NON AU MARIAGE FORCE

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LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Bonjour je m’appelle L. , je suis née le 26 octobre 2001 à Fan. C’est un petit village rural situé dans le nord-ouest de l’Albanie.

J’ai grandi avec mes parents et mes 3 sœurs.

En Albanie, et dans mon village particulièrement. Il y a un code coutumier très ancien, Le Kanun. Le Kanun autorise les crimes d’honneur et de sang. Dans mon pays, une personne qui a manqué d’honneur de sa famille n’a plus qu’à se cacher ou à fuir à l’étranger où même là il peut être traqué et assassiné.

En novembre 2017, les membres de ma famille ont souhaité marier ma sœur ainée. Celle-ci s’est fortement opposée à cette décision et à avouer son homosexualité. Elle a fui le pays, je ne sais pas où. Je sais juste que mes oncles l’ont recherchée pendant des mois et la recherchent certainement encore.

Ma seconde sœur a également été promise à un homme, mais celle-ci est rentrée dans les ordres religieux. Il ne restait plus que moi à marier à un homme plus âgé que moi.

J’étais mineure mais dans les règles de mon pays il n’est pas un problème de marier une jeune fille mineure.

C’est en août 2019, alors que j’allais être inscrite à l’université que mon oncle paternel m’a trouvé ce prétendant. Il avait 54 ans et moi 17 ans.

Au soir de cette annonce je me suis effondrée et j’ai fais une tentative de suicide par pendaison dans le jardin. C’est ma maman qui m’a trouvé et m’a caché pour me protéger. Le lendemain, pour ma sécurité elle m’a aidé à quitter mon pays.

Je suis arrivée en France le 8 septembre 2019. J’ai été prise en charge par l’aide sociale à l’enfance, compte tenu de ma minorité.

En France, j’ai trouvé un environnement sécurisé, j’ai pu apprendre la langue française que je parle et écris de manière courante maintenant. Je parle également 3 autres langues : l’albanais, l’italien et l’anglais. Je rêve de devenir interprète. J’ai pris des cours de français avec des bénévoles tous les jours et j’ai aussi beaucoup travaillé seule.
J’adore la littérature française et d’ailleurs mon livre préféré « No et moi ».

Depuis plusieurs mois je fais également du bénévolat au resto du cœur, car c’est important pour moi de s’aider.

Lorsque j’ai eu 18 ans, j’ai fait une demande d’asile, elle a été rejetée le 23 septembre 2020. L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides n’a pas considéré comme établie la nature des menaces en cas de retour dans mon pays.

Avec l’application du Kanun je sais que je serai tuée dans mon pays pour sauver l’honneur de ma famille.

J’ai fait une demande de recours à la Cour Nationale du Droit d’Asile en date du 05/11/2020 et je suis en attente de convocation. Une avocate m’aide dans cette démarche pour représenter mes droits.

Le 26 novembre 2020, j’ai été convoquée à la Police pour qu’on me donne des papiers me demandant de quitter le pays dans un délai de 30 jours, on m’interdit également le retour en France pour une durée de 1 an et je dois me présenter tous les jours à 17h30 pour montrer ma présence.

J’ai très peur que l’on me renvoie dans mon pays, j’ai peur de mourir.

Mon rêve le plus cher est de pouvoir vivre dans un état de droit, d’être protégée, et de pouvoir reprendre mes études, afin de commencer une licence en langue, et ainsi de pouvoir devenir interprète. J’ai fait un dossier d’inscription à l’université, un dossier qui est réservé aux étrangers. Mais je ne sais pas si ma demande va fonctionner comme on me demande de quitter la France.

Mes craintes sont réelles. Je suis suivie par une psychologue depuis que je suis arrivée, je dors très peu. Je fais des cauchemars toutes les nuits, le vendredi 4 décembre, j’ai une convocation au tribunal administratif pour savoir si mon obligation de quitter le territoire est annulée.

Si je vous écris aujourd’hui c’est pour vous demander de l’aide. J’ai besoin de la sécurité de la France et de régulariser ma situation administrative pour pouvoir devenir une jeune étudiante de 20 ans sur le sol français. De pouvoir vivre.

Je vous remercie de m’avoir accordé votre temps et d’avoir lu mon histoire.

 

Je vous pris de recevoir, Madame Macron, mes sincères salutations, et je reste disponible pour échanger sur ma situation de vive voix.

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