CHLOREDECONE / Vos propos dans le cadre du Débat National, sont inacceptables !

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Bonjour Monsieur le Président 

Je vous ai interpellé une première fois sur la question du drapeau aux quatre serpents. Vous m’avez assuré que vous n’en aviez pas pas connaissance, et que au plus tôt, vous alliez vous renseigner pour savoir si le caractère esclavagiste de ce pavillon était avéré. 

Vous vous êtes renseigné et vous avez agi, très rapidement en conséquence, en supprimant, purement et simplement sur les tenues de la Gendarmerie Nationale en Martinique et sur les bâtiments publics cette enseigne détestable. La population a largement partagé votre décision, mieux les forces séparatistes et nationalistes qui faisaient de ce symbole un point de résistance ont considéré votre geste comme une recherche d’apaisement de votre part et la purge d’une question qui troublait les populations. 

Soyez en remercié une fois de plus. 

Cependant Monsieur le Président je vous interpelle une seconde fois. Je ne suis pas un porte-parole désigné, mais juste un observateur qui tient un portail Internet ICIMARTINIQUE.COM , dans lequel se trouve un blog MAKACLA.COM, et qui avec les moyens modernes mesure le pouls de la population. Celle de Martinique et de la diaspora en particulier. 

Vos propos dans le cadre du Débat National, à l’occasion de l’invitation des élus des Outremers, et en relation avec la désastreuse affaire du chlordécone, ont provoqué une onde de choc, sans commune mesure. L’impact des vos mots est d’autant plus grand, qu’il nous semblait, que vos propos, à l’ occasion de votre passage en Martinique, avaient donné le sentiment d’une compréhension et une prise en considération, de votre part de l’affreuseté de cet empoisonnement de votre population, de vos concitoyens antillais . 

Votre empathie sur la question était-elle trop belle pour être vraie ? 

Monsieur le Président, ce choc de vos mots à cette rencontre avec nos représentants est plus puissant que l’incongruité de la "persistance de la statue de Colbert devant l’Assemblée Nationale". Ce dernier avait fait des nègres des biens meubles avec le code noir, vos propos font de nous des moins que rien. Des moins que des meubles, mais nous n’accepterons pas une seconde fois, d’être réduit à l’état "de tas." 

Mon opinion, c’est que vous devriez tout faire pour éviter à nos populations qui n’ont pas fini de régler la question identitaire de considérer le chef de la nation, comme un traître, et ses propos comme une trahison, au moment où nous avons le plus besoin de lui, pour résoudre cette crise humanitaire et sanitaire que nous ne pourrons régler en contradiction avec vous. 

Monsieur le Président, pour une fois je vais tomber dans la provocation et vous interpeller sur le fait qu’un digne héritier de la promotion Senghor à l’ENA ne peut traiter des nègres de cette façon ! 

Je ne me permettrais pas de vous dire qui doit faire, ni quoi dire, ni quand agir pour nous réconcilier, mais ce que je peux vous affirmer c’est que dans cette affaire de chlordécone, si certains élus sont restés assis, écrasés par les ors de la république, sonnés par vos propos, nous croyons sincèrement que notre population se mettra debout hors de tout cadre habituel pour vous dire que vous vous trompez. 

Cela est inutile, au moment où il nous faut retrouver l’unité nationale. 

Pour conclure Monsieur le Président, je vous dis ce que j’irais dire à cette population sur notre média : Il n’est pas utile que le Président de la France, Emmanuel Macron nous aime. Mais il est indispensable qu’il nous respecte ,à commencer par respecter nos élus. Ce que j’ai vu et entendu à la télé me semble tout le contraire du respect ! 

C’est une provocation ! 

Je n’ai pas forcément toujours raison dans mes analyses, mais ce que je vous ai dit exprime ce que je sais et mon opinion. Une opinion partagée au delà de nos territoires et des personnes directement concernées. 

Victor Monlouis Bonnaire 
Responsable éditorial du Webzine 
MAKACLA.COM