessairement être quelqu’un qui résiste à autant de pression ? Ces lauréats de concours, endurcis par une préparation harassante, sauront-ils faire preuve de l’empathie nécessaire à l’encadrement d’équipes de travail ? Sauront-ils remettre en cause leurs certitudes ? Les tensions sociales actuelles ne renvoient-elles pas d’ailleurs à ces relations difficiles ? 

Enfin, la faible représentation des filles dans ces filières, alors qu’elles sont souvent brillantes jusqu’en terminale, n’est-elle pas une preuve supplémentaire de l’inaptitude du système à la société actuelle ?
L’origine de la pression infligée dans ce cursus est la hiérarchie établie entre les grandes écoles. A-t-elle encore lieu d’être ?


Pourquoi ne pas imaginer une réforme du système dans laquelle les actuelles classes préparatoires deviendraient les premières années d’étude d’ingénieur, de chercheur, de vétérinaire ? Quand les savoirs sont orientés principalement vers la réussite aux concours, ils pourraient l’être vers des compétences visant les cultures personnelle et professionnelle. A l’heure où vous réformez l’Ecole Nationale d’Administration, repenser l’organisation et le recrutement de toutes les grandes écoles parait aussi nécessaire.
La France ne peut accepter de proposer un système éducatif qui conduise au suicide de ses enfants.


Il est temps de le révolutionner.


Une maman endeuillée

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