Nous, Infirmiers Diplômés d’Etat Libéraux, réclamons l’attention et la reconnaissance.

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NOUS INFIRMIERS LIBERAUX DES BOUCHES DU RHONE
ABANDONNES ET OUBLIES
Nous, Infirmiers Diplômés d’Etat Libéraux (IDEL), réclamons l’attention et la reconnaissance par les
instances suivantes :
- HAS
- ARS
- URPS
- CPAM
- ORDRE DES INFIRMIERS
- Président de la République
- Premier Ministre
- Ministre de la Santé
- Députés
- Maires
Cette reconnaissance doit inéluctablement passer par une revalorisation de nos actes de soins
infirmiers, gelées depuis 2007.
Nous réclamons :
- Une revalorisation avec augmentation des forfaits BSI (Bilan de Soin Infirmier) et plus
fortement le BSC (Bilan de Soin catégorie C = Patient Lourd).
Avec l’Avenant 6, qui devait être la réévaluation de certains actes, nous n’avons pas vu disparaître la
braderie qui nous est infligée depuis toujours.
En effet, il est désormais impératif que nous cotions chaque acte à sa juste valeur et non plus ce cumul,
ridicule, qui nous diminue en nous obligeant à facturer le 1er acte à 100%, le 2ème à 50% et la
GRATUITÉ à partir du 3ème acte !!!
- La réévaluation de l’IFD (Indemnité Forfaitaire de Déplacement) qui est aujourd’hui à 2,50
euros (dont la dernière augmentation s’élevait à 20cts !!!).
Or, les autres professionnels de santé de ville perçoivent au minimum à 5 euros par déplacement.
De plus, la CPAM, nous oblige à ne facturer qu’un seul déplacement si deux patients habitent la même
rue.
Pourquoi ???
A cette question, personne n’a pu nous répondre !!!
- Que soit pris en compte et coter les actes relevant de notre rôle propre.
Pourquoi n’apparaissent-ils pas sur notre tableau d’actes ???
Parmi ces actes ; la prévention, la surveillance, l’éducation, la relation d’aide... Ces actes ne sont-ils
pas importants pour des gouvernements successifs qui prônent la prévention et l’éducation, par le
biais de campagnes, qui coûtent à l’Etat plusieurs millions d’euros ???
Et pourtant, ces actes qui semblent insignifiant pour vous, et bien nous les réalisons chaque jour et
souvent plus encore et ce pour ZERO euro !!!
- La réduction de la période de carence de notre caisse de retraite, la CARPIMKO,
qui nous impute d’une très grande part de notre chiffre d’affaire et qui se trouve être excédentaire
de plusieurs millions d’euros !!!

Il faut que l’on passe de 90 à 30 jours de carence dans les plus brefs délais.
Il ne s’agit pas d’attendre notre mort pour nous indemniser !!!
Une simple fracture mal située peut nous immobiliser 3 mois !!!
- L’abandon du projet de réforme des retraites.
Nous cotisons depuis des années, sans avoir bénéficié, pour beaucoup d’entre nous, de quelques
prestations que ce soit de la part de la CARPIMKO. Et c’est navrant de la voir, aujourd'hui, engloutie
par le régime général.
Pour nous, IDEL, cela équivaut à se faire voler notre excédant, or notre caisse aide depuis des années
le régime général !!!
Mais en plus, on nous annonce, insidieusement, le doublement de nos cotisations passant de 14 à
28%. Nous passons de 46% à 60% de charges tous confondus.
Vous souhaitez notre EXTINCTION ???
Une autre perspective nous semble difficile à croire !!!
Il est impératif que vous preniez conscience que notre travail est des plus difficiles tant sur le plan
physique que sur le plan psychologique.
Aussi, nous vous demandons expressément de cesser vos contrôles et vos envois d’indus inopinés et
très souvent injustifiés.
Il ne nous est plus possible de continuer à travailler avec cette épée de Damoclès
que vous nous imposez constamment au-dessus de notre tête.

En effet, ces convocations au Centre de Sécurité Sociale, par petits groupes d IDEL, reçus par des
bureaucrates qui menacent de suspendre le paiement de certains actes "répétitifs ". Nous citons :
- « Un grand pansement ne doit être refait qu’un jour sur deux, même si la prescription spécifie que
ce dernier doit être refait tous les jours » Fin de citation !!!
Comment appelez-vous cela ?
Qui sont les prescripteurs ?
Qui sont les patients ?
Et qui sont les soignants ?
Comprenez que nous ne faisons pas l’aumône, nous ne demandons pas de "prime de Noël " ou autre
" cadeau "…, NON…
NOUS réclamons notre dû !!!
Un paiement du travail effectif. Il faut cesser de nous parler de "prime" qui confère à nos actes un
caractère exceptionnel. Nous sommes au chevet de nos patients 7j/7, toute l’année et même la nuit si
nécessaire.
Et tel a été le cas durant cette crise sanitaire exceptionnelle.

