Pour la sauvegarde la fonction publique dite "à la française".

Pour la sauvegarde la fonction publique dite "à la française".

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Quand elle atteindra 100 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Yann LE GUILLOU a lancé cette pétition adressée à Edouard Philippe (Maire du Havre - Ancien Premier ministre ) et à

Bonjour à toutes et à tous, je m'adresse aux fonctionnaires titulaires comme aux agents contractuels et comme à l'ensemble de la population.

Sur le papier, la fonction publique, tout le monde s'en fiche. Il ne s'agit pas d'un sujet "important" contrairement au pouvoir d'achat, à l'immigration...

Il s'agit aussi d'un sujet clivant, qui cristallise les tensions de notre pays avec des formules récurrentes du type : "ah ces privilégiés de fonctionnaires, ces planqués  !".

Comme beaucoup qui n'y connaissent finalement pas grand chose, qui n'ont jamais été fonctionnaires avec un statut protecteur certes mais rempli d'obligations contraignantes que peu accepteraient au quotidien, je les critiquais (sans virulence toutefois). Quelque part, je jalousais leur carrière alors même que j'avais la flemme de passer les concours.

Eh oui, parce que des concours, c'est comme préparer Roland Garros : sacrifices personnels, familiaux, révisions du lundi au dimanche, veille permanente sur l'actu, composer à l'écrit comme à l'oral sans connaître le niveau de la concurrence, passer du doute à la confiance, de la confiance au doute...avoir peur de rater sa vie si on ne réussit pas (contrairement à un entretien d'embauche classique où la pression est néanmoins moins forte qu'on le veuille ou non).

Depuis peu, une vague de haine s'abat sur les fonctionnaires. Si l'on était sous l'occupation ou l'Inquisition, ils seraient dénoncés et envoyés au bûcher. Or, c'est précisément parce que notre si beau pays a été occupé et les fonctionnaires réquisitionnés par le pouvoir politique (notamment sous le régime de Vichy) qu'un certain Maurice Thorez, en 1946 a mis en place un statut. 

L'idée était la suivante : protéger les fonctionnaires des corruptions et pressions politiques pour que ceux-ci puissent assurer le même service à l'ensemble de la population. En recrutant massivement des contractuels, ça fait bon effet aux yeux de l'opinion, notamment la frange opposée aux dits "privilèges" qui se rejouit de voir tomber uns à uns les régimes spéciaux. Mais spéciaux pour quoi ? 

Car si le statut des fonctionnaires est protecteur, il l'est pour les fonctionnaires c'est sûr mais s'ils disposent d'une logique de carrière, il n'ont pas l'emploi à vie. Dans la fonction publique, la gestion des ressources humaines est centralisée et unilatérale? En clair, le fonctionnaire ne choisit pas son poste, il va où on lui dit d'aller. Il ne négocie pas non plus sa rémunération. Et tout ça dans une logique d'égalité, cette même égalité sur les frontons des écoles publiques, avec une devise qui s'étiole mais en cas de conflit majeur, que tout le monde voudrait voire réhabiliter.

"Liberté, égalité, fraternité". C'est au prix du sang que notre devise nationale a été gravée sur les murs et dans le marbre de la Constitution. Notre pays a besoin d'unité, de protection. Si demain le statut de fonctionnaire disparaît, c'est la loi du privé qui s'imposera à toutes et à tous. Nous achèterons tout, absolument tout et seul(e)s celles et ceux qui en auront les moyens pourront se protéger contre les aléas de l'existence. 

"I have a dream". Celui que nous cessions de nous cliver. On peut être en désaccord mais pour notre cohésion, notion souvent abstraite hélas, la fonction publique est un des garants de notre équilibre et surtout, le patrimoine de celles et ceux qui n'en ont pas. Certes les fonctionnaires sont rémunérés par nos impôts mais je préfère encore ça à voir 20% de la population rejoindre le bataillon des demandeurs d'emploi et devoir vider mes économies pour payer plus cher des services qui grimperont en flèche car, qu'on se le dise, la fin de la fonction publique à la française, c'est la sublimation du chacun pour soi. Or moi, je milite pour le chacun pour tous. Je tiens à vous, petit, grand, riche, pauvre...

Alors, j'espère vous convaincre de me rejoindre et faire en sorte qu'on sauve le peu d'unité qu'il nous reste. 

Merci de votre attention. Battons-nous pour de nobles causes. Des combats historiquement et chèrement remportés par nos aînés qui ont laissé leur vie. Imaginez qu'un jour, ceux qui nous dirigent disent que vos enfants, dont la naissance et la croissance sont facilitées par les aides publiques coûtent trop cher ? Que ferez-vous ? Vous applaudirez ? J'en doute...

 

 

 

 

 

 

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