Non aux excès du contrôle technique renforcé qui pénalise les foyers modestes

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A compter du 20 mai 2018, le contrôle technique automobile va être renforcé dans le cadre d'un projet européen de prévention des décès liés aux accidents de la route: tous les véhicules de tourismes seront soumis à un contrôle technique renforcé basé sur un référentiel plus précis, qui passera en revue 133 points de contrôle (contre 124 auparavant), mais détaillera surtout 610 défauts potentiels, dont 467 entrainant une contre-visite, contre 178 sur 411 jusqu’alors.

127 défaillances dites « critiques »  entraineront l’immobilisation quasi-immédiate du véhicule ; le propriétaire n’aura plus que jusqu’à la fin de la journée du contrôle technique pour conduire son véhicule à l’endroit où il devra être réparé. Passé ce délai, la voiture sera interdite à la circulation sous peine d’amende et ce, jusqu’à la date de la contre-visite. Ces défauts critiques qualifieront exclusivement des défaillances « constituant un danger direct et immédiat pour la sécurité routière ou ayant une incidence sur l’environnement » (ex : insuffisances dans le système de freinage, corrosion du châssis diminuant sa résistance, câblage électrique risquant de toucher des pièces chaudes, sièges mal fixés…).

Le principe de cette prise de précaution quant à la qualité des véhicules circulant est tout à fait louable. Or, il convient de préciser que de nombreuses réparations en vue d'obtenir un résultat positif lors de la contre-visite ne pourront plus qu'être effectuées dans un garage, facture à l'appui

Ainsi, les quelques points de corrosion marquant bon nombre de petits utilitaires ou voiture de tourisme ne pourront plus être réparés par le propriétaire ou un ami, il en va de même pour l'éventuel changement d'une optique de phare ou plusieurs autres points cruciaux qui, jusqu'alors, pouvaient être corrigés sans frais conséquents. 
Les véhicules roulant toute l'année en montagne, très corrodés par le sel de déneigement en hiver, seront pour une grande partie d'entre eux impropres à circuler, ainsi que tous les véhicules ayant dépassé un certain âge, de ce genre de véhicules qui sont les seuls que peuvent s'offrir les foyers les plus modestes

Evidemment, l'idée de "progrès" implique qu'on aille vers une amélioration du parc automobile, que ce soit en terme de sécurité ou de pollution. Cependant, la brutalité avec laquelle ce progrès est imposé pénalise fortement une grande quantité de citoyens français, en particulier en territoire rural. En effet, la ruralité exclut la solution de repli que constitue les transports en commun pour presque chaque chose du quotidien. Habiter un hameau ou un petit village sans véhicule -par faute d'autorisation à l'utiliser sur les routes- implique de ne plus pouvoir travailler, de ne plus pouvoir emmener ses enfants à l'école, à la garderie quand par chance il y en a une, ne plus pouvoir faire ses courses, bref d'être totalement déconnecté de la vie sociale par manque d'argent, avec l'effet pervers que cela accentue l'appauvrissement. 

Mesdames et messieurs les ministres concernés, ce sujet apparemment bénin du contrôle technique a des conséquences transversales: ne plus pouvoir rouler parce qu'on n'a pas les moyens d'avoir un véhicule, c'est être plongé dans le cercle vicieux de l'assistanat, de l'appauvrissement, voire de la misère
Combien de jeunes ou très jeunes entrepreneurs et artisans ne peuvent pas démarrer leur activité autrement qu'avec un véhicule d'occasion de 3ème, voire de 5ème main? Combien de reconversions, de tentatives de sorties de la précarité passent -une fois encore en particulier en zone rurale- par le recours à une véhicule pour bénéficier de cette indispensable mobilité? 

Nous vous demandons donc de bien vouloir considérer les indiscutables risques sociaux liés à la fermeté du dispositif annoncé, et au recours obligatoire à des mécaniciens professionnels pour corriger les détails anecdotiques qui ont malheureusement rejoint les rangs des défauts critiques dans cette nouvelle évaluation que vous proposez. 
Ne pas entendre cette problématique, c'est exposer nombre de citoyens à accepter la loi et s'exclure dans la précarité, ou ne pas la respecter et circuler dans l'illégalité juste pour pouvoir survivre, avec des véhicules que ne seront pas assurés et, pour des raisons évidentes, ne seront plus jamais contrôlés. 

Le progrès ne doit pas obligatoirement passer par la dépense, par l'entreprise, par la sanction financière. Quelques dérogations, la réévaluation de la dangerosité réelle de certains points de contrôle, le renforcement de services de transports en commun dignes de ce nom dans les zones qui n'en bénéficient pas seraient des mesures justes et saines. Plonger ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir des véhicules parfaitement propres, sains et fiables (pas par choix, soyez-en certains) dans une précarité pire encore serait le meilleur moyen de renforcer les circuits illégaux, les trafics de véhicules ou de documents depuis l'étranger, ce qui n'aurait même pas la vertu de contraindre les pauvres à acheter français et contribuer à la finance publique en honorant la TVA. 
Priver les citoyens les plus démunis de réparer eux-même (ou avec l'aide de tiers bénévoles) leur véhicule est un coup violent porté à leur dignité et à leurs ressources. C'est une réelle atteinte à leur niveau de vie, à leur possibilité d'avoir une vie sociale normale intégrant notamment le travail salarié.

Au passage, nous vous rappelons que l'interdiction de circuler à plus de 80 km/h sur le réseau secondaire sera une garantie supplémentaire permettant de relativiser la dangerosité des véhicules et des contraintes mécaniques et dynamiques qu'ils subiront désormais sur les routes. 
 



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