Pour une égalité des soins sur tous les territoires en métropole et en outremer

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La famille Brachet | Cesto | Weirback ­| Rougier | enfants d’Arletty Gaillou

À Monsieur le Président de la République Française

Palais de l’Elysée

75008 Paris

 

Paris, le 15/07/2020

                     

Monsieur le Président,

 

En fin d’année 2019 apparaissait, en Chine, dans la localité de Wuhan, un virus de type SARS-CoV-2 qui avait commencé à semer la mort de manière imprévisible et inéluctable. L’Europe et le reste du Monde regardaient à distance, chaque jour, la progression exponentielle des sujets contaminés et le nombre de morts s’amasser. Les pays de l’Europe du Nord ont eu plus de trois mois pour se préparer à l’arrivée prévisible du virus et de la terreur qu’il n’allait pas manquer de semer dans de nombreuses familles : la mort, la tristesse, la désespérance, la désolation, l’effroi et surtout l’incompréhension face à ce mal invisible mais réel. Las, nos gouvernants n’en firent rien. Pour certains, il s’agissait d’un virus asiatique qui n’avait aucune chance de franchir la frontière européenne et mondiale, en dehors de celle de l’Asie. Pour d’autres, il ne serait rien d’autre qu’un virus hivernal qui entrainerait de petits maux et disparaitrait avec l’arrivée des beaux jours au printemps. Le bilan est très lourd, tant sur le plan humain que sur le plan économique et social.

Cette crise sanitaire était prévisible, car bons nombres d’experts l’avaient décrite comme étant un évènement probable à venir. Tous les gouvernants ont fait mine de l’ignorer et de claironner partout que personne ne l’avait prévu. Ce n’est qu’un mensonge de plus.

Les mesures décidées par le gouvernement ont montré sur le terrain les insuffisances de manières criantes. Comme partout sur le territoire français, les populations réclament plus de service public. C’était l’une des demandes prioritaires formulée lors du grand débat, que vous aviez initié à la sortie de la crise des « gilets jaunes ». La santé et l’hôpital ont été mis au premier rang des priorités. Cette demande est d’autant plus prégnante sur les territoires éloignés de la Métropole, qui ne bénéficient pas des mêmes équipements et où la perte de chance est responsable de nombreux morts, faute d’une prise en charge hospitalière à la hauteur.

Les discours et les annonces du Préfet, ainsi que de la directrice de l’ARS, ne changent pas la réalité que vivent l’ensemble des soignants sur le terrain. En effet, la situation est devenue intenable, car les difficultés d’accès aux soins s’accroissent, la qualité des soins se dégrade, et nous assistons, impuissants, aux découragements, à l’épuisement et à l’inquiétude des personnels de santé et des malades.

En même temps, les usagers de l’hôpital public, dans ces territoires lointains, constatent ces difficultés tous les jours et en parlent dans les différents courriers qu’ils ont adressés aux ministres de la santé, qui se succèdent au gré des alternances politiques et aux directions hospitalières. Mais rien n’avance. Les différentes interventions des parlementaires à la tribune de l’Assemblée et du Sénat n’ont pour l’instant rien changé non plus, dans l’orientation politique de vos gouvernements.

En cette période de pandémie due à la Covid 19, des drames se produisent et touchent toutes les catégories sociales et particulièrement les plus précaires. Ces pertes de chances, liées aux manques prévisibles des moyens de l’hôpital, sont devenues inacceptables.

Nous les victimes, les familles de victimes, les citoyens, les représentants du peuple et de la société civile, et vous également Monsieur le Président, vous ne pouvez plus attendre de nouveaux drames pour mettre en œuvre les mesures d’urgences réclamées à corps et à cris par l’ensemble des populations.

Nous, les usagers de la santé et des services publics de la santé et citoyens éclairés, soutenons la demande des personnels hospitaliers et des professionnels de la médecine de ville, soutenons la motion des élus et des forces vives de Guyane pour le financement d’un plan Marshall pour les Antilles /Guyane nécessaire pour :

  • assurer l’ouverture « pérenne » de lits en médecine et en réanimation dans l’ensemble des hôpitaux, afin que les malades soient hospitalisés dès que cela sera nécessaire et d’éviter ainsi le spectacle hideux, scandaleux et inhumain de nos semblables agonisant dans des brancards rouillés au fond d’un couloir sombre et impersonnel ;
  • embaucher du personnel qualifié et en nombre suffisant dans tous les services, afin d’assurer l’accueil, la sécurité, la qualité et la continuité des soins.
  • équiper les services de réanimation avec du matériel performant, afin de limiter les EVASAN et diminuer ainsi la perte de chance des malades par rapport à la Métropole.
  • revaloriser les salaires de tous les personnels de santé hospitalier et de ville ;
  • construire un CHU en Guyane, afin de mutualiser et harmoniser les différentes recherches médicales dans des domaines spécifiques au territoire.

L’hôpital public partout sur le territoire métropolitain et ultra-Marin a besoin de réformes lourdes et structurelles avec un plan d’investissement à la hauteur des enjeux du moment et surtout pour ceux de demain. Afin d’assurer ses véritables missions dans des conditions acceptables et dignes pour les patients, les familles et les soignants.

 

Croyez, Monsieur le Président de la République, à notre meilleure considération.

 

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