Pour l'interdiction totale et définitive des "stock-options"

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L’anglicisme du moment est « stock-option ». Et comme souvent en matière d’anglicisme 95% du public, médusé, n’entend personne expliquer le sens de la chose. Le taux de journalistes ignorant les règles de cette petite merveille est à peine plus faible.

 Les « stock-options » sont une invention, forcément géniale, des cerveaux qui créent à l’infini des moyens de gagner toujours plus d’argent sans prendre le moindre risque et, bien sûr, sans se soucier de la morale ni du bien-être collectif : Bernie Madoff est en prison mais il ne devrait pas y être seul.

 Les « stock-options » donc, sont principalement destinées aux dirigeants du CAC 40, le plus souvent salariés (leur seul point commun avec le citoyen ordinaire). Ces dirigeants se voient offrir la possibilité d’acheter des actions à un prix fixé, au moment de leur choix. Pourquoi donc le talent pur de ses dirigeants n’est-il pas rémunéré par un simple salaire, même très gros et assorti de primes et nombreux avantages ?

 Exemple au hasard :

 Madame Jaimeulefrik, directrice des licenciements chez le leader mondial de la bouffe en pot, bénéficie du DROIT à acheter 1000 actions au prix de 800€. Si l’action baisse à 600€, Madame Jaimeulefrik ne va pas activer sont option car elle perdrait immédiatement 500*(800-600)=1000000€. Pas folle. En revanche si l’action monte à 1000, Madame Jaimeulefrik active son option puis achete et revend dans la même seconde les 500 actions pour empocher 500*(1000-800)=1000000€. Rien de plus compliqué. A aucun moment elle ne débourse un centime pour devenir propriétaire de ses titres et elle n’est soumise à aucun risque : si l’action monte, elle empoche ; si l’action baisse elle attend que l’action remonte et elle empoche. Ce n’est donc, au pire, qu’une question de patience pour encaisser des sommes colossales sans avoir créé la valeur correspondante. Quel est le rapport entre ces titres fictifs et le financement des entreprises par la bourse ? Quelle est la dimension entrepreneuriale de ce tour de passe-passe généralisé ? Où est le rapport avec la création de valeur ?

 Le brillant Castaner (il est juriste, vraiment ?) porte-parole très bavard, fatigué et déjà fatiguant du gouvernement nous éclaire : Madame Jaimeulefrik aurait pu activer son option plus tard (par exemple aujourd’hui, depuis son ministère) et serait beaucoup riche, l’action ayant continué de monter ; elle serait donc finalement une pauvre salariée pas trop dégourdie, quasiment flouée par l’empereur du yaourt.

 C’est une blague, Christophe ? Dis-nous que c’est une blague, même mauvaise et on te pardonnera.

 Alors le débat n’est pas de savoir si Madame Jaimeulefrik a une morale ou si elle travaille pour un système qui en a une : on connait les réponses à ces questions. Le vrai sujet c’est : qu’attend-on pour interdire tout simplement ce système scandaleux ?

Qu’attend-on pour exiger que tout acheteur de titres les PAYE et les détienne un temps minimum, ne serait-ce qu’une journée, soyons fous : une semaine ?

 C’est donc à Jupiter que s’adresse cette pétition : frappez utilement, Dieu de l’Olympe gauloise et interdisez les stocks options!

 



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