Alors que certains professionnels de santé de Villes ont diminué, voire cessé, leur activité pour se
protéger,
NOUS IDEL, nous avons redoublé d'efforts sans aucune protection car oubliés
des pouvoirs publics.
Nous avons travaillé dans la peur, en prenant des risques importants pour nos patients, nos familles
et nous-même. Pour affronter cette terrible pandémie, nous avons été contraints de nous débrouiller
SEULS.
Nous avons dû quémander du matériel de protection auprès d’entreprises privés et auprès de
particuliers, pendant nos rares heures de repos ou entre deux patients… Matériels que nous
avions décidé de redistribuer à notre tour à nos autres collègues IDEL, sans armes et sans
armures…
Sans la générosité de ces donateurs, nous n’aurions jamais pu prendre soin de nos patients de manière
sécuritaire et faire face à cette terrible crise sanitaire tout en préservant la santé de nos patients, nos
familles et la nôtre.
Nous, nous avons eu cette chance de pouvoir compter sur eux, vraiment !
D’autres collègues, n’ont pas eu cette chance, puisque beaucoup d’entre eux sont décédés dans
l’exercice de leur fonction car démunis de matériels de protection.

POURQUOI NE PAS LEUR RENDRE HOMMAGE EN ACCEPTANT D’ECOUTER
NOTRE APPEL AU SECOURS ???
Durant cette crise, notre rôle pivot, a été plus que jamais démontré. Nos multiples casquettes se sont
relayées tour à tour sur nos têtes : prévention, éducation, administration de soins, intermédiaires entre
tous les acteurs médico-sociaux
(Médecins traitants, hôpitaux, EHPAD, associations d’aide à domicile, assistante sociale…). Notre
rôle a permis des diagnostics précoces du Covid19, la détection d’aggravation de pathologies
diverses, et donc un désengorgement des hôpitaux.
Nos vies personnelles ont été complètement bouleversées, voire sacrifiées pour beaucoup d’entre
nous.
Parfois, une séparation d’avec nos familles (conjoint et enfants) a été obligatoire, nous contraignant
à réorganiser notre quotidien et nous rajoutant un stress supplémentaire dans notre vie de famille !!!
Notre charge de travail a doublé à tous les niveaux : physique, psychologique, financier, moral, et
nous y avons fait face au péril de notre santé.
Il a fallu réorganiser nos tournées, créer des tournées « COVID » afin d’éviter la propagation du virus
et ainsi préserver nos patients fragiles, nous avons même organisé des téléconsultations. Des IDEL
ont prêtés mains fortes aux EHPAD, ils se sont portés volontaires pour renforcer des équipes COVID
dans des services.
Nous sommes restés debout !
Mais combien de temps allons-nous tenir ???

Nous avons fait notre travail malgré l’insécurité… Cette insécurité grandissante depuis le début de la
crise : des agressions physiques qui se sont multipliées, des actes de vandalisme sur nos véhicules, du
car-jacking.
Ces graves attaques nous ont obligés à cacher notre caducée et à dissimuler notre précieux matériel
obtenu si difficilement. Nous avons dû même décaler nos horaires de tournés pour éviter de croiser
la route de ces « prédateurs » à la recherche du moindre matériel de protection.
Les faits exposés vous montrent, encore une fois et plus que jamais, notre rôle d’infirmiers à domicile
comme central dans les soins de ville.
Il ne peut y avoir de prise en charge efficiente et sécuritaire sans NOUS, les IDEL.
Tous les acteurs de soins à domicile, qu’ils soient Médicaux ou Sociaux, se tournent toujours vers
NOUS lorsqu’un de leurs patients présente un problème de Santé. Et pour les familles nous sommes
de véritables référents.
L’heure de la reconnaissance et de la mise à jour tarifaire de notre corporation est venue. Il
ne peut en être autrement !!!
Nous ne supportons plus d’être bafoués par un système qui ignore, sciemment, notre place
prépondérante dans les soins de ville.
D’autant que les textes de "MA SANTÉ 2022" prévoient la diminution rapide des durées
d’hospitalisation.
Qui va assumer dans les conditions actuelles le retour précoce des patients à leur domicile ? Nous
attendons impatiemment vos réflexions profondes suivies de vos actions concrètes et précises sur
notre profession.
Cordialement
Les Infirmiers Libéraux des Bouches Du Rhône