Pour une prise en charge des obsèques pour les victimes du Covid-19

0 a signé. Prochain objectif : 10 000 !


Monsieur le Premier Ministre,

L’arrivée en France du COVID-19 est dévastatrice pour notre population. Ce fléau a déjà endeuillé et décimé plus de 23 757 familles. Même si beaucoup de questions se posent sur la manière dont celle-ci a été gérée, l’heure n’est ni aux reproches, ni aux plaintes, mais à l'action au regard de l'urgence absolue.

Il faut sauver des vies, mais aussi gérer la mort, qui est partout. Des familles de victimes, qui n'ont rien demandé et qui subissent de plein fouet cette épidémie, se sentent impuissantes et prisonnières de tous bords. De leur peine inimaginable, mais aussi du coût financier des obsèques, lequel ajoute à leur douleur la difficulté de les assumer.

Chaque jour l’appel à la solidarité s'organise des dons, des cagnottes ou des emprunts au débotté. Dans ce contexte inédit, qui oblige les familles à organiser plus rapidement qu'à l'accoutumée les funérailles du défunt, les plus démunis d'entre nous peinent à trouver les fonds nécessaires.

Mr le Premier Ministre, vous noterez que la période de confinement aggrave la situation pécuniaire d'une frange non-négligeable de français. Certains n’ont plus de salaire, d'autres à peine de quoi s’alimenter la faim dans certaines zones du territoire devient un véritable sujet. Comment peut-on imaginer que ces gens puissent avoir la possibilité de régler dignement une facture d’enterrement sans s'enfoncer un peu plus ? A la douleur s'ajoute l'impossibilité de se recueillir dignement.

Lors de la dernière allocution du Président de la République, beaucoup de concitoyens endeuillés attendaient  une prise de position sur l’état de catastrophe naturelle ou sur la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes couvrant les frais d’obsèques. En vain. Pourtant, l'état de catastrophe naturelle peut s'appliquer.

Les textes, en l'occurrence l'article L.125-1 du code des assurances, le définissent comme suit : un phénomène naturel dommageable, d'une intensité anormale, aux conséquences qui ne sont pas assurables. En 45 jours, le pays compte déjà 23 757 morts, nombre voué malheureusement à s'accroître pour une durée indéterminée.
Monsieur Philippe cette lettre est une requête, vous pressant de prendre position quant à ce statut de catastrophe naturelle. Il en va de la grandeur de notre Etat d'accompagner ses citoyens, notamment les plus précaires, dans un moment aussi flou que tragique.

Ce virus est anarchique. Il accentue le deuil (les inhumations et les crémations s'organisent dans la panique et la solitude du fait des mesures de précaution) comme il accroît des inégalités sociales et économiques déjà intolérables.

Monsieur le Premier Ministre, ne voyez pas en cette pétition une attaque, plutôt un cri d’alarme et de désespoir face à l’impuissance collective et pour la dignité. Aussi, nous vous prions de bien vouloir étudier notre requête.

Fouad Ben Ahmed

Association Plus Sans Mes Droits