OUI AU MÉCÉNAT CITOYEN! 66 MILLIONS DE FRANÇAIS, 66 MILLIONS DE MÉCÈNES, C'EST POSSIBLE

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6 6 M I L L I O N S D E F R A N Ç A I S ,
6 6 M I L L I O N S D E M É C È N E S ,
C ’ E S T P O S S I B L E !

Appel solennel au
Président de la République

Monsieur le Président,

« La culture définit ce que nous sommes » écriviez-vous durant la campagne présidentielle. Nous ne saurions
trouver meilleure formule. « Notre culture, et la langue française qui en est la matrice, sont une source de
rayonnement international » poursuiviez-vous. C’est dans cette voie que comme des millions de Français, nous
en sommes sûrs, nous souhaitons nous inscrire.
Alors, ensemble, faisons un rêve, un rêve qui marche. Permettons à chaque Français de contribuer au
financement de ce qui finalement, lui est le plus cher : la culture et la création de son choix, celle qui le construit,
le porte, fait de lui un être unique, un être sensible et ouvert aux autres.
Mais faisons de lui en plus un décideur, un faiseur de « miracle républicain » en quelque sorte, en adossant à
son don un principe d’abondement de l’État et des collectivités territoriales. Délivrons-nous à l’occasion du
paradoxe français, de cette suspicion généralisée de gabegie dans la culture, de cette réticence encore forte du
financement privé, et au final, d’une trop faible mobilisation de la Nation en faveur de ses créateurs. Mettons
fin au passage à des années de disette budgétaire et tordons le cou à une idée reçue : la culture coûterait cher
au contribuable ; alors que la culture ne coûte rien. Elle nous enrichit, au sens figuré, comme au sens propre.
Aujourd’hui la valeur économique des industries créatives et culturelles est de l’ordre de 85 milliards d’euros, ce
qui place ce secteur économique bien avant celui de l’industrie automobile (60 milliards d’euros). Cette industrie
génère près de 1,2 million d’emplois dans notre pays. Elle est le troisième moteur économique de l’Union
européenne après le bâtiment et le tourisme. Or le budget du Ministère de la Culture et de la Communication
ne représente qu’ 1 % du budget de l’État. Pour l’Union européenne, c’est encore moins : 0,15 % seulement.
Preuve que l’argent qui finance la culture est d’abord privé.


Historiquement, la France est le pays des séismes culturels et donc politiques. La Renaissance, puis les Lumières,
ont replacé l’individu au centre du monde et de lui-même, une conception combinant l’esthétique et l’idéologie, la passion et la raison. Le mécénat, dans cette droite ligne, est un rapport personnel à la création, mais aussi un rapport au territoire, une nouvelle forme d’élargissement du public, de la rencontre entre des habitants et
les artistes ou les institutions culturelles. Il faut donc poursuivre la prise de risque créative que permet cette nouvelle source de financement, faire en sorte que le mécénat soit bien plus proche des artistes, un mécénat à dimension humaine qui protège de la tentation de la reproduction des seules modes, guidée principalement par le goût momentané du marché.
Voilà pourquoi nous en appelons à votre présidence visionnaire en affirmant que 66 millions de mécènes, c’est possible : les Français sont attachés à toutes les formes de création et de culture, s’enthousiasment pour le spectacle vivant qui rythme la vie de leur territoire, le patrimoine qui entretient la mémoire, ainsi que les pratiques amateurs jouants avec la fibre artistique de chacun.
Car le constat est sans appel : le mécénat populaire et participatif peine à s’organiser. Il est même victime d’une longue tradition historique en termes de politique publique culturelle, qui, en opposition aux pays anglo-saxons, marqués par le soutien financier d’origine privée par le biais de fondations est depuis l’Ancien régime et la décennie révolutionnaire, jusqu’à l’aube de la Ve République et la création d’un ministère des Affaires
culturelles, dominé par la forte présence de l’État, puis à partir des années quatre-vingt par la montée en charge de l’action des collectivités territoriales. Ce modèle, il ne s’agit pas de le déconstruire. C’est par sa longue histoire, et la continuité de ses institutions que la France s’est définie comme fer de lance de la promotion du secteur artistique dans la mondialisation, à travers l’affirmation d’une exception française et pour la promotion de la diversité culturelle. Il s’agit de l’adapter. Affirmons beaucoup plus fortement que les ménages et les entreprises peuvent contribuer eux aussi, par leurs investissements et le recours généralisé au mécénat, à soutenir une offre de qualité. Mais allons bien plus loin que la simple « carotte » de la défiscalisation et créons un mécanisme de codécision.
Faisons-en sorte que l’État incite les citoyens à investir cette voie, en leur proposant d’être enfin des acteurs majeurs dans la promotion de ce qu’ils estiment relever de la création et de la pratique culturelle, et ce dans le cadre d’un chantier stratégique majeur du gouvernement. Avec le développement du numérique, de l’interactivité toujours plus poussée des modes de consommation culturelle, les industries culturelles ont vocation à toujours plus s’internationaliser, à relier les individus partout dans le monde en fonction de codes socioculturels communs et à générer de nouvelles solidarités mais aussi un rapport moderne à l’économie culturelle. Cette révolution technologique, nous oblige à refonder la question du primat de l’individu citoyen comme consommateur, autant que comme producteur dans le champ de la création et de l’industrie culturelles.
À terme, face à cette individualisation croissante, l’État-Nation ne peut donc plus être le seul garant de l’intérêt collectif, face aux citoyens engagés et voulant développer et favoriser les causes de leur choix. Nous devons anticiper et apprendre à marcher sur nos deux jambes, publiques et privées, particulièrement lorsque l’on constate que le niveau du mécénat culturel est déjà de dix fois supérieur à celui de la France dans des pays tels que l’Allemagne, les États-Unis ou encore la Grande-Bretagne, qui ne sont pas pour autant des déserts culturels.
Monsieur le Président, vous avez annoncé que « le soutien au mécénat sera conforté ». Il existe aujourd’hui une nouvelle voie, reposant sur la mobilisation conjointe, par un financement mixte, des particuliers et des pouvoirs publics. L’augmentation du nombre de dons et la hausse du montant de ces derniers en seraient largement accélérées, en partie par les avantages dont les donateurs peuvent bénéficier bien entendu, mais aussi par ce sentiment de participation aux choix et à la décision. Sentiment décuplé lorsqu’il répond à un besoin de proximité, à la vitalité d’un territoire, à celle de ses entreprises ou de son économie du tourisme. À une citoyenneté conviviale aussi, réductions pour les familles, entrées gratuites à certains évènements ou accès privilégiés à certaines oeuvres, auxquels les particuliers peuvent parfois avoir droit à la suite d’un don. Comme tout système performant, ce modèle se doit d’être simple et accessible au particulier.


