Annuler l’épreuve orale du bac de français 2020

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Nous débutons actuellement le mois de mai et cela fait depuis le 17 mars que la France est confinée. Suite à cela s’est mis en place un suivi pédagogique à distance.

Je suis actuellement élève en classe de première et je puis vous informer nettement de la situation : nous sommes face à un enseignement inégal, de part les inégales conditions d’accès à l’enseignement à distance, mais aussi de part des inégaux apports à cet enseignement.

Les conséquences ? Un abandon total ou partiel du suivi pédagogique pour une importante partie des élèves (et de la part également de quelques professeurs), une lutte pour les autres qui tentent tant bien que mal de s’accrocher.

Cela joue un rôle considérable sur la santé mentale que ce soit des élèves ou des professeurs, une angoisse profonde venant de l’incertitude de la tournure des événements.

Nous apprenons au communiqué du Premier Ministre du 28 avril, que la réponse à la question de la réouverture des lycées ne sera apportée avant le mois de juin. Encore un mois dans ces conditions.

Une question m’envahit depuis le début du confinement et de plus en plus à ce jour, qu’en est-il du maintien de l’examen oral du bac de français pour les premières de lycée général et technologique ?

En effet, pour le moment nous n’avons toujours aucune précision à ce sujet.

C’est pour cela que je m’adresse à vous aujourd’hui pour vous demander si vous envisagez réellement le maintien d’un examen auquel d’autres alternatives pourraient être trouvées, alors que la question primordiale de la sécurité sanitaire mondiale est en jeu ?

Si c’est le cas, pouvez-vous m’assurer qu’il s’agit d’une épreuve préparée dans des conditions optimales et donc égalitaires pour tous les élèves sujets à cet oral ? Et qu’elle se déroulera dans des conditions sanitaires sans la présence d’aucun risque pour les élèves et les professeurs ?
Comptez-vous réellement envoyer des milliers d’élèves se confronter à une épreuve orale alors qu’il y a eu une absence de 3 mois ? Vous rendez-vous compte de ce que c’est et de ce que cela représente ? 

Rappelons qu’il s’agit d’une épreuve datée pour la fin du mois de juin, si nous envisageons une reprise des cours au lycée au début du mois de juin. Cela voudrait dire que nous bénéficierions d’à-peine un mois pour avoir un réel suivi et obtenir le minimum de préparation. D’autant plus que l’inégalité se creuserait davantage entre ceux qui retourneraient en cours et ceux qui n’iraient pas, même si un suivi à distance sera maintenu, les conditions ne seront toujours pas égales. Précisons aussi que des élèves ont bénéficié d’un examen blanc et d’autres non, aucune préparation.

Trouvez-vous cela juste sincèrement ? Y avez-vous seulement réfléchi ?

Précisons tout de même que l’oral du brevet des collèges à lui été annulé...

Notons en plus qu’il s’agit d’une épreuve dont les modalités sont nouvelles pour cette année. Avant la période de confinement les professeurs et donc les élèves, recevaient des informations au sujet des pré-requis et des attentes au compte-goutte sur une réforme du baccalauréat inachevée. Réforme qui a subit de nombreuses critiques négatives tout au long de l’année.

Vous nous demandez maintenant de nous débrouiller pour nous préparer à une épreuve dont nous ne connaissons pas les tenants et où même  les professeurs ne savent comment s’y préparer et préparer leurs élèves ? Diminuer le nombre de textes, mettre en place des émissions ne changera rien sur le fond, mais seulement pour votre bonne conscience.

Nous n’avons toujours pas plus d’informations sur cette épreuve qui a été mise à l’écart.

Une mise à l’écart justifiable face au devoir de la gestion d’une crise sanitaire, mais cela veut dire que nous, élèves, professeurs, parents, avons un poids supplémentaire.

Je vous pose une question : comment pouvez-vous être dans la capacité de prendre des mesures sans tenir compte de ce qu’il se passe réellement ?

Nous, élèves et professeurs avons le droit à la parole et le droit de choisir ce qui est le plus juste pour nous, car nous savons et nous sommes les victimes d’une injuste mesure.

Vous ne pouvez savoir monsieur le ministre, vous n’êtes pas une victime, et c’est pour cela que je vous informe des faits, réels.

Je me doute que ce n’est pas votre priorité, mais par ce fait si ce n’est une priorité, qu’elle en est l’utilité ?

En négligeant cela, vous négligez des milliers de lycéens, hors ce n’est pas votre devoir.

Je comprends l’enjeu et la difficulté de votre devoir en cette période, mais il vaut mieux revenir sur une erreur que la laisser s’approfondir. Vous savez que les résultats de cette épreuve seront à l’image de cette erreur.

Nous fonçons droit dans un mur et pour quelle raison ? Pourrez-vous remédiez à tous les points énoncés ? 

Vous ne pouvez décider de notre avenir en ne regardant pas les faits, ce qu’il se passe réellement, regardez hors de votre bureau ce que vous faites de la jeunesse française.

Ceci n’est pas une confrontation,

ceci est un appel à l’aide,

qui nécessite une réponse.