Tous projets culturels pourraient être financés par un particulier sur le principe d’un crowdfunding public/ privé : pour un euroversé par un particulier, l’État et une collectivité territoriale s’engageraient à verser chacun autant. Si le budget n’était pas atteint, le projet serait abandonné et les sommes rendues aux donateurs. Tous citoyens, tous mécènes, en quelque sorte !
Voilà comment, en répondant à l’attente de nos concitoyens la France pourrait en finir avec le rafistolage budgétaire, le fameux 1 % du budget de la France comme seul horizon pour la création et la culture, des arbitrages en queue de peloton avant le vote de la loi de finances et cette manie de comptable de tailler dans les budgets de la culture à chaque tour de vis budgétaire.
Churchill à qui on demandait pendant la guerre de baisser le budget de la culture avait tranché pour l’Histoire la question en répondant « mais alors pourquoi nous battons-nous ? ».
Les protagonistes de cet appel entendent déjà les chantres du déclinisme se désespérer à l’avance de la perte de rayonnement culturel international de la France soupçonnant l’État et le Ministère de la Culture, mais aussi les nouveaux agents privés de la nette économie d’élargir la notion de culture jusqu’à promouvoir un relativisme où toute pratique ou expression culturelle se vaudrait, pour la niveler par le bas, et n’être plus qu’un prétexte à une industrie du loisir ou encore une machine à produire du lien social. Mais, ces débats pour légitimes qu’ils soient doivent être dépassés, car, quels que soient les effets bénéfiques ou négatifs des politiques publiques culturelles, la culture, pour collective que puisse t’être sa « consommation », reste de l’ordre de l’individuel et de l’intime.
Dès lors, l’initiative privée en matière d’investissement culturel peut reprendre toute sa part dans notre pays. La puissance publique, au-delà du financement direct, est vouée désormais à faciliter et simplifier l’action de
tous les acteurs des industries culturelles ayant vocation à emprunter ces nouvelles voies. C’est parce que la culture est un enjeu citoyen, économique, mais aussi stratégique, qu’il faut refuser la vision de ces « Cassandre ». Il existe aujourd’hui et particulièrement depuis l’avènement d’une nouvelle majorité politique
une ligne médiane, une troisième voie proposant d’allier volontarisme, utopie et audace. Le quinquennat qui s’annonce semble, dans la restauration d’une symbolique de l’indépendance autant que de l’universalisme, vouloir redonner un élan à la vision messianique de la France et pouvoir s’incarner dans la
promotion de la culture. Agissons au renforcement de ce soft power. Cette force tranquille et pacifique qui passe par le développement d’outils symboliques, particulièrement culturels, portant avec eux des valeurs, qui ne peuvent être le fruit de la seule volonté publique. C’est aussi à nous, citoyen, de nous définir comme héritiers et porteurs d’un capital
culturel et d’un mode de vie, somme toute d’une identité. La France, aujourd’hui, à de formidables atouts en la matière, et si elle se plaçait avant la seconde guerre mondiale au premier rang international en termes d’influence culturelle, elle est encore à notre époque dans les toutes premières positions. Il s’agit dès lors pour nos compatriotes d’investir et paraphrasant Kennedy, d’ouvrir cette nouvelle frontière, ce marché symbolique autant qu’industriel qui est très loin d’avoir démontré ses limites à l’instar du génie français et de l’esprit humain.

La France créative, Vraiment !
Aurélie Gros, Présidente de La France, Vraiment
Projet de texte issu du groupe de travail La France créative, Vraiment !



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